Chapitre d’ouvrage

Présentation

Pages 250 à 251

Citer ce chapitre


  • Desroches, A.,
  • Aguini, N.,
  • Dadoun, M.
  • et Delmotte, S.
(2016). Présentation. Analyse globale des risques (p. 250-251). Lavoisier. https://stm.cairn.info/analyse-globale-des-risques--9782746247185-page-250?lang=fr.

  • Desroches, Alain.,
  • et al.
« Présentation ». Analyse globale des risques, Lavoisier, 2016. p.250-251. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/analyse-globale-des-risques--9782746247185-page-250?lang=fr.

  • DESROCHES, Alain,
  • AGUINI, Nadia,
  • DADOUN, Michel
  • et DELMOTTE, Sébastien,
2016. Présentation. In : Analyse globale des risques. Cachan : Lavoisier. Hors collection, p.250-251. URL : https://stm.cairn.info/analyse-globale-des-risques--9782746247185-page-250?lang=fr.

La problématique du secteur industriel

1La complexité d’appréhender un risque est en grande partie liée à la part de subjectivité inhérente à toute réflexion. Depuis plusieurs années, l’actualité montre une responsabilisation progressive du risque. Pour limiter ce dernier, l’idée est d’utiliser des outils appropriés. Les programmes Apollo aux États-Unis ont développé cette culture de sécurité dans les années 1960. En France, ce sont les développements des programmes nucléaires et aéronautiques qui ont, dans les années 1970, permis de formaliser et de quantifier les risques.

2Comme explicité dans le chapitre 2, il convient de noter qu’un risque est une mesure, et non un événement. L’une des pierres angulaires d’une l’étude de risque est l’acceptabilité. Or, cette dernière doit, de plus en plus, répondre à des exigences souvent incompatibles : les acceptabilités du concepteur du système et de son exploitant, celle du financier et enfin, celle du public qui, informé de mieux en mieux via les media, joue un rôle fondamental quant à l’élaboration du tableau de criticité, issu des différentes fonctions de décision (voir chapitre 2, paragraphe 3).

3Outre cette difficulté d’établir un modèle susceptible de répondre à tous, la définition d’un événement redouté est difficile à établir car il est, au final, la conjonction d’une situation dangereuse (pas toujours perceptible) et d’un événement amorce qui n’a pas toujours été intégré comme possible dans la phase de vie dans laquelle le système se trouve. Ceci explique la difficulté de piloter un risque car mal identifié à l’origine. De fait, il faut savoir piloter les interfaces (techniques, humaines, etc.) et ce, dans toutes les phases de vie d’un système.

4C’est dans ce cadre que l’analyse globale des risques quantifiée (AGRq) propose une démarche méthodologique qui consiste, au départ, en une analyse fonctionnelle complète, gage d’une maîtrise des processus et sous-processus déroulés par le système. En complément à cette AGRq, des analyses détaillées, telles que des arbres de défaillances, pourront ensuite être menées. À noter que de nombreuses études de risque ont échoué suite à une analyse fonctionnelle erronée ou incomplète. Une étude de risque doit se faire en synergie, en groupes de travail regroupant les compétences et les expertises nécessaires.

5Mais l’étude de risque initiale n’est pas suffisante en soi. Le plus important est de la faire vivre et la mettre à jour en fonction du retour d’expérience propre. Un risque identifié aujourd’hui et classé comme risque résiduel peut, demain, changer de classe de criticité suite à une évolution du système (fonctions, phases, besoins, etc.).

6Au-delà des exigences de performances de sécurité, des exigences économiques et financières apparaissent. Sur le couple performance/rentabilité, il faut noter qu’à coût constant, la disponibilité et la sécurité « ne font pas bon ménage ». La conception et l’établissement des règles d’exploitation doivent souvent faire preuve d’ingéniosité pour trouver ce bon compromis. Les outils d’exploitation doivent donc s’adapter tout au long de la vie du système afin de maintenir et démontrer le maintien du niveau de sécurité dans le temps.

7Les deux exemples du secteur industriel choisis dans cet ouvrage sont emblématiques des difficultés soulignées plus haut et de l’actualité, notamment celui relatif au rapatriement précipité en France de l’infirmière de MSF (Médecins sans frontières) visà-vis du virus Ebola en septembre 2014.

8Les chapitres 10 et 11 sont disponibles sur : http://editions.lavoisier.fr/complement_ouvrage/desroches/2016/complements.zip


Date de mise en ligne : 01/06/2022