Chapitre II. La chimie en 1782
- Par Alain Quéruel
Pages 19 à 33
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- QUÉRUEL, Alain,
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- Quéruel, A.
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Notes
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[1]
Nous pensons tout particulièrement à La Table d’Émeraude, au Mutus liber ou encore aux fameux Papyrus de Leyde étudiés par le savant Marcelin Berthelot… Cf., à ce sujet, Histoire De l’alchimie, A. Queruel, Éditions Trajectoire, Groupe Piktos, 2009.
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[2]
Le livre, réédité aux Éditions Gobet, Paris, 1777, peut être consulté aux Archives du Muséum d’Histoire naturelle à Paris. Il est divisé en vingt-huit essais où l’auteur décrit, dans chacun d’entre eux, des expériences précises pour en déduire un résultat indiscutable et enfin prouver que l’air est pesant.
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[3]
Pour être tout à fait complet, il faudrait leur associer les chimistes suédois Carl Wilhelm Scheele (1742-1786) et français Pierre Bayen (1725-1798) qui obtinrent des résultats similaires (nous laisserons volontairement de côté Lavoisier que nous étudierons ci-dessous) ; les informations ne parvenant pas avec toute la célérité nécessaire en ce temps-là, il est difficile d’établir avec exactitude la véritable chronologie et de prendre ouvertement position pour l’un ou l’autre de ces savants.
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[4]
Obtenant, dès l’âge de vingt et un ans, un second prix de l’Académie des sciences pour l’éclairage des rues, il présenta ensuite un mémoire sur l’analyse du gypse…
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[5]
Nous reviendrons plus loin sur son élection qui eut lieu dans des circonstances assez spécieuses ; nous voudrions simplement ici mentionner les divers grades au nombre de quatre dans cette Académie, ceux-ci étant établis successivement du plus haut au plus bas avec les honoraires, puis les pensionnaires, les associés et enfin les élèves. Financièrement, l’affaire ne commençait à devenir lucrative que lorsqu’on avait atteint le degré de pensionnaire, stade où l’on recevait une pension du Roi à condition de résider à Paris. Les places étaient d’autant plus convoitées qu’il n’y avait que vingt pensionnaires (trois géomètres, trois astronomes, trois mécaniciens, trois anatomistes, trois chimistes, trois botanistes, un secrétaire et un trésorier). Pour y accéder, il fallait être âgé de plus de vingt-cinq ans mais les étrangers pouvaient également se porter candidat.
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[6]
Son mémoire sur La réduction des chaux de mercure dans les vaisseaux fermés est d’une importance considérable. Bayen travailla sur le précipité per se, un oxyde rouge de mercure obtenu à partir de ce dernier et d’oxygène (non encore trouvé) qui étaient chauffés. Lorsqu’il augmenta la chaleur ayant contribué à former le précipité, celui-ci étant enfermé dans un vase, il constata que beaucoup d’air s’était développé et que, par contre, le mercure s’était réduit. En clair, ce dernier était retourné à son état liquide, alors qu’il était rouge et pulvérulent auparavant. Ces faits étaient en totale opposition avec la théorie de Stahl affirmant qu’il était possible d’avoir une réaction réversible, c’est-à-dire de retrouver le métal original si l’on apportait un corps riche en phlogistique à la chaux (l’oxyde si l’on préfère). Or, dans cette expérience assez simple, Bayen n’avait aucunement utilisé du charbon (riche en phlogistique) et pourtant le mercure avait repris son état métallique du départ. Malheureusement pour lui, il ne put examiner l’air obtenu par réduction qui l’eût probablement conduit à la découverte pleine et entière de l’oxygène.
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[7]
Cf. Chevreul, Georges Bouchard, Éditions de la Madeleine, 1932.
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[8]
Guyton poursuivra dans ce domaine ; il est possible de lire aux Archives nationales une lettre au ministre de l’intérieur sous l’Empire (30 vendémiaire an XIV) où il lui présente la troisième édition de son Traité des moyens de désinfecter l’air, de prévenir et d’arrêter la contagion (cote F/17/1029).
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[9]
Dans sa biographie consacrée à Gay-Lussac intitulée : Gay-Lussac, savant et bourgeois, Éditions Belin, 1992, M. Maurice Crosland n’hésite pas à prétendre que les expériences sur l’étude de la poussée exercée sur des disques métalliques de différentes natures par un bain de mercure réalisées par Guyton de Morveau en 1777 étaient largement surfaites. Ce dernier aurait alors avancé que, si le disque de métal en contact avec le mercure était suspendu au bras d’une balance, le poids qui devait être ajouté à l’autre bras pour maintenir l’équilibre mesurait l’affinité du métal pour le mercure. Gay-Lussac, sous la direction de Laplace, montra que le total des poids successifs ajoutés pour établir l’équilibre dépendait de l’intervalle de temps entre chaque ajout. Si on ajoutait lentement les poids, on pouvait doubler le total avant que le disque n’échappe à l’attraction du mercure (pp.78-79).
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[10]
Dans cette galerie de portraits, nous avons omis volontairement Berthollet qui fut aussi certes un chimiste de très haut niveau, mais beaucoup moins engagé politiquement dans les turbulences de la Révolution, ce qui ne nous empêchera pas de le revoir plus loin dans notre récit. Pour plus de précisions concernant celui-ci, il est possible de se reporter à l’excellent livre de Madame Michèle Sadoun-Goupil : « Le chimiste Claude-Louis Berthollet », Librairie philosophique J. Vrin, 1977.
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[11]
Dans son Traité des moyens de désinfecter l’air, de prévenir la contagion et d’en arrêter le progrès, publié en 1805, Louis Bernard Guyton de Morveau cite de nombreuses fois les travaux de Fourcroy en rapport avec son livre comme le Mémoire sur l’application de la chimie pneumatique à l’art de guérir et sur la propriété médicamenteuse des substances oxygénées qu’Antoine lit en fructidor an IV à l’École de médecine de Paris. Dans ce même ouvrage, Guyton rappelle les résultats qu’aurait obtenus Fourcroy sur un cancer de la mamelle avec de l’acide muriatique oxygéné ; si la guérison ne fut pas acquise, elle permit néanmoins d’atténuer la fétidité, d’obtenir une couleur plus belle et un écoulement moins séreux…
Lavoisier était au zénith depuis quelques années et la chimie était devenue une science française. Elle n’allait pas malheureusement le rester longtemps ; aussi est-il judicieux de se pencher sur cette période heureuse qui, par ailleurs, n’était que la résultante d’un mouvement de plusieurs siècles dont nous retracerons les grandes lignes ci-dessous.
Pour le déceler, il faut remonter à la nuit des temps et évoquer l’alchimie ; contrairement à certaines idées reçues, celle-ci n’est pas l’ancêtre de la chimie mais une tentative de perception du cosmos, ne pouvant être éventuellement explicitée que grâce à l’adepte, c’est-à-dire l’alchimiste ayant des connaissances nettement supérieures au commun des mortels d’antan.
Sans rentrer dans les détails ni dans les textes fondateurs, il est néanmoins indispensable de décrire les principales périodes de l’alchimie, à savoir le Moyen Âge et la Renaissance.
L’alchimie déboulant en Occident au Moyen Âge est probablement d’origine arabe. Si elle reste alors principalement axée sur la transmutation de métaux vils en or et en argent, il faut plutôt étendre le propos et admettre que l’alchimiste cherchait à dominer et à purifier la matière, ce qui était surtout de nature technique à priori et explique que, de manière superficielle, certains en aient conclu que la chimie était sa fille logique.En réalité, cette analyse sommaire laissait sans l’ombre le fait que, simultanément, l’adepte se purifiait aussi, et que son travail était d’ordre symbolique et mystique…
Date de mise en ligne : 29/07/2024
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