Chapitre d’ouvrage

XIV. L’argent technologique[C]

Pages 289 à 309

Citer ce chapitre


  • Cypel, A.
(2020). XIV. L’argent technologique[C] Au cœur de l'intelligence artificielle : Des algorithmes à l'IA forte (p. 289-309). De Boeck Supérieur. https://stm.cairn.info/au-coeur-de-l-intelligence-artificielle--9782807331846-page-289?lang=fr.

  • Cypel, Axel.
« XIV. L’argent technologique[C] ». Au cœur de l'intelligence artificielle Des algorithmes à l'IA forte, De Boeck Supérieur, 2020. p.289-309. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/au-coeur-de-l-intelligence-artificielle--9782807331846-page-289?lang=fr.

  • CYPEL, Axel,
2020. XIV. L’argent technologique[C] In : Au cœur de l'intelligence artificielle Des algorithmes à l'IA forte. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur. Hors collection Sciences, p.289-309. URL : https://stm.cairn.info/au-coeur-de-l-intelligence-artificielle--9782807331846-page-289?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Les thèses de cet économiste sont abondamment commentées dans l’ouvrage [13].
  • [2]
    Qui s’explique assez bien : ils utilisent une matière première – la donnée personnelle, censée être le nouveau pétrole – gratuite.
  • [3]
    On notera toutefois que, selon la Banque de France, « les cryptomonnaies doivent être vues comme des instruments contenant, sous forme numérique, des unités de valeurs non monétaires [...] ne représentant pas de créance sur l’émetteur » (extrait de Revue Banque no 819). Autrement dit, le bitcoin serait une matière première, comme le diamant. Plus intéressant l’argument suivant : « la convertibilité des crypto-actifs dans différentes monnaies ayant cours légal n’est garantie par aucun organisme centralisé ». Si personne ne veut acheter l’actif, il y a risque, pour un vendeur, de se retrouver avec un actif illiquide, dont le prix va chuter, c’est une des raisons du caractère hautement spéculatif de ceux-ci.
  • [4]
    N’importe qui peut créer une monnaie ; la difficulté c’est de la faire accepter.
  • [5]
    Extrait de l’article « Les Défis d’une justice à l’ère numérique de “stade 3” », paru dans Enjeux Numériques no 3 de septembre 2018 (Annales des Mines).
  • [6]
    Certains auteurs n’hésitent pas à le qualifier de « fétichisme » (cf. [13]).
  • [7]
    Pour le moment, le mécanisme de prêt-emprunt n’est pas codé dans la blockchain : la notion de créance lui est étrangère. La possibilité de prêter ou d’emprunter est donc annexe, et fait l’objet d’un accord de gré à gré, sans contrepartie dans le système Bitcoin.
  • [8]
    Sans parler de détruire, il existe tout de même deux manières d’isoler un bitcoin qui s’assimilent à sa destruction : (1) perdre sa clef ; (2) insérer dans la blockchain une transaction sans identifiant (orpheline). Dans les deux cas, le bitcoin n’est récupérable par personne, ce qui revient à détruire celui-ci, puisqu’il est alors perdu pour la société.
  • [9]
    Dans les cas de conflit où plusieurs blockchains parallèles se créent et qu’il faut attendre le consensus sur la plus longue, qui redevient la blockchain.
  • [10]
    Pour nos amis pinailleurs : on pourrait, d’ailleurs, se demander si un réseau possédé à plus de moitié par une seule personne répond encore à la définition de « décentralisé » ?
  • [11]
    Pour ceux qui sont malgré tout pressés, revoir le chapitre VI, section 4.3.
  • [12]
    Pour la beauté de la discussion, un véritable bilan écologique devrait comparer la pollution dégagée par le scénario où le bitcoin remplace l’ensemble des monnaies et le périmètre des transactions actuellement opérées par les acteurs des places monétaires mondiales. Alors seulement pourra-t-on évaluer si le bitcoin est polluant à ce point. S’il s’agit de la bonne méthode scientifique pour pouvoir se prononcer, avouons que, pour une fois, elle est inutile à l’évidence. Le processus de la blockchain bitcoin utilise la meilleure preuve de confiance connue : la preuve de travail, autrement dit la consommation pure et simple d’énergie pour rien d’autre que sa consommation. On ne retrouve ce gâchis dans aucun autre processus. Toute comparaison est donc vaine : au jeu du plus gourmand pour la même fonction, la blockchain ne peut que gagner. La consommation d’électricité de la blockchain bitcoin dépasse celle des 159 Etats les moins consommateurs et vaut 56 fois celle du système VISA (source : Science et avenir, 29 novembre 2017) : c’est être, en définitive, bien vorace pour une utilité aussi dérisoire.
  • [13]
    On commence à lire, ici ou là, que la chaleur dégagée par les serveurs pourrait être réutilisée pour des applications de chauffage urbain. Ex. : http://immobilier.lefigaro.fr/article/un-hôpital-de-metz-bientôt-chauffé-a-lacryptomonnaie. Si cet article ne commet pas d’erreur, la quantité de chaleur dégagée est affolante (il est dit que 3 m2 suffisent pour chauffer une piscine municipale !). En tous cas, ce type d’appariement, qui introduit une relation d’équilibre, devrait systématiquement être intégré à la conception d’appareils dégageant de la chaleur. Vœu pieu ?
  • [14]
    Extrait des Echos de la semaine/La Chronique du Cercle avec Boursorama.com, « La Blockchain ou la fin des intermédiaires ? », Valérie Mignon, 25 juin 2018.
  • [15]
    En prenant les gens pour des imbéciles, puisque l’on vous explique qu’en somme c’est Nemo qui a créé les protocoles.
  • [16]
    Vous ne pensiez pas sincèrement que j’allais répondre à la question ?
  • [17]
    Et encore beaucoup de questions, car on ne s’improvise pas banquier du jour au lendemain.
  • [18]
    On marque des points à tous les coups avec ce type d’argument à la saveur doucettement xénophobe.
  • [19]
    J’entends les particuliers, pas les investisseurs institutionnels qui ont déjà accès aux marchés financiers.
  • [20]
    Titres financiers qui sont des droits de propriété sur l’entreprise qui les émet.
  • [21]
    Voir [13], où, dans un passage, l’auteur résume un de ses anciens livres, le très hautement recommandable Le Commerce des promesses.

En termes d’audimat, il faut reconnaître que l’IA a eu de la concurrence. Concomitamment aux prouesses, voire aux prodiges, que l’IA atteint, une technologie présentée comme majeure, comme une innovation à nulle autre pareille, s’est faite jour : la blockchain.
Ce que la blockchain réalise est presque aussi mystérieux que l’impact de l’IA sur le monde, mais la première jouit d’un avantage indéniable : elle appartient au domaine de l’argent – on n’ose dire de la finance – et donc tout le monde en comprendrait les fondamentaux.
En réalité, la blockchain est assez comparable à l’IA : toutes deux utilisent l’informatique, mettent en œuvre des algorithmes et disposent d’un fort potentiel d’usage ; le tout exerçant l’attrait subtil du mystère scientifique sur lequel on peut faire de l’argent. La comparaison s’arrête pourtant là, car il n’y a pas d’intelligence artificielle dans la blockchain, en tous cas pas d’apprentissage machine.
Ainsi, c’est d’argent dont il sera essentiellement question dans ce chapitre, ou plutôt de mesures de valeur : des plus antiques (les coquillages) aux plus modernes (les bitcoins), en passant par des non conventionnelles... ; tout cela pour tenter de répondre à ces deux questions : qu’est-ce que la blockchain ? Et pourquoi la blockchain ?
Depuis que l’Homme a arrêté de s’échanger des coquillages ou de faire du troc, l’unité monétaire est devenue la mesure de toute chose. Une bien triste réalité sur laquelle nous ne reviendrons pas. Il n’empêche, le résultat est bien pratique, même si l’on ne sait pas vraiment ce qu’est la monnaie, en fait : créatio…


Date de mise en ligne : 01/07/2024

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter ce chapitre

5,00 €

21 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?