Chapitre d’ouvrage

Autrui

Pages 89 à 91

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  • Svandra, P.
(2012). Autrui. Dans
  • M. Formarier
  • et L. Jovic
Les concepts en sciences infirmières : 2ème édition (p. 89-91). Association de Recherche en Soins Infirmiers. https://doi.org/10.3917/arsi.forma.2012.01.0089.

  • Svandra, Philippe.
« Autrui ». Les concepts en sciences infirmières 2ème édition, Association de Recherche en Soins Infirmiers, 2012. p.89-91. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition--9782953331134-page-89?lang=fr.

  • SVANDRA, Philippe,
2012. Autrui. In :
  • FORMARIER, Monique
  • et JOVIC, Ljiljana,
Les concepts en sciences infirmières 2ème édition. Toulouse : Association de Recherche en Soins Infirmiers. Hors collection, p.89-91. DOI : 10.3917/arsi.forma.2012.01.0089. URL : https://stm.cairn.info/concepts-en-sciences-infirmieres-2eme-edition--9782953331134-page-89?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arsi.forma.2012.01.0089


Avant de poser la question d’autrui, la philosophie dès son origine s’est attachée au concept d’autre en opposition au même. Dans ce cas, il apparaît d’emblée qu’autrui n’est pas moi. Toutefois, si autrui est un autre, tout autre n’est pas forcément autrui. Il ne peut être ni objet, ni animal, ni dieu, mais un individu humain envisagé comme alter ego (un autre soi-même).
Il n’en reste pas moins que selon Descartes, 1997[1] l’expérience du moi est première (c’est le fameux « je pense donc je suis »). Dans ces conditions, pour comprendre autrui, je dois, selon Husserl 2000 [2], emprunter le chemin escarpé qui va de la certitude de ma perception à la sienne. Pour y parvenir je dispose de certains moyens : l’analogie, l’appareillement, l’imagination et la ressemblance. Cette tentative qui est finalement vouée à l’échec me permet paradoxalement de prendre conscience par différence de moi. Sartre remarque ainsi que « la relation originelle de moi-même à autrui […] est un rapport concret et quotidien dont je fais à chaque instant l’expérience ; à chaque instant autrui me regarde. » Il précise : « je me vois parce qu’on me voit. » (Sartre, 1976, [3]).
La situation du Robinson, seul sur son île, permet de mieux comprendre comment autrui garantit la véracité de ma perception. Face à sa solitude, il comprend que le seul rempart contre l’illusion et le rêve éveillé, « c’est notre frère, notre voisin, notre ami ou notre ennemi, mais quelqu’un ! » (Tournier, 1989, [4]). La leçon est alors simple : sans altérité il est impossible d’affirmer son identité…


Date de mise en ligne : 04/01/2016

https://doi.org/10.3917/arsi.forma.2012.01.0089

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