Chapitre 6. Biobanques et biomarqueurs. Commencements et histoires entrelacés
Pages 101 à 118
Citer ce chapitre
- DUPONT, Jean-Claude,
- Sous la direction de CLARIZIO, Emanuele,
- CHERICI, Céline,
- DUPONT, Jean-Claude,
- GUCHET, Xavier
- et HERPE, Yves-Édouard,
- Dupont, Jean-Claude.
- Dupont, J.-C.
- Sous la direction de E. Clarizio,
- C. Cherici,
- J. Dupont,
- X. Guchet
- et Y. Herpe
https://doi.org/10.3917/edmat.guche.2022.01.0101
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- X. Guchet
- et Y. Herpe
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- CHERICI, Céline,
- DUPONT, Jean-Claude,
- GUCHET, Xavier
- et HERPE, Yves-Édouard,
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Notes
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[1]
Ces fonctions d’exposition, d’éducation de recherche et d’exploitation se sont appliquées au cours de l’histoire de la bactérie et du végétal à l’Homme. Pour une histoire des collections du vivant, outre ici le chapitre de Céline Cherici, voir Bellivier & Noiville (2009).
-
[2]
Sur le statut ontologique de ces échantillons, voir le chapitre de Xavier Guchet dans le présent ouvrage. Notre perspective est ici différente.
-
[3]
L’OCDE définit initialement la biobanque de la façon suivante : « a collection of biological material and the associated data and information stored in an organised system, for a population or a large subset of a population » (OCDE 2006, p. 141). Cf. aussi les recommandations de l’OCDE pour les biobanques et bases de données de recherche en génétique humaine, oecd.org/fr/sti/tech-emergentes/44054924.pdf
-
[4]
Leur statut peut être celui de biobanques hospitalières (relevant du secteur académique), de fondations à but non lucratif, de biobanques nationales (relevant des pouvoirs publics), de firmes commerciales (relevant du secteur pharmaceutique et industriel). Leur taille et leur degré d’organisation varient du congélateur aux réseaux de biobanques (infrastructures nationales ou internationales). Le secteur académique plus ou moins ouvert y côtoie le secteur pharmaceutique et industriel. Les milliers de biobanques académiques et commerciales sont prospectées par les sociétés intermédiaires cherchant les échantillons correspondant aux besoins du chercheur.
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[5]
Recommandation CM/Rec(2016)6 du 11 mai 2016, search.coe.int/cm/Pages/result_details.aspx?ObjectId=090000168064e900
-
[6]
Sur le développement des laboratoires de chimie clinique au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, voir Caraway (1973), Büttner (1992).
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[7]
Toute une culture cryogénique se développe dans le domaine biomédical, qui va pour certains se muer en un dispositif biopolitique (Friedrich 2017).
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[8]
Sur l’épidémiologie cardiovasculaire américaine, cf. Giroux (2011), Blackburn (2007).
-
[9]
Sur l’analyse des transformations épistémologiques de la médecine liées à l’épidémiologie des facteurs de risque, cf. Coquidé et al. (2006), Fagot-Largeault (2010), Leplège et al. (2011).
-
[10]
Un marqueur peut devenir une cible, mais toute cible est-elle un marqueur ? Comme l’explique Xavier Guchet, dans le corps molécularisé postgénomique, l’actionnabilité du biomarqueur en tant que cible est limitée par la complexité des réseaux d’interactions moléculaires. D’où la préférence de l’auteur du biomarqueur défini comme simple « trace » (Guchet 2016).
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[11]
Cf. The Lipid Research Clinics Coronary Primary Prevention Trials Results. JAMA, 251, 351-374 et Lowering blood cholesterol to prevent heart disease. NIH consens statement, 1984 Dec.10-12, 5(7) :1-11.
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[12]
Biomarkers Definitions Working Group, 2001, Biomarkers and surrogate enpoints : Preferred definitions and conceptual framewok. Clinical Pharmacology and Therapeutics, 69, 3, 89-95, p. 91.
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[13]
Sur les répercussions de la génomique et des technologies omiques (métabolomique, protéomique, etc.) en recherche cardiovasculaire par exemple, cf. De Franciscis et al. (2016).
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[14]
Par exemple dans les enquêtes suivantes : Framingham Offspring Study (2006), Uppsala Longitudinal Study of Adult Men (2008), Swedish Malmö Diet and Cancer Cohort (2009), Morgam Study (2010), Women’s Health Initiative Cohort (2010), Dallas Heart study (2010). Cf. Ge et al. (2012). Sur les nouveaux biomarqueurs cardiovasculaires, cf. Wang et al. (2017).
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[15]
Les banques de données biologiques, biobanques virtuelles de collections de séquences d’ADN ou de génomes séquencés sur des milliers ou des millions de personnes et enregistrés sur des supports informatiques, ne concernent pas notre étude, et ne sont pas des biobanques à proprement parler, car elles n’hébergent pas de spécimens.
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[16]
Sans traiter d’autres difficultés de fond questionnant la médecine de précision, mentionnons simplement que certaines maladies semblent particulièrement réfractaires à la notion de marqueur, comme les maladies psychiatriques.
Si les biobanques apparaissent désormais comme un précieux outil pour la recherche médicale, peu d’enquêtes sont encore relatives aux conditions de leur apparition. Par la mise en perspective qu’elle opère, l’histoire des sciences peut cependant apporter quelques éclairages sur l’émergence rapide de pratiques nouvelles en les inscrivant dans un temps plus long, en particulier pour remédier à la perplexité qui les accompagne souvent.
Pourquoi l’extension actuelle des biobanques ? Il s’agit ici de comprendre comment la collecte d’échantillons humains, qui s’inscrit dans une longue tradition naturaliste, s’en est écartée au milieu du XXe siècle pour acquérir des fonctions spécifiques de recherche, en particulier la recherche de biomarqueurs.
Comprendre la métamorphose de l’acte de collectionner suppose de se souvenir de ses commencements lointains. Au cours de l’histoire moderne, après la Renaissance et les fameux cabinets de curiosités, la collection des spécimens humains, initialement œuvre d’amateurs, devient institutionnelle et acquiert plusieurs fonctions nouvelles. Il faut d’abord montrer au public les vestiges humains, les malformations fœtales et les pièces pathologiques à des fins d’édification et d’enseignement. À ces fonctions sociales d’exposition et d’éducation s’ajoutera, surtout à partir du XIXe siècle, une fonction de recherche : les collections anatomiques des services d’anatomopathologie des hôpitaux seront destinées, en même temps qu’à la pédagogie, à classer les formes post mortem pour les comprendre…
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