Prologue. La Bible et la science
Lecture des textes, lecture du monde
- Par Thomas Lepeltier
Pages 21 à 24
Citer ce chapitre
- LEPELTIER, Thomas,
- Lepeltier, Thomas.
- Lepeltier, T.
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- Lepeltier, T.
- Lepeltier, Thomas.
- LEPELTIER, Thomas,
Notes
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[1]
Ce « Prologue » doit beaucoup au livre de Peter Harrison, The Bible, Protestantism and the Rise of Natural Science, Cambridge, Cambridge University Press, 1998.
En 1678, le naturaliste anglais John Ray publie L’Ornithologie de Francis Willughby (The Ornithology of Francis Willughby). Francis Willughby était son ami et collègue, décédé prématurément à l’âge de trente-sept ans, avec qui il avait travaillé sur la classification de la flore et de la faune. Ce livre sur les oiseaux n’est pas le plus célèbre de Ray. Il marque toutefois une rupture fondamentale dans le domaine de l’ornithologie. Pour la première fois depuis des siècles, on parle des oiseaux sans faire référence à leur dimension symbolique, aux fables qui les mentionnent, à leurs rôles dans les présages, à leur utilisation en tant qu’emblèmes, aux leçons de morale qu’on tire de leurs comportements, aux petites histoires que l’on raconte à leur propos, etc. Dans ce livre, il est question uniquement de ce qui a rapport à l’histoire naturelle. Cela peut paraître normal au lecteur moderne, mais c’était à l’époque une nouveauté. Les prédécesseurs de Ray se complaisaient dans ces détails. C’est que, tout au long de la période médiévale, le monde naturel était perçu comme un livre à interpréter. Tout objet avait une signification qu’il fallait déchiffrer, au même titre que des hiéroglyphes de l’ancienne Égypte. Avant d’être une chose, animée ou inanimée, un objet était un signe. C’est pour cela que la référence aux présages, aux emblèmes, aux leçons de moralité, etc., faisait partie intégrante des études sur le monde naturel. Mais, cette vision symbolique de la nature, Ray la rejetait…
Date de mise en ligne : 16/01/2024
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