Chapitre d’ouvrage

G

Pages 329 à 353

Citer ce chapitre


  • Taillet, R.,
  • Villain, L.
  • et Febvre, P.
(2023). G. Dictionnaire de physique (5 édition, p. 329-353). De Boeck Supérieur. https://stm.cairn.info/dictionnaire-de-physique--9782807348226-page-329?lang=fr.

  • Taillet, Richard.,
  • et al.
« G ». Dictionnaire de physique, De Boeck Supérieur, 2023. p.329-353. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/dictionnaire-de-physique--9782807348226-page-329?lang=fr.

  • TAILLET, Richard,
  • VILLAIN, Loïc
  • et FEBVRE, Pascal,
2023. G. In : Dictionnaire de physique. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur. LMD Physique, p.329-353. URL : https://stm.cairn.info/dictionnaire-de-physique--9782807348226-page-329?lang=fr.

1 g1. Symbole du gramme, unité de masse (▷ kilogramme). ▶ 2. Symbole généralement utilisé pour désigner l’accélération de la pesanteur terrestre. ▶ 3. Par extension, désigne une unité d’accélération, 1 g ≡ 9,81 m · s−2. Il faut veiller dans ce cas à ne pas le confondre avec le symbole du gramme. ▶ 4. En relativité générale, notation usuelle du tenseur métrique (sous la forme gµν) et en particulier de son déterminant (g). ► 5. Notation usuelle du facteur de Landé. ▷ moment magnétique anormal.

2 G1. Symbole usuel pour désigner la constante de Newton. ▶ 2. Symbole du gauss, unité d’induction magnétique. ▶ 3. Symbole du préfixe giga- (109).

3 Ga Symbole de l’élément gallium (Z = 31).

4 Gabor (Dennis) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(1900–1979). Physicien britannique d’origine hongroise ayant commencé sa carrière comme ingénieur, et qui inventa notamment la lampe à mercure haute pression. Il publia son invention de l’holographie en 1948, ce qui lui valut le prix Nobel de physique en 1971. En 1949, il devint professeur de physique appliquée à l’Imperial College (Londres), et s’intéressa entre autres choses à la physique des plasmas, la fusion nucléaire et les réseaux de neurones.

  • The patent literature of Nobel Laureate Dennis Gabor (1900-1979), P. G. Tanner & T. E. Allibone, Notes & Records, the Royal Society Journal of the History of Science 51 (1997) p. 105
  • From white elephant to Nobel Prize : Dennis Gabor’s wavefront reconstruction, Sean F. Johnston, Historical Studies in the Physical and Biological Sciences 36 (2005) p. 35

6 gadolinium (angl. Gadolinium) Élément de numéro atomique Z = 64, découvert en 1880 par Jean de Marignac (1817–1894). Il est représenté par le symbole Gd. Structure atomique : [Xe]6s24f 75d1. Famille des lanthanides, groupe des terres rares. Masse volumique : 7 900 kg · m−3.

7 GAIA Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

Acronyme de « Global Astrometric Interferometer for Astrophysics ». Mission d’astrométrie spatiale développée dans le cadre du programme scientifique de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Successeur de la mission Hipparcos, elle a pour objectif de mesurer la position, la distance et la luminosité d’environ un milliard d’objets astronomiques (étoiles, planètes, comètes, quasars, etc.). Lancée le 19 décembre 2013, elle rejoignit, le 8 janvier 2014, le point L2 du système Terre-Soleil (▷ point de Lagrange) où elle se trouve encore. La mission devait se poursuivre jusqu’en 2019, mais elle fut prolongée et la prise de données devrait durer au moins jusqu’en 2025. Elle a notamment permis de produire l’un des diagrammes d’Hertzsprung-Russell les plus précis des étoiles de la Voie lactée.

  • Gaia, un œil neuf sur notre galaxie, Jean-François Haït, Ciel et Espace 522 (2013) p. 34

9 gain Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gain) Rapport entre le signal de sortie et le signal d’entrée d’un amplificateur. Le gain est souvent exprimé en décibels.

  • [Search and Discovery] Infrared Laser Illustrates Another Way to Achieve Gain, Barbara Goss Levi, Physics Today 50 (1997) p. 21

11 gaine (angl. cladding) Partie externe d’une fibre optique à saut d’indice, entourant le cœur et sur laquelle la réflexion totale permet le guidage de la lumière (▷ fibre optique).

12 gal [Gal] (angl. gal) Unité (symbole Gal) dans laquelle s’expriment les accélérations dans le système d’unités CGS. Elle est principalement utilisée (avec son sousmultiple le mGal) en géodésie pour décrire l’accélération de la pesanteur. C’est une unité dérivée, reliée aux unités de base de ce système par 1Gal ≡ 1 cm s−2, et à celle du Système International par 1Gal = 10−2 m · s−2. Son nom a été choisi en l’honneur de Galilée (1564–1642).

13 galaxie Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. galaxy) Ensemble autogravitant d’étoiles, de gaz, de poussières, et vraisemblablement de matière noire, contenant entre quelques dizaines de millions (galaxies naines) et plusieurs dizaines de milliers de milliards d’étoiles (galaxies géantes), pour des diamètres typiques compris entre quelques milliers et quelques centaines de milliers d’années-lumière. Elles peuvent aussi comporter un trou noir supermassif en leur centre. Grâce aux images du champ profond de Hubble, on estime aujourd’hui à plusieurs centaines de milliards le nombre de galaxies dans l’Univers observable. Les galaxies diffèrent également par leur morphologie (▷ classification de Hubble), qui résulte notamment de leurs interactions passées. Elles sont en effet distribuées de façon hétérogène dans l’Univers, la plupart d’entre elles formant des groupes (▷ Groupe local), des amas ou superamas dans lesquels elles sont séparées par des distances relativement faibles, ce qui implique d’importantes interactions via des collisions ou des effets de marées (▷ cannibalisme galactique).

  • Galaxy formation theory, Andrew J. Benson, Physics Reports 495 (2010) p. 33
  • [Quick Study] Watching galaxies evolve, Christopher J. Conselice, Physics Today 64 (2011) p. 68
  • Theoretical challenges in understanding galaxy evolution, Jeremiah P. Ostriker & Thorsten Naab, Physics Today 65 (2012) p. 43
  • Les galaxies naines et la toile cosmique, Noam Libeskind, Pour la Science 439 (2014) p. 48
  • Man discovers the galaxies, Richard Berendzen, Richard Hart, Daniel Seelay, (Columbia University Press, 1976)

Galaxie

Ensemble autogravitant d’étoiles, de gaz, de poussières, et vraisemblablement de matière noire, contenant entre quelques dizaines de millions (galaxies naines) et quelques milliards d’étoiles (galaxies géantes), pour des diamètres typiques compris entre quelques milliers et quelques centaines de milliers d’années-lumière. Elles peuvent aussi comporter un trou noir supermassif en leur centre. Grâce aux images du champ profond de Hubble, on estime aujourd’hui à plusieurs centaines de milliards le nombre de galaxies dans l’Univers visible. Les galaxies diffèrent aussi par leur morphologie (▷ classification de Hubble). Elles sont distribuées de façon hétérogène dans l’Univers, la plupart d’entre elles formant des groupes (▷ Groupe local), des amas ou superamas dans lesquels elles sont séparées par des distances relativement faibles, ce qui implique d’importantes interactions via des collisions ou des effets de marées (▷ cannibalisme galactique).
Historiquement, l’existence des galaxies est un fait scientifique relativement récent. Galilée (1564–1642) observa en 1609 que la traînée blanchâtre nommée Voie Lactée par les Grecs est en fait composée d’une concentration de milliers d’étoiles d’intensité trop faible pour être distinguées à l’œil nu. Vers 1740, Thomas Wright (1711–1786) interpréta cette concentration d’étoiles en supposant qu’il s’agit d’un disque que nous voyons par la tranche ; cette idée inspira le philosophe Emmanuel Kant (1724–1804) qui, en 1755, envisagea l’existence de différents « Univers-île » et les identifia à certaines certaines nébuleuses visibles. Il fallut cependant attendre le début du xxe siècle pour que cette idée prenne une forme précise et devienne universellement acceptée. Le tournant décisif fut la détermination de la taille de la Galaxie en 1918 par Harlow Shapley (1885–1972), suivie de celle de la distance de nombreuses nébuleuses par Edwin Hubble (1889–1953), qui démontrèrent leur caractère extra-galactique.
La physique des galaxies reste un domaine jeune et dynamique, plein d’inconnues. En particulier, leur formation et leur évolution soulèvent de nombreuses questions, comme le rôle et l’importance de la matière noire, du trou noir central, la relation entre évolution et morphologie, etc.

15 galaxie active Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. active galaxy) Galaxie présentant une émission électromagnétique « anormale », c’est-à-dire extrêmement intense, pouvant varier assez rapidement dans le temps et qui ne provient ni des étoiles, ni du gaz, ni de la poussière qui la composent. On distingue principalement les galaxies de Seyfert, qui furent les premières découvertes en 1943 par Carl Seyfert (1911–1960), les blazars, les quasars et les radiogalaxies. Les galaxies actives peuvent avoir une luminosité jusqu’à 1000 fois plus intense que celle d’une galaxie usuelle (ce qu’elles deviennent une fois leur période d’activité écoulée), l’émission ayant principalement lieu dans un cœur de petite taille, le noyau actif. La traduction anglophone de cette expression, active galactic nuclei, est d’ailleurs à l’origine d’un acronyme souvent utilisé pour les désigner : AGN. Dans l’explication moderne, l’émission du rayonnement repose sur la présence d’un trou noir supermassif, entouré d’un disque d’accrétion (qui nourrit le trou noir), et d’un nuage torique de gaz et de poussière, appelé tore moléculaire. Selon ce modèle, les types de galaxies actives précédemment cités correspondraient non pas à de fondamentales différences de nature, mais avant tout à des angles de vue distincts, et à l’observation ou non de deux attributs courants des galaxies actives : deux lobes radio et un jet.

  • Black Hole Models for Active Galactic Nuclei, Martin J. Rees, Annual Review of Astronomy and Astrophysics 22 (1984) p. 471
  • Active Galactic Nuclei, Donald E. Osterbrock, Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society 25 (1984) p. 1

17 galaxie elliptique (angl. elliptical galaxy) Dans la classification de Hubble, galaxie de forme sphéroïdale composée de quelques centaines de millions à plus d’un milliard d’étoiles généralement âgées et peu massives, animées de mouvements internes désordonnés. La concentration d’étoiles est plus importante au centre (l’équivalent du bulbe des galaxies spirales), l’extérieur (l’équivalent du halo) étant plus riche en amas globulaires. Elles sont relativement pauvres en gaz, et le taux de natalité stellaire y est faible. Leurs caractéristiques, rappelant celles des bulbes des galaxies spirales et lenticulaires, ont laissé penser qu’elles étaient peut-être issues de l’évolution de ces dernières, mais la théorie qui semble dominer actuellement est que les galaxies elliptiques seraient plutôt le résultat de collisions galactiques. Les galaxies elliptiques les moins massives sont appelées des naines (▷ galaxie naine du Grand Chien, galaxie elliptique naine du Sagittaire).

18 galaxie hobbit (angl. hobbit galaxy) Nom proposé en 2007 pour désigner des galaxies récemment découvertes dans le Groupe local et qui sont encore plus petites et encore moins lumineuses que les galaxies naines.

19 galaxie irrégulière (angl. irregular galaxy) Dans la classification de Hubble, galaxie dont la forme n’est pas assez régulière pour être une spirale, une elliptique ou une lenticulaire. La majorité d’entre elles sont des galaxies naines, leur irrégularité provenant vraisemblablement d’interactions gravitationnelles (▷ cannibalisme galactique).

20 galaxie lenticulaire (angl. lenticular galaxy) Dans la classification de Hubble (et ses extensions), galaxie intermédiaire entre les galaxies spirales et elliptiques. Comme les secondes elles sont dénuées de gaz interstellaire et comme les premières, elles comportent un disque sans toutefois posséder de bras spiraux. Leur forme rappelle celle d’une lentille ce qui leur a donné leur nom.

21 galaxie naine du Grand Chien (angl. Canis Major Dwarf galaxy) Galaxie naine située à 25 000 annéeslumière du Soleil et à 42 000 du centre de la Voie Lactée. Malgré sa proximité, elle ne fut découverte qu’en 2003, date à laquelle elle détrôna la galaxie elliptique naine du Sagittaire au titre de notre plus proche voisine. Son existence fut en effet longtemps ignorée en raison de sa localisation : elle est située de l’autre côté du plan galactique, masquée par de nombreuses étoiles et de la poussière. Elle semble sur le point d’être détruite par les effets de marée dus à notre galaxie (▷ cannibalisme galactique).

22 galaxie de Seyfert Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Seyfert galaxie) Un des types de galaxies actives, découvert en 1943 par l’astronome allemand Carl Seyfert (1911–1960). Ce sont typiquement des galaxies spirales dont le spectre contient des raies d’émission particulièrement élargies, celles des galaxies dites Seyfert 1 étant plus intenses et larges que celles des Seyfert 2. Dans le cadre du modèle universel pour les galaxies actives, on pense aujourd’hui qu’il s’agit de configurations pour lesquelles on ne voit ni le jet, ni les lobes radio. Le fort élargissement des raies constaté pour les Seyfert 1 est probablement dû à l’effet Doppler résultant des très grandes vitesses atteintes dans le disque d’accrétion, alors que pour les Seyfert 2, celui-ci nous est caché par le tore moléculaire, ce qui explique également leur moindre luminosité.

  • Seyfert galaxies, quasars and redshifts, Daniel W. Weedman, Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society 17 (1976) p. 227
  • Seyfert Galaxies, Daniel W. Weedman, Annual Review of Astronomy and Astrophysics 15 (1977) p. 69

24 galaxie spirale Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. spiral galaxy) Dans la classification de Hubble, galaxie possédant des bras spiraux et composée d’une centaine de milliards de masses solaires se distribuant selon un disque mince et un bulbe central. Elles sont classées sur une échelle Sa, Sb et Sc en fonction de l’importance relative de leur bulbe par rapport à leur disque. La présence ou non d’une barre centrale d’étoiles mène par ailleurs à la distinction entre les simples galaxies spirales et les spirales barrées, la Voie lactée faisant partie de cette dernière sous-classe même si l’existence de sa barre est longtemps restée ignorée (elle fut mise en évidence en 2005 par le télescope spatial Spitzer). L’étude de la rotation différentielle du disque d’une galaxie spirale (▷ courbe de rotation) donne des informations sur la distribution de masse dans celle-ci (▷ matière noire).

  • History of our Understanding of a Spiral Galaxy : Messier 33, Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society 10 (1969) p. 293
  • Rotation Curves of Spiral Galaxies, Yoshiaki Sofue & Vera Rubin, Annual Review of Astronomy and Astrophysics 39 (2001) p. 137
  • Secular evolution in disk galaxies, J. A. Sellwood, Reviews of Modern Physics 86 (2014) p. 1

26 GALEX (télescope spatial) Acronyme de « Galaxy Evolution Explorer ». Télescope spatial de la NASA observant dans les ultraviolets, lancé en avril 2003. Il s’agit d’un petit satellite (280 kg), destiné à observer l’univers profond en ultraviolet. Sa mission devait durer 29 mois, mais elle a été étendue plusieurs fois jusqu’à sa désactivation en juin 2013.

27 Galilée Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(1564–1642) Nom francisé de Galileo Galilei, savant italien célèbre pour ses avancées en mécanique et son utilisation de la lunette en astronomie. En mécanique, il s’intéressa notamment à la chute des corps, à la résistance mécanique des corps, aux lois d’échelle et au mouvement des pendules. En 1604, il formule l’idée fondamentale que la distance parcourue au cours d’une chute libre augmente comme le carré du temps. Il vérifia cette hypothèse grâce à de nombreuses expériences de chute de bille roulant sur des plans inclinés. En 1609, il montra que ceci conduit à des trajectoires paraboliques. Il introduisit également le premier principe de relativité, que l’on nomme aujourd’hui « principe de relativité galiléenne », même s’il fallut attendre Sir Isaac Newton (1643–1727) pour qu’il soit énoncé de manière explicite, en 1687. On doit également à Galilée une ébauche du principe d’inertie, qui fut aussi précisé et formalisé par Newton. La plupart de ces résultats furent formellement publiés en 1638 dans son Discours concernant deux sciences nouvelles. En astronomie, il perfectionna la lunette astronomique et, le premier, s’en servit pour mener des observations astronomiques, ce qui lui permit de découvrir les phases de Vénus, les satellites de Jupiter, la forme singulière de Saturne (mais il n’identifia pas de structure en anneau, par manque de résolution), de mettre en évidence le relief du sol lunaire et de découvrir que la Voie lactée est constituée d’une multitude d’étoiles. L’interprétation de ces observations suggérait fortement une vision héliocentrique du Système solaire, vision qu’il défendit contre le système de Ptolémée. Il fut pour cela censuré par l’Église en 1616, puis condamné en 1633 après la publication de son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde publié en 1632.

  • Galileo : Real Experiment and Didactic Demonstration, Ronald Naylor, ISIS 67 (1976) p. 398
  • À propos de l’affaire Galilée, Pierre Costabel, François Russo et al., Revue d’histoire des sciences et de leurs applications 37 (1984) p. 313
  • The Trial of Galileo : Bellarmino, Galileo, and the Clash of Two Worlds, R. S. Westfall, Journal for the History of Astronomy 20 (1989) p. 1
  • Quelques lectures du procès de Galilée dans les livres de vulgarisation de l’astronomie du XIXe siècle, Colette Le Lay, Cahiers Clairaut 97 (2002) p. 23
  • Galileo’s horoscopes, N. M. Swerdlow, Journal for the History of Astronomy 35 (2004) p. 135
  • Discoveries and Opinions of Galileo –, Galilée & Stillman Drake, (First Anchor Books, 1957)
  • Galileo : Pioneer scientist –, Stillman Drake, (University of Toronto Press, 1990)

29 Galilée (expérience de) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Galileo experiment) Expérience, vraisemblablement légendaire, qu’aurait réalisée Galilée vers 1590 et au cours de laquelle il aurait observé que deux corps de masses différentes lâchés du haut de la tour de Pise tombent en même temps. Cette expérience, et celles qui en dérivent, permettent de tester l’égalité entre la masse inertielle et la masse grave (▷ principe d’équivalence). En pratique, elle doit être menée dans le vide, car en présence de forces de frottements, les objets ne tombent pas avec la même vitesse. Une version spectaculaire a été réalisée sur la Lune par l’astronaute David Scott, au cours de la mission Apollo 15. Comme en témoigne le film qui fut ramené, il lâcha simultanément un marteau et une plume qui atteignirent le sol lunaire au même instant.

  • Galileo and the Tower of Pisa experiment, Carl G. Adler & Byron L. Coulter, American Journal of Physics 46 (1978) p. 199
  • Galileo’s response to the tower argument, William K. Goosens, Studies in History and Philosophy of Science Part A 11 (1980) p. 215
  • Galileo, Viviani and the tower of Pisa, Michael Segre, Studies in History and Philosophy of Science Part A 20 (1989) p. 435
  • Galileo and High Tower Experiments, Herman Erlichson, Centaurus 36 (1993) p. 33

31 Galilée (nombre de) (angl. Galileo number ) Nombre sans dimension intervenant dans l’étude du mouvement d’un corps immergé dans un fluide, et défini par

\[\mathrm{Ga} \equiv \frac{\sqrt{g V \rho_{\ell}\left(\rho-\rho_{\ell}\right)}}{\eta},\]

32g désigne l’accélération de la pesanteur, V le volume du corps, ρ sa masse volumique, ρ celle du fluide et η la viscosité dynamique du fluide. Le nombre de Galilée est relié au nombre d’Archimède Ar, avec lequel il est parfois confondu, par Ga2 = Ar.

33 Galileo (sonde) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

Sonde spatiale américaine, lancée en octobre 1989, et dédiée à l’étude de Jupiter. On lui doit en particulier la découverte de la présence d’eau liquide sous l’écorce de glace qui recouvre Europe, l’un des satellites galiléens.

  • Jupiter et ses satellites, vus par Galileo, Pierre Drossart, Dossier Pour la Science 23 (1999) p. 82
  • La mission Galileo vers Jupiter, Torrence Johnson, Pour la Science 270 (2000) p. 64
  • Connaître sa position, un problème de relativité, Jean-Michel Courty & Édouard Kierlik, Pour la Science 326 (2004) p. 44

35 Gallex Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Gallex ) Acronyme de « Gallium Experiment ». Expérience de détection de neutrinos solaires située dans le tunnel du Gran Sasso, en Italie, de 1991 à 1997. Elle s’appuyait sur la réaction

\[\nu_e+{ }^{71} \mathrm{Ga} \rightarrow{ }^{71} \mathrm{Ge}+e^{-}\]

36 dont le seuil énergétique est de 233 keV. Une cuve de 54 m3 contenant 30 tonnes de gallium, protégée du rayonnement cosmique et de la radioactivité naturelle, était exposée aux neutrinos solaires. La mesure de la quantité de germanium produite pendant une durée d’exposition connue permettait de déduire le flux de neutrinos électroniques provenant du Soleil. L’avantage de cette expérience, utilisant le gallium, sur d’autres, utilisant du chlore (▷ Homestake), était que le seuil de la réaction est plus bas. Cette expérience a confirmé le problème des neutrinos solaires.

  • L’expérience Gallex et les neutrinos solaires, Michel Cribier & Daniel Vignaud, Images de la Physique (1995) p. 79

38 gallium Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Gallium) Élément de numéro atomique Z = 31, découvert en 1885 par Paul-Émile Lecoq de Boisbaudran (1838–1912). Il est représenté par le symbole Ga. Structure atomique : [Ar]4s23d104p1. Masse volumique : 5 910 kg · m−3.

  • Le gallium, un métal liquide d’avenir, Michael Dickey, Pour la Science 532 (2022) p. 48

40 gallon (angl. gallon) Unité de volume (symbole gal) anglo-saxonne, dont il existe plusieurs définitions. Aux États-Unis, il vaut 231 pouces cubes, soit 1 gal = 3,785 411 .

41 galvanomètre (angl. galvanometer ) Instrument de mesure des champs magnétiques constitué d’une bobine parcourue par un courant. En présence d’un champ magnétique externe, le moment magnétique créé par ce courant subit un couple mécanique qui tend à l’aligner sur le champ externe. La mesure de ce couple permet de déduire la valeur du champ magnétique.

42 gamma [γ] (angl. gamma) Lettre de l’alphabet grec. ► 1. En relativité, notation usuelle pour le facteur de Lorentz. ▶ 2. Nom donné aux photons dans le domaine des hautes énergies, au-delà des rayons X (▷ rayons gamma), et au mode de désintégration radioactive les mettant en jeu (▷ radioactivité). Ce nom fut attribué en 1900 par Ernest Rutherford (1871–1937), qui nomma alpha, bêta et gamma les trois modes de radioactivité alors connus. ▶ 3. Notation conventionnelle pour le coefficient adiabatique. ▶ 4. Notation usuelle pour les matrices de Dirac. ▶ 5. Ancienne unité de champ magnétique valant 1 nanotesla, 1 γ = 10−9 T. ▶ 6. Ancienne unité de masse valant 1 microgramme, 1 γ = 10−9 kg.

43 Gamow (George) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(1904–1968) Physicien ukrainien réputé pour son humour, George Gamow n’est pas connu uniquement pour divers jeux de mots, mais également pour un grand nombre de découvertes et inventions. On lui doit en particulier la modélisation quantique de la radioactivité alpha (reposant sur l’effet tunnel), le modèle de la goutte liquide pour décrire les noyaux d’atomes, la théorie de la nucléosynthèse primordiale (le fameux article co-signé en 1948 par Alpher, Bethe et Gamow, dont les initiales correspondent au début de l’alphabet grec, et ce alors même que Bethe n’a pas pris part à ce travail), l’idée de l’existence du rayonnement de fond cosmologique, ainsi que le terme Urca pour désigner le phénomènes du même nom qu’il proposa dans le cadre de l’évolution thermique des étoiles pré-supernova. Peu après la découverte de l’ADN, il imagina même un modèle, qui s’avéra toutefois erroné, de construction des protéines à partir des 4 bases. Il est également mondialement connu pour plusieurs romans de vulgarisation scientifique mettant en scène monsieur Tompkins dans des univers où certains aspects de la physique sont exacerbés (en particulier ses aspects quantiques ou relativistes).

  • Gamow’s Game : The Road to the Hot Big Bang, Helge Kragh, Centaurus 38 (1996) p. 335
  • [Histoire des Sciences] George Gamow, le savoir facétieux, Étienne Klein, La Recherche 332 (2000) p. 60
  • George Gamow : Scientific Amateur and Polymath, Eamon Harper, Physics in Perspective 3 (2001) p. 335
  • My World Line – An Informal Biography, George Gamow, (The Viking Press, 1970)
  • Masters of the Universe – Conversations with Cosmologists of the Past, Helge Kragh, (OUP Oxford, 2014)

45 GANIL Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

Acronyme de « Grand Accélérateur National d’Ions Lourds ». Laboratoire situé à Caen et qui héberge des faisceaux d’ions et des détecteurs permettant de réaliser des expériences de physique nucléaire (▷ Spiral).

  • Le laboratoire du GANIL, Élémentaire 1 (2005) p. 21

47 gap (angl. gap) De l’anglais pour « fossé ». ▶ 1. On dit qu’un spectre d’excitation (ou d’énergie) possède un gap s’il existe un continuum de valeurs interdites séparant des continuum de valeurs autorisées (▷ bandes d’énergie). ► 2. Dans le cadre de la théorie quantique des champs, le terme gap désigne souvent une séparation finie entre le premier état excité et le vide. On parle parfois de gap de masse car son existence implique que toute excitation élémentaire du champ ne peut s’obtenir qu’en fournissant une énergie supérieure à une certaine valeur seuil, laquelle est équivalente à une énergie au repos de l’excitation élémentaire. C’est par exemple le cas dans la théorie BCS de la supraconductivité, où le gap est le paramètre d’ordre de la théorie et correspond à l’énergie nécessaire pour briser une paire de Cooper, ainsi que dans la théorie quantique de Yang-Mills (ou la chromodynamique quantique), où l’on subodore que l’existence d’un gap est responsable du phénomène de confinement. La démonstration mathématique de cette implication est l’un des sept problèmes du prix du millénaire pour la démonstration desquels l’Institut Mathématique Clay offre des prix d’un million de dollars.

48 Gassendi (expérience de) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Gassendi experiment) Expérience consistant à lâcher un corps en chute libre du haut d’un mât dans un navire en mouvement rectiligne uniforme. D’après le principe de relativité galiléenne, la trajectoire doit être rectiligne et uniformément accéléré, vue du bateau, et le corps doit tomber au pied du mât. Elle fut réalisée avec une galère en 1641 par Pierre Gassendi (1592–1655), après que Galilée l’ait décrite comme une expérience de pensée en 1632.

  • From the top to the foot of a mast on a moving ship, Piero Ariotti, Annals of Science 28 (1972) p. 191
  • Giordano Bruno and the top-sail experiment, Daniel Massa, Annals of Science 30 (1973) p. 201

50 gauss [G] (angl. gauss) ▶ 1. Unité d’induction magnétique (symbole G ou Gs) dans les systèmes d’unités CGS électromagnétique et gaussien (▷ unités électromagnétiques, unités gaussiennes). L’induction n’ayant pas la même dimension dans ces deux systèmes d’unités, la définition précise du gauss dépend de celui dans lequel on se place. Sa relation avec le tesla du Système International d’unités, par exemple obtenue par l’intermédiaire de la force de Laplace, est 1 G = 10−4 T, mais il s’agit d’un abus de notation car l’inductance magnétique n’a pas la même dimension dans tous les systèmes d’unités. Le gauss est parfois aussi nommé l’abtesla (symbole abT). ▶ 2. Par abus de langage, on considère souvent que le gauss est une unité permettant d’exprimer l’inductance magnétique définie dans le Système International d’unités, et l’on utilise alors la correspondance exacte 1 G = 10−4 T. Il s’agit par exemple de l’ordre de grandeur du champ magnétique terrestre.

51 Gauss (Carl Friedrich) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(1777–1855) Mathématicien, physicien et astronome allemand. Enfant prodige et parfois surnommé « le Prince des mathématiciens », il apporta également des contributions importantes en physique, principalement en mécanique céleste, en géodésie, en optique et dans l’étude du magnétisme. Sa première contribution à la physique fut, en 1801, la détermination des éléments orbitaux de Cérès, qui venait d’être découverte par Giuseppe Piazzi (1746–1826) et observée sur une trajectoire de quelques degrés dans le ciel avant de devenir inobservable, trop proche du Soleil. Ceci lui permit de prédire la date et les coordonnées célestes de la réapparition de Cérès, de façon bien plus exacte que ce qui fut proposé au même moment par d’autres astronomes. C’est à cette occasion qu’il développa et utilisa la méthode des moindres carrés (voir ce mot pour la controverse d’antériorité) et une des premiers traitements des erreurs expérimentales. Ceci le conduisit à introduire la loi normale, qu’il fut le premier à justifier de façon mathématique. À partir de 1831, il s’intéressa aux phénomènes électriques et magnétiques. Il laissa son nom, entre autres choses, à une approximation utilisée en optique géométrique (▷ conditions de Gauss), à un théorème crucial pour l’étude de l’électromagnétisme, ainsi qu’à une unité d’induction magnétique.

  • Gauss and the Discovery of Ceres, Eric G. Forbes, Journal for the History of Astronomy 2 (1971) p. 195
  • The Myth of Gauss’ Experiment on the Euclidean Nature of Physical Space, Arthur I. Miller, ISIS 63 (1972) p. 345
  • Gauss and the Royal Society : The Reception of His Ideas on Magnetism in Britain (1832-1842), James Gabriel O’Hara, Notes & Records, the Royal Society Journal of the History of Science 38 (1983) p. 17
  • Karl Friedrich Gauss, un mathématicien qui fait date, Élisabeth Busser, Tangente 124 (2008) p. 10
  • Carl Friedrich Gauss – A Biography, Tord Hall, (The MIT Press, 1970)
  • Gauss – A Bibliographical Study, W.K. Bühler, (Springer-Verlag, 1981)

53 Gauss (théorème de) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Gauss theorem) Théorème mathématique établi vers 1810 par Carl Gauss (1777–1855), reliant le flux du champ électrique \(\vec{E}\) ou du champ gravitationnel \(\vec{g}\) à travers une surface fermée S à un terme de source pour ces champs. Il s’écrit dans les deux cas

Description de l'image par IA : intégrale de contour début souscript S majuscule de ronde fin scripts suscrire E majuscule avec flèche droite opérateur point d suscrire S majuscule avec flèche droite égale début fraction Q majuscule sur epsilon indice 0 position de base fin fraction virgule

54Q désigne la charge électrique contenue à l’intérieur de la surface \(\mathcal{S}\) et ϵ0 la permittivité diélectrique du vide, et

Description de l'image par IA : intégrale de contour début souscript S majuscule de ronde fin scripts suscrire g avec flèche droite opérateur point d suscrire S majuscule avec flèche droite égale négatif 4 pi G majuscule indice N majuscule en normal position de base M majuscule virgule

55M désigne la masse contenue à l’intérieur de la surface et GN la constante de Newton. En utilisant le théorème de Green-Ostrogradski, ces expressions se déduisent directement des relations

\[\operatorname{div} \vec{E}=\frac{\rho_q}{\epsilon_0} \quad \text { et } \operatorname{div} \vec{g}=-4 \pi G_{\mathrm{N}} \rho_m,\]

56ρq désigne la charge volumique et ρm la masse volumique. Sous cette forme, la première est l’une des équations de Maxwell, la loi de Maxwell-Gauss. Elle conduit à la décroissance en 1/r2 de la force correspondante.

  • Newton’s Principia and the external gravitational field of a spherically symmetric mass distribution, Robert Weinstock, American Journal of Physics 52 (1984) p. 883
  • Discovery-based Gauss’s law, Mark B. Schneider, American Journal of Physics 72 (2004) p. 1272
  • [Notes and Discussions] Student understanding of symmetry and Gauss’s law of electricity, Chandralekha Singh, American Journal of Physics 74 (2006) p. 923

58 Gay-Lussac (loi de) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

Loi empirique selon laquelle, à pression p0 constante, le volume occupé par une quantité donnée d’un gaz réel dépend linéairement de la température. Elle peut s’écrire

\[V=V_0\left[1+\alpha\left(T-T_0\right)\right],\]

59 où le coefficient α dépend de la pression p0 et tend, pour tous les gaz, vers 1/(273,15 °C) quand celle-ci tend vers zéro. Ainsi, en choisissant l’origine des températures en T0 = −273,15 °C (▷ échelle de température), le volume devient proportionnel à la température. Cette loi n’est valable que de façon approchée et le comportement des gaz s’en écarte à haute pression et à basse température. Cette relation a été découverte en 1787 par Jacques Charles (1746–1823) et énoncée sous cette forme en 1802 par Louis Gay-Lussac (1778–1850). On la nomme aussi parfois loi de Charles (ce qui prête à confusion avec une autre loi reliant la pression à la température, ▷ loi de Charles) ou première loi de Charles–Gay-Lussac.

  • The origins of Gay-Lussac’s law of combining volumes of gases, M.P. Crosland, Annals of Science 17 (1961) p. 1
  • Gay-Lussac’s gas-expansivity experiments and the traditional mis-teaching of ‘Charles’s Law’, C.B. Spurgin, Annals of Science 44 (1987) p. 489

61 gaz Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gas) État dilué de la matière dans lequel les interactions entre composants ne sont pas suffisantes pour faire apparaître une organisation, même locale. Les gaz occupent spontanément l’ensemble du volume disponible (à l’exception des grands nuages de gaz astrophysiques, retenus par leur propre gravité). Ils se distinguent des liquides, d’une part par leur masse volumique plus faible et d’autre part par le fait que dans ces derniers peuvent exister des organisations très locales. La différence entre ces deux fluides (gaz et liquide) peut être problématique à définir (▷ contournement du point critique).

  • [Quick Study] What separates a liquid from a gas ?, Vadim V. Brazhkin & Kostya Trachenko, Physics Today 65 (2012) p. 68

63 gaz de Chaplygin (angl. Chaplygin gas) Modèle de fluide dont l’équation d’état s’écrit p = −A/ρα, où p est la pression, ρ la densité d’énergie alors que A et α sont deux constantes. Ce fluide est parfois introduit en cosmologie comme une composante présente dans l’Univers pour expliquer les propriétés observées de l’expansion cosmologique (▷ énergie noire). Elle fut proposée, avec α = 1, par le scientifique russe Sergey Alexeyevich Chaplygin (1869–1942) dans le cadre de l’aérodynamique.

64 gaz de Fermi Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Fermi gas) Ensemble de fermions sans interaction dont la distribution des états microscopiques dans l’espace des phases à l’équilibre est décrite par la statistique de Fermi-Dirac. On parle de gaz de Fermi dans les situations où la dégénérescence quantique se manifeste dans les propriétés physiques d’un système de fermions et où les interactions entre particules sont négligées. C’est le cas notamment dans la description simplifiée des électrons dans les solides ou dans les naines blanches, un traitement plus réaliste nécessitant toutefois le recours à la notion de liquide de Fermi. Un gaz de Fermi se distingue d’un gaz parfait classique par le fait qu’au zéro absolu sa pression ne s’annule pas (▷ pression de dégénérescence), un effet dû au principe d’exclusion de Pauli.

  • Evaluation of chemical potential and energy for an ideal Fermi-Dirac gas, E. Kiess, American Journal of Physics 55 (1987) p. 1006
  • Thermodynamics and occupation numbers of a Fermi gas in the canonical ensemble, K. Schönhammer, American Journal of Physics 68 (2000) p. 1032
  • [Search and Discovery] Images of Vortices Reveal Superfluidity in a Fermi Gas, Barbara Goss Levi, Physics Today 58 (2005) p. 25
  • The nearly perfect Fermi gas, John E. Thomas, Physics Today 63 (2010) p. 34

66 gaz parfait Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. ideal gas ; perfect gas) Il existe plusieurs définitions équivalentes des gaz parfaits. D’un point de vue microscopique, un gaz est dit parfait quand ses constituants interagissent si faiblement les uns avec les autres que l’énergie correspondante est négligeable devant l’énergie cinétique totale, et que l’on peut de plus ignorer leur taille typique par rapport à l’échelle du volume de gaz considéré. En pratique, cette situation est donc vérifiée pour tout gaz suffisamment dilué, ou, à volume et nombre de particules fixés, si la température est élevée. D’un point de vue expérimental, un gaz parfait classique peut aussi être défini comme un gaz obéissant simultanément aux deux lois de Joule (▷ lois de Joule) ou aux lois de Boyle, de Charles et de Gay-Lussac. Un nombre n de moles d’un tel gaz a une pression p, un volume V et une température T reliés par l’équation d’état des gaz parfaits

\[p V=n R T,\]

67R désigne la constante des gaz parfaits. Cette relation, qui constitue une troisième définition possible d’un gaz parfait classique, cesse d’être valable dès lors que la distance entre constituants n’est plus négligeable devant la portée de leurs interactions mutuelles ou devant leur taille. Dans certaines conditions, il arrive également que, bien que les interactions soient toujours faibles, des effets quantiques deviennent importants. On doit alors décrire le système comme un gaz parfait quantique, qui peut être un gaz de fermions (dans lequel la pression de dégénérescence entre en jeu) ou bien de bosons (et qui peut donc subir une condensation de Bose-Einstein si la température est suffisamment faible). En raison des lois de Joule, l’énergie interne U et l’enthalpie H d’un gaz parfait classique ne dépendent que de la température et vérifient

\[d U=C_v d T \quad \text { et } d H=C_p d T\]

68Cv et Cp désignent respectivement les capacités calorifiques à volume constant et à pression constante. Ces coefficients sont souvent considérés comme indépendants de la température, mais ils varient avec elle si le gaz n’est pas monoatomique (▷ degré de liberté). Lorsque l’on néglige ces variations, l’entropie S du gaz parfait s’écrit

\[S=n R \ln \left(V T^{1 /(\gamma-1)}\right)+S_0\]

69γCp/Cv et où S0 désigne une constante que la thermodynamique classique ne peut pas déterminer.

  • James Joule, William Thomson and the concept of a perfect gas, J. S. Rowlinson, Notes & Records, the Royal Society Journal of the History of Science 64 (2010) p. 43

71 gaz parfaits (constante des) (angl. gas constant ; ideal gas constant) Constante physique habituellement notée R et originalement apparue dans la loi des gaz parfaits. L’interprétation statistique de la thermodynamique lui a donné un nouveau sens, et elle est aujourd’hui définie comme \(R=\mathcal{N}_A k_{\mathrm{B}}\)\(\mathcal{N}_A\) désigne la constante d’Avogadro et kB la constante de Boltzmann. Il s’agit en quelque sorte d’un équivalent macroscopique de cette dernière. Depuis que la version datant de 2019 du Système International d’unités a attribué des valeurs exactes aux constantes \(\mathcal{N}_A\) et kB, il en est de même de R qui vérifie

\[R \simeq 8,314~462 \mathrm{~J} \cdot \mathrm{~K}^{-1} \cdot \mathrm{~mol}^{-1}.\]

72 Cette constante est omniprésente en thermodynamique, notamment parce que c’est une constante fondamentale qui permet de relier température et énergie. Elle intervient donc naturellement dans l’expression des capacités calorifiques, mais aussi dans l’équation d’état de gaz, même non parfaits.

73 gaz permanent (angl. permanent gas) Gaz dont la température critique est très inférieure à la température ambiante. Il peut être comprimé à température ambiante sans subir de transition de phase vers l’état liquide. Par exemple, le dioxygène est un gaz permanent.

74 gaz de photons Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. photon gaz) Système thermodynamique constitué de photons. C’est un cas très particulier de gaz parfait, dont tous les constituants ont la même vitesse (la vitesse de la lumière) mais pas la même énergie (les photons sont associés à des ondes électromagnétiques de fréquences et de longueurs d’onde différentes). Son équation d’état s’écrit

\[P=\frac{1}{3} b T^4\]

75

\[b \equiv \frac{8 \pi^5 k_{\mathrm{B}}^4}{15 h^3 c^3} \approx 7,56 \times 10^{-16} \mathrm{~J} \cdot \mathrm{~K}^{-4} \cdot \mathrm{~m}^{-3},\]

76 avec kB la constante de Boltzmann, h la constante de Planck et c la vitesse de la lumière. Son énergie interne et son entropie vérifient

\[U=b V T^4 \quad \text { et } \quad S=\frac{4}{3} b V T^3.\]
  • The mass of a gas of massless photons, H. Kolbenstvedt, American Journal of Physics 63 (1995) p. 44
  • Teaching the photon gas in introductory physics, Harvey S. Leff, American Journal of Physics 70 (2002) p. 792

78 gaz rare Gaz formé d’un élément de la dernière colonne de la classification périodique (hélium, néon, argon, krypton, xénon et radon). On utilise aussi le terme gaz noble. L’élément correspondant est inerte du point de vue chimique, sa structure électronique consistant en des couches totalement remplies et d’autres totalement vides.

79 gaz réel Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. real gas) Gaz dans lequel les constituants possèdent une énergie d’interaction non négligeable par rapport à leur énergie cinétique ou ne peuvent pas être considérés ponctuels. S’oppose à « gaz parfait ». En toute rigueur, tous les gaz sont réels dans la mesure où leurs constituants interagissent nécessairement d’une manière ou d’une autre. Toutefois, cette interaction devient moins importante à faible densité, et l’approximation des gaz parfaits peut devenir justifiée. Plusieurs équations d’état sont utilisées pour décrire les gaz réels : ▷ équation d’état de van der Waals, équation d’état de Clausius.

  • Free expansion for real gases, Jacques-Olivier Goussard & Bernard Roulet, American Journal of Physics 61 (1993) p. 845

81 gaz sur réseau (angl. lattice gas) Modèle destiné à étudier les propriétés statistiques d’un gaz (comme la transition vers la phase liquide) à l’aide d’une répartition discrète d’atomes. Chaque point du réseau se retrouve porteur d’une information (souvent binaire) décrivant par exemple son état vide ou occupé par un atome, les interactions étant généralement entre sites voisins. Les gaz sur réseau permettent de simplifier de nombreux calculs, tout en étant facilement traités par des ordinateurs. Le modèle d’Ising peut être utilisé comme un modèle de gaz sur réseau.

82 Gd Symbole de l’élément gadolinium (Z = 64).

83 Ge Symbole de l’élément germanium (Z = 32).

84 géante rouge Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. red giant) Étoile qui, du fait de son évolution, a quitté la séquence principale et est devenue bien plus volumineuse que dans les premiers temps de son existence. Ce stade ne peut être atteint que par les étoiles dont la masse n’est pas trop faible par rapport à celle du Soleil (▷ naine rouge). Il débute lorsque les réactions de fusion de l’hydrogène au cœur de l’étoile s’arrêtent, la majeure partie de l’hydrogène ayant été utilisé. À ce moment, le cœur se contracte, pendant que l’enveloppe externe de l’étoile se dilate et rougit. Le Soleil atteindra ce stade dans environ cinq milliards d’années, et son rayon englobera alors les orbites des planètes internes, Mercure, Vénus et la Terre. Pour les étoiles massives, la sortie de la séquence principale mène à une phase supergéante, bleue ou rouge.

  • A simple way to assess the structure of red giants, Ludwik M. Celnikier, American Journal of Physics 58 (1990) p. 169
  • The transformation of a main sequence star into a red-giant star in the core-and-shell model, H. Hauptmann, F. Herrmann et al., American Journal of Physics 68 (2000) p. 421
  • The changing place of red giant stars in the evolutionary process, David H. Devorkin, Journal for the History of Astronomy 37 (2006) p. 429
  • Solving the Giant Stars Problem : Theories of Stellar Evolution from The 1930s to The 1950s, Davide Cenadelli, Archive for history of exact sciences 64 (2010) p. 203

86 gegenschein (angl. gegenschein) Tache faiblement lumineuse visible dans la direction opposée à celle du Soleil, lors des nuits très noires. Elle est due à la réflexion, vers l’arrière, de la lumière du Soleil par des particules de poussière millimétriques, présentes dans l’espace interplanétaire.

87 Geiger–Marsden (expérience de) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Geiger-Marsden experiment ; Rutherford experiment) Expérience de diffusion de particules alpha par les atomes d’une fine feuille d’or, ayant mis en évidence l’existence des noyaux atomiques. Cette expérience montra en effet que certaines particules incidentes étaient fortement déviées vers l’arrière, ce qui suggère la présence d’un noyau dense. La probabilité d’une telle rétrodiffusion étant faible, l’expérience indique de plus que le noyau occupe un volume très petit dans l’atome. Cette expérience fut réalisée en 1909 par Hans Geiger (1882–1945) et Ernest Marsden (1889–1970), sous la direction de Ernest Rutherford (1871–1937). Elle est aussi nommée expérience de Rutherford.

  • The Geiger-Marsden Scattering Results and Rutherford’s Atom, July 1912 to July 1913 : The Shifting Significance of Scientific Evidence, Thaddeus J. Trenn, Hans Geiger et al., ISIS 65 (1974) p. 74
  • Rutherford - the road to the nuclear atom, John Campbell, (2011)

89 Geiger–Nuttall (loi de) (angl. Geiger-Nuttall law) Relation entre la constante de désintégration λ (▷ temps de vie moyen) d’un noyau instable par radioactivité alpha et l’énergie cinétique totale après désintégration. Elle s’écrit

\[\ln \lambda=A-\frac{B Z}{\sqrt{E}},\]

90A et B désignent des constantes, Z le numéro atomique du noyau et E l’énergie cinétique totale (de la particule alpha émise et du noyau fils). Cette relation indique que le temps de vie est d’autant plus court que la particule alpha est énergétique. Ceci peut s’expliquer en modélisant un noyau radioactif comme un puits de potentiel piégeant une particule alpha, celle-ci pouvant s’échapper par effet tunnel. Une modélisation de ce type indique que

\[B \approx \frac{q_e^2 \sqrt{2 m}}{\epsilon_0 \hbar},\]

91qe désigne la charge élémentaire, m la masse de la particule alpha, ϵ0 la permittivité diélectrique du vide et ℏ la constante de Planck réduite. La relation de Geiger-Nuttall fut écrite en 1911 par Hans Geiger (1882–1945) et John Nuttall (1890–1958). L’explication théorique dut attendre 1928, par George Gamow (1904–1968), d’une part, et Ronald Gurney (1898–1953) et Edward Condon (1902–1974) d’autre part, de façon indépendante.

92 gel (angl. gel ) ▶ 1. Passage d’un liquide à l’état solide, lors d’une diminution de température. ▶ 2. Suspension de molécules dont les interactions limitent fortement les propriétés d’écoulement du fluide qui les contient, lorsque le milieu est soumis à une contrainte faible. Dans cette situation, un gel est caractérisé par un module élastique, mais si la contrainte dépasse un seuil dont la valeur est relativement petite, il commence à s’écouler. Il peut s’agir de longues molécules très enchevêtrées, de petites molécules qui s’associent pour former des objets plus grands (par exemple dans les yaourts), d’empilements de petites particules solides (par exemple dans les boues de forage), etc.

  • Les gels actifs, Yoshihito Osada & Simon Ross-Murphy, Pour la Science 189 (1993) p. 36
  • Des gels pour l’optique, F. Chaput, J.-P. Boilot et al., Pour la Science 191 (1993) p. 46
  • Les gels, des liquides qui ne coulent pas, Madeleine Djabourov & Jean-Michel Guenet, Pour la Science 215 (1995)
  • Gels, milieux poreux et sable, Étienne Guyon, Pour la Science 300 (2002) p. 140

94 Gell-Mann (Murray) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(1929–2019). Physicien théoricien américain, prix Nobel de physique en 1969 pour « ses contributions et découvertes liées à la classification des particules élémentaires et de leurs interactions ». Il a introduit la notion d’étrangeté et le modèle des quarks (▷ voie octuple).

  • [Obituaries] Murray Gell-Mann, Christopher T. Hill, Physics Today 73 (2020) p. 63

96 Gell-Mann (matrices de) (angl. Gell-Mann matrices) Ensemble de 8 matrices 3 × 3 hermitiennes et de trace nulle, qui forment une représentation des générateurs du groupe SU(3). Notées λa, elles furent introduites par Murray Gell-Mann (1929–2019) dans sa voie octuple, et vérifient les relations (écrites en utilisant la convention d’Einstein)

\[\left\{\begin{array}{l} \operatorname{Tr}\left(\lambda_a \lambda_b\right)=2 \delta_{a b} \\ {\left[\lambda_a, \lambda_b\right]=i f_{a b c} \lambda_c}, \end{array}\right.\]

97δ désigne le symbole de Kronecker, Tr la trace, [·, ·] le commutateur, i l’unité imaginaire (i2 = −1) et fabc des constantes telles que f123 = 1, f147 = −f156 = f246 = f257 = f345 = −f367 = 1/2 et \(f_{458}=f_{678}=\sqrt{3} / 2\).

98 Gell-Mann–Nishijima (formule de) (angl. Gell-Mann-Nishijima formula) Dans le cadre de l’étude de l’interaction forte, formule proposée par Murray Gell-Mann (1929–2019) et Kazuhiko Nishijima (1926–2009) qui relie la charge électrique Q, l’hypercharge Y et la troisième composante de l’isospin I3 sous la forme :

\[Q=I_3+\frac{Y}{2},\]

99\(Y=\mathcal{B}+\mathcal{S}\), avec \(\mathcal{B}\) le nombre baryonique et S l’étrangeté, le nouveau nombre quantique qu’ils introduisirent en 1953. Dans le modèle des quarks, la formule précédente a été généralisée grâce à une redéfinition de l’hypercharge sous la forme \(Y=\mathcal{B}+S+C+B+T\), où \(\mathcal{B}\) est le nombre baryonique, S l’étrangeté, C le charme, B la saveur associée au bottom et T celle associée au top. Par ailleurs, dans le cadre de l’interaction électrofaible, il existe une formule semblable qui repose sur la structure U(1)×SU(2) du groupe de jauge et relie la charge électrique à l’isospin faible I3 [un des générateurs de SU(2)] et l’hypercharge faible Yw [générateur de U(1)] :

\[Q=I_3+\frac{Y_w}{2},\]

100 générateur (angl. generator) ▶ 1. Nom générique des dispositifs permettant d’imposer un courant ou une tension à ses bornes, on parle respectivement de générateur de courant et de générateur de tension (▷ générateur basse fréquence). Ce terme englobe aussi les générateurs électrostatiques. ▶ 2. Opérateur \(\hat{G}\) représentant l’action d’une transformation continue élémentaire (par exemple une rotation d’un angle δθ autour d’un axe i) sur une grandeur physique A,

\[\delta A=\hat{G}_i \delta \theta.\]

101 Lorsque ces transformations sont des symétries du système étudié, les générateurs sont associés à des grandeurs physiques conservées, par exemple la quantité de mouvement pour les translations, ou le moment cinétique pour les rotations. Par ailleurs, si les transformations considérées forment un groupe de Lie, les générateurs sont une représentation de l’algèbre de Lie associée à ce groupe.

102 générateur basse fréquence Dispositif électrique délivrant une tension périodique dont la fréquence est généralement comprise entre quelques centièmes de Hz et quelques MHz. Les modèles courants proposent souvent des signaux de plusieurs formes (sinusoïdaux, triangulaires, rectangulaires) et des tensions de sortie de quelques volts au maximum.

103 générateur de Cockcroft–Walton (angl. Cockcroft-Walton generator) Générateur électrostatique dont la charge est assurée par une chaîne de condensateurs reliés de façon à ce que le courant ne les traverse que dans un sens. Ils sont alimentés par une tension alternative, et leur charge est plus rapide que leur décharge. Celui du laboratoire Fermilab à Chicago, par exemple, est toujours en activité. Il sert d’injecteur et permet d’accélérer des ions jusqu’à 750 eV.

104 générateur électrostatique (angl. electrostatic generator) Dispositif permettant de produire des différences de potentiel électrique élevées (de l’ordre de quelques milliers de volts ou davantage) en accumulant des charges électriques sur une borne (▷ machine de Wimshurst, générateur de van de Graaff, générateur de Cockcroft-Walton).

105 générateur de signaux Générateur de tension permettant de délivrer des signaux périodiques de différents types, notamment sinusoïdaux, triangulaires, ou rectangulaires.

106 générateur de van de Graaff Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. van de Graaff generator) Générateur de haute tension dans lequel les charges électriques sont arrachées à des courroies par frottement (▷ triboélectricité) puis sont amenées sur des condensateurs. La haute tension ainsi obtenue permet d’accélérer des particules à des énergies de quelques dizaines de keV. Ce type de générateur fut introduit en 1931 par Robert van de Graaff (1901–1967).

  • [Notes and Discussions] Theory of the frictional Van de Graaff electrostatic generator, A. W. Simon, American Journal of Physics 43 (1975) p. 1108
  • Van de Graaff generators : Theory, maintenance, and belt fabrication, Richard E. Berg, The Physics Teacher 28 (1990) p. 281

108 genre (angl. type ; kind) En relativité, et dans les théories adoptant le même formalisme, caractéristique de certains objets géométriques ou physiques qui peuvent ainsi être du genre temps, du genre espace ou du genre lumière selon le signe d’une quantité qui leur est associée. On emploie parfois l’adjectif nul(le) comme synonyme de ce dernier cas. ▶ 1. Le genre de l’intervalle spatiotemporel entre deux événements est directement relié à son signe et détermine l’éventuelle relation causale entre les événements. Si l’intervalle a le même signe que la composante temporelle de la signature de la métrique, il est du genre temps. Les deux événements peuvent alors être reliés causalement, ce qui signifie que l’un peut être la cause ou l’effet de l’autre. Si l’intervalle a le signe opposé, il est du genre espace. Dans ce cas, les deux événements ne peuvent pas avoir une influence l’un sur l’autre. Enfin, si l’intervalle est égal à zéro, il est du genre lumière (ou nul) et les deux événements ne peuvent être en relation que par l’intermédiaire d’un signal voyageant à la vitesse de la lumière. Remarque : ces définitions sont valables entre deux événements quelconques en relativité restreinte, et plus généralement dans un espace-temps plat, mais uniquement entre événements voisins en relativité générale ou dans toute théorie faisant intervenir un espace-temps courbe. ▶ 2. Le genre d’un quadrivecteur est défini de manière strictement analogue par le signe du carré de sa pseudo-norme, lequel dépend de la signature choisie pour la métrique. Indépendamment de celle-ci, certains quadrivecteurs correspondant à des grandeurs physiques ont toujours un genre donné. Par exemple, la quadrivitesse ou la quadri-impulsion d’une particule massive sont du genre temps, alors que celles d’une particule sans masse sont du genre lumière. ▶ 3. Quand on considère une courbe tracée dans l’espace-temps, par exemple une géodésique, son genre en un point donné est déterminé par celui d’un quadrivecteur tangent à la courbe en ce point. En particulier, les lignes d’univers de particules massives sont toujours du genre temps en chacun des événements qui les composent, alors que celles de particules sans masse sont du genre lumière. Une courbe ne passant que par des événements simultanés dans un certain référentiel est quant à elle du genre espace. ▶ 4. Le genre d’une hypersurface est défini comme celui du quadrivecteur qui lui est orthogonal. Les hypersurfaces du genre lumière, dont les horizons de trous noirs sont un exemple, ont la particularité que ce quadrivecteur leur est également tangent.

109 géocentrique Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. geocentric) Centré sur la Terre. En particulier, le référentiel géocentrique est un référentiel ayant pour origine le centre de la Terre et dont les axes restent orientés dans la même direction par rapport aux étoiles lointaines. Il se déduit du référentiel héliocentrique par une translation elliptique (qui suit la trajectoire de la Terre autour du Soleil). Il constitue un meilleur référentiel inertiel que le référentiel du laboratoire dès lors que les durées en jeu sont de l’ordre de la période de rotation de la Terre ou que les distances ne sont pas trop petites par rapport au rayon de celle-ci (▷ référentiel galiléen, déviation vers l’est).

  • Determination of the Sun’s Orbit, Y. Maeyama, Archive for history of exact sciences 53 (1998) p. 1

111 géodésie Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. geodesy) Domaine de la physique et de la métrologie dédié aux mesures de la forme de la surface terrestre et du champ de pesanteur sur cette surface (▷ géoïde). Pendant longtemps, la détermination de la forme de la Terre s’est appuyée sur des mesures de longueurs d’arcs entre de nombreux points situés à sa surface, et celle du champ de pesanteur sur des mesures de périodes de pendules. Aujourd’hui, les physiciens disposent de nombreux autres outils, comme des relevés topométriques par avion ou par satellite et des mesures du champ de gravitation par l’étude précise de la trajectoire de satellites en orbite (▷ STARLETTE, GRACE).

  • Marine Geodesy, A. H. Cook, Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society 22 (1981) p. 125
  • Representing the Earth’s Shape : The Polemics Surrounding Maupertuis’s Expedition to Lapland, Mary Terrall, ISIS 83 (1992) p. 218
  • Political Geodesy : The Army, the Air Force, and the World Geodetic System of 1960, Deborah Jean Warner, Annals of Science 59 (2002) p. 363
  • La mesure de la pesanteur, Jean Hinderer & Martine Amalvict, Dossier Pour la Science 34 (2003) p. 80
  • The problem of Earth’s shape from Newton to Clairaut, John L. Greenberg, (Cambridge University Press, 1995)
  • Mesurer le monde – L’incroyable histoire de l’invention du mètre, Ken Alder, (Flammarion Libres Champs, 2002)
  • La Terre ne tourne pas rond – Une histoire de formes et de mouvements, Xavier Campi, (Cassini, 2014)

114 géodésique (angl. geodesic) Dans un espace(-temps) courbe muni d’une métrique, une géodésique, ou courbe géodésique, est une généralisation de la notion de ligne droite qui partage les deux principales caractéristiques de celle-ci. Ainsi, étant donnés deux points quelconques, la géodésique est une courbe passant par ces points dont la longueur est stationnaire. En général il s’agit donc du plus court (ou plus long) chemin (par exemple la ligne droite dans un espace plat ou un grand cercle à la surface d’une sphère). Le terme « longueur » est ici à prendre au sens large, celle-ci étant définie par la métrique qui n’est pas nécessairement positive. En particulier, pour un espace lorentzien on distingue les géodésiques selon leur genre. La deuxième caractéristique que la géodésique partage avec la ligne droite est qu’il s’agit d’une courbe auto-parallèle : si, en un point donné de la courbe, on déplace un morceau de celle-ci dans la direction du vecteur tangent en ce point la courbe reste inchangée. On peut montrer que cette deuxième propriété ne nécessite pas que l’espace soit muni d’une métrique et qu’il suffit d’une connexion. Dans certains cadres, mathématiques ou physiques, on distingue par conséquent les courbes extrémales des courbes auto-parallèles. La notion de géodésique, avec ses deux aspects, joue un rôle fondamental en relativité générale puisque les particules-tests massives en chute libre y suivent des géodésiques du genre temps (▷ équation des géodésiques, déviation géodésique, postulat des géodésiques), les particules sans masse suivant quant à elles des géodésiques nulles.

115 géodésiques (postulat des) (angl. geodesics postulate) En relativité générale, principe selon lequel les particules-tests sans rotation propre et en chute libre suivent des géodésiques de l’espace-temps. Initialement inclus comme un postulat indépendant dans la théorie publiée en 1916 par Albert Einstein (1879–1955), il s’agit en fait d’une conséquence des équations de champ, comme le démontrèrent notamment en 1938 Einstein, Leopold Infeld (1898–1968) et Banesh Hoffmann (1906–1986). Pour des particules-test ayant une rotation propre, ▷ équation de Papapetrou.

116 géodimètre Instrument de mesure de distances qui repose sur celle du temps que met une onde électromagnétique à parcourir un aller-retour entre un émetteur, un réflecteur et un récepteur voisin de l’émetteur. Il est aussi nommé distancemètre. On l’utilise notamment pour faire des relevés topographiques, et on le voit souvent employé sur le bord des routes.

117 géoïde Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

Nom donné à une surface équipotentielle de référence du champ de pesanteur terrestre. Plus précisément, on nomme géoïde marin la surface moyenne des océans, qui, selon les lois de l’hydrostatique, constitue effectivement une équipotentielle. Elle se détermine directement par des relevés d’altimétrie radar, par exemple. Le prolongement de cette surface aux zones continentales est nommé le géoïde continental, et sa mesure est plus indirecte. Elle repose notamment sur l’étude précise du champ de gravitation. Le géoïde a la forme d’un ellipsoïde légèrement déformé, aplati au niveau des pôles d’environ 0,335 %. Le terme « géoïde » a été introduit en 1873 par Johann Listing (1808–1882).

  • Isaac Newton and the problem of the earth’s shape, John L. Greenberg, Archive for history of exact sciences 49 (1996) p. 371
  • [Search and Discovery] A Puzzling Increase in Earth’s Oblateness, Barbara Goss Levi, Physics Today 55 (2002) p. 17
  • La forme de la Terre, Vincent Deparis, Dossier Pour la Science 41 (2003) p. 104
  • La Terre tourne-t-elle encore rond ? Forme, rotation et structure de la Terre, Christian Larcher, Cahiers Clairaut 126 (2009) p. 26

119 géomagnétisme Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. geomagnetism) Magnétisme de la Terre et, par extension, étude de celui-ci (▷ champ magnétique terrestre, magnétosphère). Le champ magnétique de notre planète est très probablement généré et entretenu par l’effet dynamo qui résulte de la rotation de la partie liquide de son noyau de fer et de nickel, via des phénomènes convectifs et la force de Coriolis. Cette idée, proposée en 1919 par Joseph Larmor (1857–1942), reste l’hypothèse la plus vraisemblable aujourd’hui, même si l’on ne dispose pas encore de preuves expérimentales directes. Plusieurs modèles quantitatifs ont été proposés pour décrire le géomagnétisme, mais ils peinent à rendre compte de l’ensemble de ses caractéristiques, en particulier des inversions des pôles mises en évidence par l’étude du passé du champ magnétique terrestre, le paléomagnétisme. L’étude du géomagnétisme repose sur l’analyse du champ magnétique fossilisé dans des roches, qui a notamment permis de démontrer la théorie des plaques tectoniques, ainsi que sur des simulations numériques et sur des expériences pointues (utilisant du sodium liquide, ▷ Derviche Tourneur Sodium).

  • Electromagnetic Induction in the Earth, E. C. Bullard, Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society 8 (1967) p. 143
  • Gauß‘ Method for Measuring the Terrestrial Magnetic Force in Absolute Measure : Its Invention and Introduction in Geomagnetic Research, James G. O’Hara, Centaurus 27 (1984) p. 121
  • L’évolution du champ magnétique terrestre, Jeremy Bloxham & David Gubbins, Pour la Science 148 (1990) p. 82
  • Les inversions du champ magnétique terrestre, Jean-Pierre Valet & Vincent Courtillot, La Recherche 246 (1992) p. 1002
  • Geodynamo theory and simulations, Paul H. Roberts & Gary A. Glatzmaier, Reviews of Modern Physics 72 (2000) p. 1081

121 géométrie non-commutative Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. non-commutative geometry) Généralisation de la géométrie usuelle principalement développée par Alain Connes (1947–) et reposant sur la non-commutativité des objets mathématiques fondamentaux utilisés pour décrire la géométrie de l’espace. L’illustration la plus parlante pour un physicien de la notion de géométrie non-commutative est probablement celle fournie par l’espace des phases d’une particule quantique dont les coordonnées avant quantification sont des variables canoniques vérifiant les relations de Poisson (▷ crochets de Poisson), celles après quantification étant des opérateurs obéissant aux relations de commutation canoniques dont la fameuse \(\left[X^j, P_k\right]=i \delta_k^j \hbar\), où \(\delta_k^j\) est le symbole de Kronecker et ℏ la constante de Planck réduite. La géométrie non-commutative menant naturellement aux notions d’espace-temps émergent (▷ émergence) et discret, Alain Connes s’est intéressé dans ce cadre au problème de la gravitation quantique, et dans ses travaux les plus récents, il dit avoir réussi à unifier les quatre interactions fondamentales à l’aide d’une géométrie différentielle non-commutative qui lui permettrait en outre de rendre compte de la masse du boson de Higgs. Indépendamment de l’éventuelle validité de cette théorie, l’outil mathématique qu’est la géométrie non-commutative intervient également en physique de la matière condensée ainsi que dans la théorie des cordes.

  • The Standard Model as a noncommutative geometry : the low-energy regime, C.P. Martín, José M. Gracia-Bondía et al., Physics Reports 294 (1998) p. 363
  • Les géométries non commutatives, Daniela Bigatti, Pour la Science 278 (2000) p. 98
  • Introduction to M(atrix) theory and noncommutative geometry, Anatoly Konechny & Albert Schwarz, Physics Reports 360 (2002) p. 353

123 géométrodynamique (angl. geometrodynamics) Approche de l’électromagnétisme et de la relativité générale proposée dans les années 1950 par John Wheeler (1911–2008), et dont le but était d’expliquer l’ensemble des propriétés de la matière et des champs fondamentaux de manière géométrique, les particules ponctuelles étant des sortes de configurations solitoniques des champs (▷ géon). On utilise aussi parfois le terme « géométrodynamique » pour désigner le fait que la relativité générale décrit l’évolution dynamique de la géométrie de l’espacetemps sous l’action de son contenu.

124 géon (angl. geon) De l’anglais « gravitational electromagnetic entity ». Entité théorique proposée en 1955 par le physicien John Wheeler (1911–2008) et dont l’existence reste hypothétique. Les géons seraient des paquets d’ondes gravitationnelles ou électromagnétiques liés par leur propre potentiel gravitationnel. Wheeler alla jusqu’à proposer que cette notion pourrait intervenir dans la description des particules élémentaires. Cette proposition se heurte à deux problèmes, d’une part les géons sont des objets non quantiques et d’autre part leur stabilité reste à démontrer. Cette idée rentre dans le cadre de la géométrodynamique et est à reliée à celle développée à la fin du xixe siècle d’une origine électromagnétique à la masse. On parle aussi parfois de soliton gravitationnel.

125 géoneutrino Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. geoneutrino) Neutrino provenant de l’intérieur de la Terre, produit par la radioactivité terrestre. L’observation de ces particules permet d’obtenir des informations sur les conditions qui règnent dans le cœur terrestre.

  • L’intérieur de la terre en direct, Thierry Lasserre & Philippe Pajot, La Recherche 401 (2006) p. 50
  • Geo-neutrinos and earth’s interior, Gianni Fiorentini, Marcello Lissia et al., Physics Reports 453 (2007) p. 117
  • The many uses of electron antineutrinos, William F. McDonough, John G. Learned et al., Physics Today 65 (2012) p. 46
  • Des neutrinos pour sonder l’intérieur de la Terre, William McDonough, John Learned et al., Pour la Science 418 (2012) p. 42

127 géophysique Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. geophysics) Domaine de la physique consacré à l’étude de la planète Terre (et des planètes de façon plus générale). Elle s’intéresse par exemple à l’état physique du milieu terrestre et à son évolution depuis le centre jusqu’à la surface, aux phénomènes sismiques, au géomagnétisme et à la géodésie. Elle repose notamment sur la mécanique des milieux continus, sur l’électromagnétisme, sur la thermodynamique et sur les lois de la gravitation.

  • Nuclear Techniques for Subsurface Geology, D. V. Ellis, J. S. Schweitzer et al., Annual Review of Nuclear and Particle Science 37 (1987) p. 213
  • Geophysics and the law of gravity, F. D. Stacey, G. J. Tuck et al., Reviews of Modern Physics 59 (1987) p. 157
  • Geophysical applications of very-long-baseline interferometry, Douglas S. Robertson, Reviews of Modern Physics 63 (1991) p. 899

129 géostationnaire Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. geostationary) Qualifie un satellite dont l’orbite est telle qu’il se trouve en permanence au-dessus du même point de la surface terrestre. Cette orbite doit être géosynchrone et se trouver dans le plan de l’équateur.

  • Heureusement, elle tourne !, Thierry Pré, Bulletin de l’Union des Physiciens 899 (2007) p. 165

131 géosynchrone (angl. geosynchronous) Qualifie une orbite d’un satellite dont la période est égale à celle de la rotation de la Terre. Le satellite passe ainsi au-dessus du même point de la Terre tous les jours à la même heure. On parle aussi d’orbite synchrone. Si l’orbite est contenue dans le plan de l’équateur, l’orbite est dite géostationnaire. La période d’une orbite géosynchrone est égale à T = 1 jour, et l’altitude h vérifie alors

\[R_{\oplus}+h=\left(\frac{G_{\mathrm{N}} M_{\oplus}}{\Omega^2}\right)^{1 / 3},\]

132R et M désignent respectivement le rayon et la masse de la Terre, GN la constante de Newton et Ω = 2π/T la pulsation correspondant au mouvement de rotation de la Terre sur elle-même. Ceci donne numériquement une altitude h ≈ 35 800 km ≈ 5,6 R.

133 gerbe (angl. shower) Lors de collisions en cascade initiées dans un milieu par une particule unique, désigne l’ensemble des particules créées. En particulier, on observe des gerbes dans l’atmosphère, où elles sont dues aux rayons cosmiques, ou dans les calorimètres de détecteurs de physique des particules. Dans les deux cas, la détection de toutes les particules de la gerbe et la reconstruction des différentes réactions dont elles sont issues permet d’obtenir des informations sur la particule initiale. La gerbe produite par spallations lorsqu’un rayon cosmique atteint la haute atmosphère est appelée gerbe atmosphérique. On en distingue deux types :

  • — les gerbes électromagnétiques, initiées par un électron ou un photon, dans lesquelles les photons perdent de l’énergie en formant des paires électronpositon (▷ création de paires), et les électrons et positons en émettant des photons (▷ Bremsstrah-lung) ;
  • — les gerbes hadroniques, initiées par un noyau atomique, dans lesquelles des hadrons sont créés par collisions inélastiques.

135 Les gerbes atmosphériques ont été découvertes en 1938 par Pierre Auger (1899–1993).

136 germanium Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Germanium) Élément de numéro atomique Z = 32, découvert en 1886 par Clemens Winkler (1838–1904). Il est représenté par le symbole Ge. Structure atomique : [Ar]4s23d104p2. Masse volumique : 5 323 kg m−3.

  • Des circuits électroniques au silicium-germanium, Bernard Meyerson, Pour la Science 199 (1994) p. 64
  • Recent Developments in the Fabrication and Operation of Germanium Detectors, Kai Vetter, Annual Review of Nuclear and Particle Science 57 (2007) p. 363

138 GeV Abréviation de gigaélectron-volt. ▷ électron-volt.

139 Gibbs (Willard) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(1839–1903) Physicien et chimiste américain, un des pionniers de la physique statistique et de la thermochimie. Il s’intéressa particulièrement aux équilibres chimiques et aux équilibres entre phases. En 1873, il représenta géométriquement la relation entre les fonctions d’états d’un corps pur par une surface tridimensionnelle (▷ surface de Gibbs) dont James Clerk Maxwell (1831–1879), impressionné, construisit un modèle de ses propres mains pour l’offrir à Gibbs. À la fin des années 1870, il introduisit notamment les notions d’énergie libre, d’enthalpie libre et de potentiel chimique. Pendant les années 1880, il développa aussi l’analyse vectorielle, parallèlement à Oliver Heaviside (1850–1925). Il l’appliqua au champ électromagnétique et contribua (avec Heaviside) à donner aux équations de Maxwell leur forme vectorielle moderne.

  • The Physics of J. Willard Gibbs in his Time, Martin J. Klein, Physics Today 43 (1990) p. 40
  • Gibbs, Einstein and the Foundations of Statistical Mechanics, Luis Navarro, Archive for history of exact sciences 53 (1998) p. 147

141 Gibbs–Duhem (relation de) (angl. Gibbs-Duhem relation) Relation entre les variations élémentaires des variables intensives T, p et µ (la température, la pression et le potentiel chimique, respectivement) décrivant un système thermodynamique. Elle s’écrit

\[\sum_i N_i d \mu_i=V d p-S d T,\]

142µi est le potentiel chimique de l’espèce i et où les variables conjuguées des variables intensives considérées sont respectivement l’entropie S, le volume V et le nombre de moles (ou de particules) Ni.

143 giga- Préfixe (symbole G) indiquant le multiple 109 d’une unité. Par exemple, un gigaHertz (1 GHz) représente 109 Hz.

144 gigue (angl. jitter) Variation aléatoire de certaines caractéristiques d’un signal électrique, comme son amplitude ou sa phase par exemple, évoquant la danse du même nom. Pour des signaux sous forme de paquets d’onde ou de type impulsionnels, la position des impulsions ou des paquets, comme leur largeur, est soumise à un effet de gigue. On caractérise généralement la gigue associée à une grandeur physique par sa valeur moyenne et son écart-type. L’origine physique de la gigue peut être liée aux fluctuations thermiques du système considéré ou à des phénomènes extérieurs. La gigue est une spécification importante des appareils de mesure électrique (et de leur prix), puisqu’elle détermine la bande passante dans laquelle l’appareil donne des mesures fiables, non perturbées par des phénomènes extrinsèques au système mesuré.

145 gilbert [Gb] (angl. gilbert) Unité de force magnétomotrice (symbole Gb) dans les systèmes d’unités CGS électromagnétique et gaussien (▷ unités électromagnétiques, unités gaussiennes). Elle est définie comme la force magnétomotrice dans un circuit fermé traversé par un courant de (1/4π) abA (▷ abampère). La relation entre le gilbert et l’ampère-tour est

\[1 \mathrm{~Gb}=10 /(4 \pi) \mathrm{At} \simeq 0,795~77 \mathrm{~At}\]

146 mais il s’agit d’un abus de notation car la force magnétomotrice n’a pas la même dimension dans tous les systèmes d’unités.

147 Gilbert (William) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(1544–1603) Physicien anglais connu pour ses contributions pionnières à l’étude du magnétisme. Son ouvrage De Magnete est considéré comme la première étude systématique sur le magnétisme. Gilbert a proposé que la Terre puisse être modélisé comme un aimant géant avec un pôle nord et un pôle sud, pour expliquer le fait que la boussole indique un des points cardinaux. Il a également étudié les propriétés magnétiques de matériaux tels que l’acier, le fer et le nickel, et a découvert que certains matériaux peuvent être aimantés et que d’autres ne le peuvent pas. Dans un domaine différent, il a montré que le frottement de certains matériaux peut conduire à des phénomènes électrostatiques.

  • Gilbert, Bacon, Galilée, Képler, Harvey et Descartes : leurs relations, J. Pelseneer, ISIS 17 (1932) p. 171
  • The Origins of William Gilbert’s Scientific Method, Edgar Zilsel, Journal of History of Ideas 2 (1941) p. 1
  • Theory of Matter and Cosmology in William Gilbert’s De magnete, Gad Freudenthal, ISIS 74 (1983) p. 22
  • The Selenographia of William Gilbert : His Pre-telescopic Map of the Moon and his Discovery of Lunar Libration, Stephen Pumfrey, Journal for the History of Astronomy 42 (2011) p. 193

149 Gilder (loi de) (angl. Gilder’s law) Loi empirique décrivant les développements technologiques des systèmes de télécommunication qui spécifie que leur bande passante triple tous les ans. Il existe une loi similaire pour la densité de composants sur les circuits intégrés (▷ Loi de Moore).

150 GIM (mécanisme de) (angl. GIM mechanism) Mécanisme proposé en 1970 par Sheldon Lee Glashow (1932–), Jean Iliopoulos (1940–) et Luciano Maiani (1941–) pour expliquer l’absence de réactions associées simultanément à un courant neutre et à un changement de saveur (par exemple une désintégration du quark étrange en un quark down). Il repose sur l’introduction d’un quatrième quark, le quark charme, qui fait partie d’une deuxième génération avec le s.

151 Ginzburg–Landau (théorie de) (angl. Ginzburg-Landau theory) Théorie phénoménologique de la supraconductivité développée dans les années 1950 par Lev Landau (1908–1968) et son étudiant Vitaly Ginzburg (1916–2009). Elle repose sur la théorie des transitions de phase de Landau, dans laquelle l’introduction d’un paramètre d’ordre complexe décrivant l’état supraconducteur permet de retrouver les résultats de la théorie de London. En outre, elle prévoit l’existence d’une deuxième distance caractéristique de la cohérence du supraconducteur, en plus de la longueur de pénétration qui intervient déjà dans la théorie de London. L’étude des propriétés physiques du milieu en fonction du rapport entre ces deux longueurs mena Alexei Abrikosov (1928–2017) à prédire l’existence de deux types de supraconducteurs. Tout d’abord traitée avec peu de considération par les chercheurs occidentaux, la théorie de Ginzburg-Landau fut prise plus au sérieux après que Lev Gor’kov (1928–2016) eut montré en 1959 qu’on pouvait l’obtenir à partir de la théorie BCS pour des températures proches de la température critique. Dans ce cadre, le paramètre d’ordre complexe n’est autre que la fonction d’onde de la paire de Cooper.

152 glace Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. ice) État solide de l’eau. Il existe plusieurs phases solides distinctes, dans lesquelles les molécules d’eau sont organisées différemment, et entre lesquelles peuvent se produire des transitions de phase. La masse volumique de la glace ordinaire vaut 917 kg · m−3 à 0°C, ce qui est inférieur à celle de l’eau : la glace flotte sur l’eau. Sa capacité calorifique massique à 0°C vaut cp = 2, 06 kJ · kg−1 · K−1, soit environ la moitié de celle de l’eau. Son indice de réfraction, n ≈ 1, 31 dans les conditions usuelles, est légèrement inférieur à celui de l’eau.

  • La glace, Jean-Pierre Michel, Bulletin de l’Union des Physiciens 835 (2001) p. 1023
  • Why is ice slippery ?, Robert Rosenberg, Physics Today 58 (2005) p. 50
  • Ice structures, patterns, and processes : A view across the icefields, Thorsten Bartels-Rausch, Vance Bergeron et al., Reviews of Modern Physics 84 (2012) p. 885
  • L’eau qui gèle, une énigme au temps des Lumières, Frédérique Rémy, Pour la Science 454 (2015) p. 68

154 glace amorphe Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. amorphous ice ; glassy water) État métastable de la glace dans lequel les molécules adoptent une configuration désordonnée, sans ordre cristallin. Cet état est obtenu notamment par refroidissement très rapide d’eau sous forme liquide. Il peut être considéré comme un solide amorphe ou comme un liquide extrêmement visqueux (▷ verre). On l’appelle aussi glace vitreuse.

  • L’étrange comportement de l’eau ultra-froide, José Teixeira, Pour la Science 285 (2001) p. 84
  • Supercooled and Glassy Water, Pablo G. Debenedetti & H. Eugene Stanley, Physics Today 56 (2003) p. 40

156 Glashow (Sheldon Lee) (1932–) Physicien théoricien américain, prix Nobel de physique en 1979 (avec A. Salam et S. Weinberg) pour « leurs contributions à la théorie unifiant les interactions faibles et électromagnétiques, en particulier la prédiction des courants neutres faibles ». Il s’est fait remarquer pour des prises de position marquées contre la théorie des cordes.

157 Glashow–Weinberg–Salam (théorie de) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Glashow-Weinberg-Salam theory) Dans le cadre du modèle standard de la physique des particules, théorie décrivant de manière unifiée les interactions faible et électromagnétique. Elle fut initiée vers 1960 par Sheldon Lee Glashow (1932–) et complétée peu après par Steven Weinberg (1933–2021) et Abdus Salam (1926–1996), ce qui leur valut à tous trois le prix Nobel 1979. Elle repose sur le groupe de symétrie SU(2)×U(1), produit des groupes associés respectivement à l’isospin faible et à l’hypercharge faible, et sur sa brisure spontanée par le mécanisme de Higgs en un groupe résiduel U(1) associé à l’interaction électromagnétique (pour être plus précis, le groupe de symétrie de cette théorie a la même algèbre que le groupe cité ci-dessus, mais, en raison de symétries résiduelles dans le spectre des particules observées, il est en fait égal à celui-ci quotienté par un sous-groupe discret). Le modèle de Glashow-Weinberg-Salam fut confirmé expérimentalement par l’observation de courants neutres, dont l’existence est reliée à celle d’un angle de mélange (dit de Weinberg), et plus récemment, à l’été 2012, par la (très probable) découverte, au CERN, du boson de Higgs qui manquait encore à l’appel. On fait parfois remarquer à juste titre qu’il ne s’agit pas d’une véritable unification en ce sens où elle ne repose pas sur un groupe simple, mais sur un produit, ce qui se traduit physiquement par le fait que deux constantes de couplage indépendantes interviennent. Cette théorie possède par ailleurs la particularité d’être chirale, ne traitant pas de la même manière les parties droites et gauches des particules, ce qui lui permet de rendre compte de la violation de la parité (▷ violation de P).

  • A Matter of Kuhnian Theory-Choice ? The GWS Model and the Neutral Current, Samuel Schindler, Perspectives on Science 22 (2014) p. 491

159 glissement1. Mouvement relatif de deux corps en leurs points de contact, par exemple entre deux solides, ou entre un liquide et une paroi solide. Dans ce dernier cas, on considère généralement que le glissement est nul en mécanique des fluides, sauf pour des nombres de Knudsen élevés. ▶ 2. Pour un moteur asynchrone, désigne la différence de vitesse angulaire entre le moteur et l’excitation.

  • Interesting results for rolling and slipping, K. Capell, American Journal of Physics 55 (1987) p. 903

161 glisseur Torseur dont le moment s’annule en au moins un point de l’espace, mais dont la résultante \(\vec{R}\) n’est pas nulle. À l’aide des propriétés de l’axe central, on montre que les éléments de réduction d’un glisseur \(\mathcal{G}(P)\) en un point P quelconque peuvent s’écrire

\[\mathcal{G}(P)=\left\{\begin{array}{c} \vec{R} \\ \vec{R} \wedge \overrightarrow{O P} \end{array}\right\}~,\]

162O est un point de l’axe central, lieu où s’annule le moment. Le torseur associé à une force unique ou le torseur cinématique d’un solide en rotation autour d’un axe sont deux exemples de glisseurs. Tout torseur se décompose comme la somme d’un couple et d’un glisseur (▷ axe central).

163 glitch (angl. glitch) Le terme « glitch » est un anglicisme utilisé tel quel en français, et que l’on aurait pu éventuellement traduire par « défaut » ou « pépin ». Récent même en anglais, il pourrait provenir de l’allemand « glitschig » qui signifie « glissant ». ▶ 1. En électronique ou électricité, un glitch est un signal parasite de brève durée ayant des conséquences néfastes sur le fonctionnement du système. ▶ 2. Augmentation soudaine de la vitesse de rotation d’un pulsar, vraisemblablement causée par une réorganisation des vortex associés aux neutrons superfluides qui baignent l’écorce externe de l’étoile à neutrons. Visible sur la courbe qui représente le ralentissement d’un pulsar par émission de rayonnement électromagnétique, cette accélération apparaît comme un bref sursaut vite oublié.

164 gluino (angl. gluino) Particule hypothétique, partenaire supersymétrique des gluons dans les théories supersymétriques. Ce sont des fermions de Majorana de spin 1/2.

165 gluon Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gluon) Particule de masse nulle et de spin 1 qui, selon la théorie de la chromodynamique quantique, véhicule l’interaction de couleur entre quarks. Cette dernière étant associée au groupe de jauge SU(3), il existe 8 gluons différents, autant que de générateurs infinitésimaux du groupe de Lie, qui portent chacun une couleur et une anticouleur (l’idée, pour expliquer le nombre 8, étant que les trois blancs possibles ne sont pas indépendants et que seuls deux comptent). Contrairement aux photons, les gluons ressentent donc l’interaction qu’ils véhiculent, ce qui participe à l’explication du confinement des quarks. Ils jouent par ailleurs un rôle important dans la structure des nucléons, qui ne se résume pas qu’aux quarks de valence. La mise en évidence expérimentale de leur existence eut lieu en 1979 au DESY, collisionneur situé à Hambourg, grâce à l’observation d’événements donnant lieu à 3 jets : les quarks étant créés par paires en raison de la conservation du nombre baryonique, ils ne peuvent expliquer la production d’un nombre impair de jets.

  • Les boules de glu, Frank Close & Philip Page, Pour la Science 256 (1999) p. 88
  • Le spin des nucléons, Klaus Rith & Andreas Schäfer, Pour la Science 262 (1999) p. 82
  • On the discovery of the gluon, P. Söding, European Journal of Physics H 35 (2010) p. 3
  • JETS and QCD : a historical review of the discovery of the quark and gluon jets and its impact on QCD, A. Ali & G. Kramer, European Journal of Physics H 36 (2011) p. 245
  • Les gluons nous posent encore des colles, Rolf Ent, Thomas Ullrich et al., Pour la Science 455 (2015) p. 26

167 goldstino (angl. goldstino) Particule fermionique de masse nulle pouvant être créée par la brisure spontanée d’une supersymétrie globale. C’est l’équivalent du boson de Nambu-Goldstone lorsque la symétrie brisée repose sur des degrés de liberté fermioniques et non bosoniques.

168 Goldstone (théorème de) (angl. Goldstone theorem) Théorème de théorie quantique des champs stipulant que toute brisure spontanée d’une symétrie globale continue donne lieu à l’apparition de particules sans spin et de masse nulle. Ce théorème, valable pour un espace de dimension supérieur à 2 (▷ théorème de Mermin-Wagner ), prédit que le nombre de ces bosons, nommés bosons de Goldstone ou de Nambu-Goldstone, est au plus égal à celui des générateurs qui ne laissent pas le vide invariant. Autrement dit, si l’on avait au départ un groupe de symétrie à n générateurs et qu’après brisure spontanée de la symétrie il ne reste plus qu’un groupe de dimension p < n, le nombre de bosons de Goldstone est au plus np. Ce théorème intervient autant en physique des particules (théorie quantique des champs relativistes) qu’en matière condensée (théorie quantique des champs non-relativistes). Dans le premier cas, le nombre de bosons est strictement égal à np, si le groupe de symétrie brisé n’est pas un groupe de transformations spatio-temporelles, c’est-à-dire s’il correspond à une symétrie dite interne. Dans le cas non-relativiste, le nombre de bosons de Goldstone dépend des détails du problème physique, même pour une symétrie interne. Par exemple, la brisure de symétrie du groupe des rotations SO(3) en son sous-groupe SO(2) est derrière les phénomènes de ferromagnétisme et d’anti-ferromagnétisme, mais on observe un seul boson de Goldstone pour le ferromagnétisme et deux dans l’anti-ferromagnétisme (▷ magnon). Dans le cas où la symétrie brisée est une symétrie de jauge, ce théorème ne s’applique pas, les degrés de liberté associés se trouvant inclus dans les bosons de jauge qui deviennent massifs (▷ mécanisme de Higgs). Les travaux précurseurs de Yoichiro Nambu (1921–2015) sur ce sujet lui valurent le prix Nobel de physique en 2008.

169 gon (angl. gon) Unité d’angle plan, synonyme du grade, soit un centième d’angle droit. Il a donné son nom au goniomètre.

170 goniomètre Dispositif servant à mesurer des angles dans un plan horizontal. On utilise le goniomètre pour déterminer la déviation angulaire de rayons lumineux, par exemple après la traversée d’un prisme, ou encore évaluer la position des pics de diffraction par des cristaux dans le domaine des rayons X. Le nom provient du « gon », unité de mesure des angles plans synonyme du grade.

171 Goos–Hänchen (effet) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Goos-Hänchen effect) Décalage latéral que subit un faisceau lumineux lors d’une réflexion totale, en plus du changement de direction. Ce décalage se produit dans la direction de l’interface sur laquelle la réflexion a lieu, le faisceau pénétrant partiellement dans le second milieu avant d’en émerger un peu plus loin (▷ onde évanescente).

  • On the Goos-Hänchen Effect : A Simple Example of a Time Delay Scattering Process, K. W. Chiu & J. J. Quinn, American Journal of Physics 40 (1972) p. 1847

173 goutte Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. drop) Petite quantité de liquide délimitée par une interface avec un gaz et éventuellement avec une surface solide, et dont la cohésion est assurée par la tension superficielle. La stabilité d’une goutte dépend de l’importance relative de la tension superficielle et des autres forces auxquelles elle est soumise (▷ pluie, nombre de Bond, nombre d’Eötvös).

  • On the raindrop problem, B. G. Dick, American Journal of Physics 54 (1986) p. 852
  • The profile of a dew drop, Feredoon Behroozi, Hilliard K. Macomber et al., American Journal of Physics 64 (1996) p. 1120
  • Sur la forme des gouttes et des bulles, David Quéré & Christophe Clanet, Dossier Pour la Science 41 (2003) p. 110
  • [Notes and Discussions] The falling raindrop, revisited, Alan D. Sokal, American Journal of Physics 78 (2010) p. 643

175 goutte liquide (modèle de la) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. liquid drop model) Ensemble de modèles nucléaires reposant sur une idée introduite en 1928 par George Gamow (1904–1968), et développés en 1935 par Carl Friedrich von Weizsäcker (1912–2007) et en 1936 par Niels Bohr (1885–1962), dans lesquels le noyau est considéré comme un fluide dont les constituants élémentaires sont les nucléons. Les propriétés du noyau peuvent ainsi être décrites en utilisant des notions empruntées à l’hydrodynamique (énergie de cohésion, tension superficielle, viscosité), et d’autres inspirées par la physique quantique (▷ formule de Weizsäcker ).

  • Le noyau atomique entre liquide et cristal, Jean-Paul Ebran & Elias Khan, Pour la Science 448 (2015) p. 30

177 goutte noire Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. black drop) Phénomène optique observé lors du transit de Vénus. Lorsque le disque sombre de la planète se détachant de la lumière du Soleil est proche du contact avec le bord du Soleil, la limite entre les deux bords semble floue et mal définie, ce qui limite la précision de la détermination de l’heure du transit. Ce phénomène est dû à la diffraction par le disque de la planète.

  • The transit of Venus and the notorious black drop effect, Bradley E. Schaefer, Journal for the History of Astronomy 32 (2001) p. 325

179 goutte pendante (méthode de la) (angl. pendant drop method) Méthode de mesure de la tension superficielle qui repose sur l’étude de la géométrie d’une goutte pendant au bas d’un capillaire rempli de liquide. En particulier, le rayon maximal et le rayon minimal de la goutte pendante permettent, grâce à des tables, de déduire la tension superficielle.

180 Gouy (fonction de)exergie.

181 GPS (Global Positioning System) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

Acronyme de « Global Positioning System ». Dispositif de localisation par triangulation, les ondes émises par un ensemble de satellites étant captées par un récepteur qui déduit des caractéristiques des différentes ondes reçues sa position sur le globe terrestre. La précision de ce système est telle que les effets de relativité restreinte et de relativité générale doivent être pris en compte pour calculer la position du récepteur.

  • Relativity and the Global Positioning System, Neil Ashby, Physics Today 55 (2002) p. 41
  • Relativity in the Global Positioning System, Neil Ashby, Living Reviews in Relativity 6 (2003) p. 1
  • Connaître sa position, un problème de relativité, Jean-Michel Courty & Édouard Kierlik, Pour la Science 326 (2004) p. 44

183 GRACE Acronyme de « Gravity Recovery and Climate Experiment ». Couple de satellites lancés en mars 2002 et permettant des mesures précises de gravimétrie. Ces mesures reposent sur celle de la variation de la distance (environ 220 km) entre les deux satellites en fonction de la région survolée, cet écart étant déduit du temps mis par un faisceau de micro-ondes pour faire l’aller-retour entre les deux satellites. Sa sensibilité lui permet de déterminer le niveau de retenues d’eau (avec une précision de 1 cm pour un rayon de 300 km) et de détecter les mouvements des masses d’eau dans les océans. En particulier, l’analyse de ses résultats devrait permettre de déterminer la part de l’augmentation du niveau des océans due à l’expansion thermique et celle due à la fonte des glaces polaires. Son fonctionnement nécessitant de prendre en compte des effets relativistes, on le présente parfois comme un exemple d’application de la relativité générale.

184 grad (angl. grad) Notation usuelle de l’opérateur gradient.

185 grade (angl. grad) Unité d’angle plan (symbole gr), défini comme un centième d’angle droit.

186 gradient (angl. gradient) ▶ 1. Désigne l’existence d’une variation spatiale continue d’une quantité physique. On parle ainsi de gradient de température, de gradient d’indice optique, de gradient de pression, etc. Par extension, désigne également des grandeurs associées à cette variation (voir les sens suivants). ▶ 2. Opérateur vectoriel, noté \(\overrightarrow{\mathrm{grad}}\) ou \(\vec{\nabla}\) (▷ nabla), qui généralise la notion de dérivée aux fonctions de plusieurs variables et associe une grandeur vectorielle à une fonction scalaire. La définition plus précise du gradient repose sur l’étude de la variation d’une quantité f scalaire définie sur un espace affine quelconque. Si l’on note df la variation de cette fonction entre deux points P et Q séparés par un vecteur déplacement infinitésimal \(d \vec{r}\), alors le gradient de f, noté \(\overrightarrow{\mathrm{grad}}\) f, est défini par l’égalité

\[d f=f(Q)-f(P)=\overrightarrow{\operatorname{grad}} f \cdot d \vec{r}~,\]

187 où le point désigne le produit scalaire. Dans la base associée à des coordonnées cartésiennes, ses composantes sont donc

\[\overrightarrow{\operatorname{grad}} f=\vec{\nabla} f \equiv\left(\frac{\partial f}{\partial x}, \frac{\partial f}{\partial y}, \frac{\partial f}{\partial z}\right)~.\]

188 Attention, cet opérateur prend des formes différentes dans d’autres systèmes de coordonnées si l’on travaille, comme on le fait d’ordinaire en physique élémentaire, dans la base mobile orthonormée associée à ces coordonnées. En effet, son expression dépend de la façon dont on définit le déplacement élémentaire, et par conséquent les vecteurs de base. En considérant des bases orthonormées, le gradient s’écrit par exemple en coordonnées cylindriques

\[\overrightarrow{\operatorname{grad}} f=\left(\frac{\partial f}{\partial \rho}, \frac{1}{\rho} \frac{\partial f}{\partial \phi}, \frac{\partial f}{\partial z}\right)\]

189 et en coordonnées sphériques

\[\overrightarrow{\operatorname{grad}} f=\left(\frac{\partial f}{\partial r}, \frac{1}{r} \frac{\partial f}{\partial \theta}, \frac{1}{r \sin \theta} \frac{\partial f}{\partial \phi}\right).\]

190 Le gradient de f décrit les variations spatiales de cette fonction, le vecteur \(\vec{\nabla} f\) étant perpendiculaire aux surfaces iso-f et dirigé dans le sens des valeurs croissantes de f. Cet opérateur fut introduit en 1885 par Oliver Heaviside (1850–1925). Il s’agit d’un cas particulier de différentielle et il est parfois avantageux de le considérer comme une forme (ou covecteur) plutôt que comme un vecteur. ▶ 3. Par extension, le gradient d’un champ tensoriel d’ordre n est un champ tensoriel d’ordre n + 1 dont les composantes sont les dérivées partielles ou covariantes des composantes du champ tensoriel initial (▷ champ tensoriel). Par exemple, étant donné un champ de vitesse vi, on note parfois \(\overrightarrow{\operatorname{grad}} \vec{v}\) le champ tensoriel euclidien d’ordre 2 dont les composantes sont ∇ivj et qui intervient en mécanique des milieux continus. ▶ 4. On nomme également « gradient » la version quadri-dimensionnelle de l’opérateur précédent introduite en relativité (▷ quadrivecteur gradient).

191 gradient d’indice (angl. index gradient) Variation continue de l’indice de réfraction d’un milieu continu. La propagation de la lumière n’a alors pas lieu en ligne droite (▷ mirage). Dans certaines fibres optiques, la présence d’un gradient d’indice permet de guider la lumière dans leur partie centrale (▷ fibre optique).

192 gradiomètre gravitationnel Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gravitational gradiometer) Dispositif permettant de mesurer les gradients spatiaux du champ de pesanteur \(\vec{g}\). Le premier d’entre eux fut conçu en 1890 par Roland Eötvös (1848–1919) ; il s’agissait d’une balance de torsion. Les masses situées aux deux extrémités de la balance étant sensibles au champ de pesanteur à des endroits différents, la présence d’un gradient de \(\vec{g}\) se traduit par l’apparition d’un couple, mesurable par la balance. En orientant celle-ci de plusieurs manières différentes, on peut déterminer les gradients de \(\vec{g}\) dans toutes les directions. Les gradiomètres sont suffisamment sensibles pour détecter des gradients très faibles, et ils furent employés dès les années 1920 pour la prospection pétrolière, la présence d’une nappe de pétrole, moins dense que la roche, perturbant le champ gravitationnel d’une manière facilement mesurable (▷ formule de Bouguer ). On en trouvait également dans les sous-marins, où ils servaient à détecter la présence d’obstacles sans avoir à recourir à un sonar. Les gradiomètres modernes sont constitués de paires d’accéléromètres orientées selon des axes différents. On les utilise notamment en géodésie, en prospection minière, et leur usage pour sonder le contenu de camions ou de missiles a aussi été envisagé.

  • La gradiométrie gravitationnelle, Robin Bell, Pour la Science 250 (1998) p. 92

194 Graham (loi de) (angl. Graham’s law of effusion) Loi énoncée en 1831 par Thomas Graham (1805–1869), et selon laquelle le taux d’effusion d’un gaz à travers un petit trou (le nombre de molécules sortant du trou par unité de temps) est proportionnel à la racine carrée de sa masse moléculaire.

195 grain1. En photographie argentique, désigne la taille des cristaux d’argent utilisés pour impressionner le film. Cette taille détermine la résolution de l’image obtenue. L’utilisation de gros grains entraîne une perte de résolution mais augmente généralement la sensibilité du film, ce qui permet de prendre des clichés dans des conditions de lumière moins favorables ou à des vitesses plus grandes. ▶ 2. Petite région d’un solide au sein de laquelle la structure cristalline est homogène (▷ monocristal). Un solide est formé d’un grand nombre de grains, dont la taille et la forme déterminent ses propriétés macroscopiques (notamment mécaniques). Les grains sont séparés par des défauts cristallins appelés des « joints de grain ».

  • Interstellar Grains, Per A. Aannestad & Edward M. Purcell, Annual Review of Astronomy and Astrophysics 11 (1973) p. 309
  • Built upon sand : Theoretical ideas inspired by granular flows, Leo P. Kadanoff, Reviews of Modern Physics 71 (1999) p. 435

197 Gram (matrice de) (angl. Gram matrix ) Étant donnés un espace vectoriel muni d’un produit scalaire noté « · » et une famille de n vecteurs de cet espace, notés \(\vec{v}_i\), la matrice de Gram associée à la famille est la matrice G de taille n × n dont les éléments Gij vérifient

\[G_{i j}=\vec{v}_i \cdot \vec{v}_j\]

198 avec, pour une famille orthonormée, Gij = δij, où δ désigne le symbole de Kronecker. Lorsque le produit scalaire est euclidien, la matrice de Gram est symétrique, et, lorsqu’il est hermitien, elle est hermitienne. Dans le cas où la famille est une base, la matrice de Gram coïncide avec le tenseur métrique, ces notions se généralisant sans difficulté au cas d’un espace pseudo-euclidien, c’est-à-dire d’un espace vectoriel muni d’un pseudo-produit scalaire. C’est par exemple ce qui est fait dans le formalisme spatio-temporel de la relativité restreinte.

199 gramme (angl. gram) Unité de masse (symbole g) définie par 1 g ≡ 10−3 kg.

200 grand attracteur (angl. Great Attractor) Concentration de masse située derrière la région centrale de la Voie lactée et mise en évidence par son action gravitationnelle sur les galaxies qui nous entourent. La nature exacte de cet objet de masse ∼ 1016 M situé à environ 65 Mpc de la Galaxie n’est pas connue dans le détail. Il pourrait s’agir d’un superamas centré sur l’amas Abell 3627. Malgré la difficulté des observations à travers la Voie lactée, il semble établi qu’on ne trouve pas une quantité suffisante de galaxies à cet endroit, et que celui-ci soit constitué principalement de matière noire.

201 grand potentiel (angl. grand potential) Fonction thermodynamique définie à partir de l’énergie interne U, la température T, l’entropie S, le potentiel chimique µ et le nombre de constituants N par

\[\Phi \equiv U-T S-\mu N~.\]

202 On la note aussi J. D’après la relation d’Euler, cette grandeur est reliée, pour un corps pur, à la pression p et au volume V par Φ = −pV. En physique statistique, elle apparaît naturellement dans le cadre grand-canonique et peut s’écrire à l’aide de la fonction de partition grandcanonique Ξ sous la forme

\[\Phi=-k_{\mathrm{B}} T \ln \Xi\]

203 grandeur physique Qualité que l’on attribue à un système ou à un phénomène et qui permet, dans le cadre d’une modélisation mathématique, de rendre compte de certaines observations de manière objective, prédictive et quantitative, en accord avec les principes de la méthode scientifique telle qu’on l’applique en physique. Il n’existe pas une unique et précise définition générale de ce qu’est une grandeur physique car ce terme réunit des concepts aux degrés d’abstraction très variés. Ainsi, certaines d’entre elles sont reliées à des notions assez intuitives rencontrées au quotidien, comme la longueur, alors que d’autres, comme l’action, ne sont pas directement sensibles et reposent sur des mathématiques sophistiquées. Bien que toujours associées à des objets mathématiques, les grandeurs physiques se distinguent de ceux-ci par leur éventuelle dimension physique, mais également par le fait qu’à une même grandeur peuvent correspondre des objets mathématiques distincts, selon la théorie dans laquelle on se place (▷ dimension physique, mesurable, repérable).

204 grandeur visuellephotométrie.

205 grandissement Quantité caractérisant la taille relative d’un objet et de son image par un système optique. On distingue trois types de grandissements :

  • — le grandissement transversal ou grandissement linéaire γt d’un système optique est défini comme le rapport entre la taille d’un objet \(\overline{A B}\) perpendiculaire à l’axe optique et celle de son image \(\overline{A^{\prime} B^{\prime}}\) où les axes portant AB et A′B′ sont orientées avec la même convention de signe. C’est le grandissement dans la direction perpendiculaire à l’axe optique ;
  • — le grandissement axial γa est défini comme le rapport entre la taille d’un objet \(\overline{A B}\) parallèle à l’axe optique et celle de son image \(\overline{A^{\prime} B^{\prime}}\). C’est le grandissement dans la direction de l’axe optique ;
  • — le grandissement angulaire ou rapport de convergence γα est défini comme le rapport α′/αα désigne l’angle que fait avec l’axe optique un rayon issu d’un objet situé sur l’axe optique et α′ l’angle au niveau de son image.

207 Ces trois grandissements ont généralement des valeurs différentes, et dépendent du système optique et de la position de l’objet. Toutefois, dans les conditions de Gauss elles sont reliées par

\[\gamma_t=\gamma_a \gamma_\alpha~.\]

208 graphe Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. graph) Représentation des variations d’une grandeur en fonction d’une autre dans un plan, afin de les visualiser. On peut par exemple reporter une valeur en abscisse et l’autre en ordonnée (graphe cartésien), ou encore une valeur en distance et l’autre en angle (graphe polaire). L’usage scientifique du graphe date de la fin du xviiie siècle, notamment grâce à l’économiste William Playfair (1759–1823) et au physicien Jean-Henry Lambert (1728–1777).

  • Historical Development of the Graphical Representation of Statistical Data, H. Gray Funkhouser, Osiris 3 (1937) p. 269
  • Note on an Early Graph of Statistical Data (Huygens 1669), Carl B. Boyer, ISIS 37 (1947) p. 148
  • The Beginnings of Graphic Recording, Hebbel E. Hoff & L. A. Geddes, ISIS 53 (1962) p. 287
  • Early Experimental Graphs, Laura Tilling, The British Journal for the History of Science 8 (1975) p. 193
  • A “Large and Graceful Sinuosity” John Herschel’s Graphical Method, Thomas L. Hankins, ISIS 97 (2006) p. 605

210 graphène Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. graphene) Matériau constitué d’une couche monoatomique de carbone dans laquelle les atomes sont disposés selon un réseau hexagonal. Il s’agit en quelque sorte d’un des plans qui forment le graphite. Le graphène peut être modélisé comme un milieu bidimensionnel quand on étudie les phénomènes de conduction, électrique ou thermique. Il permet de réaliser des expériences en dimension 2 et de vérifier certaines propriétés qui ne se rencontrent pas en dimension 3. Sa structure électronique est particulière, la bande de valence et la bande de conduction se touchant en un unique niveau, le niveau de Fermi. Le graphène peut pour cela être considéré comme un semiconducteur de gap nul ou comme un métal dont le niveau de Fermi ne contient qu’un électron. Il a été produit pour la première fois en 2004 par Andre Geim (1958–) qui, avec Konstantin Novoselov (1974–), obtint le prix Nobel de physique en 2010 pour ce succès ainsi que son étude. Le nom « graphène » a été inventé vers 1962 par Hanns-Peter Boehm (1928–2022), pionnier de la recherche à son sujet.

  • Graphene : Exploring Carbon Flatland, Andrey K. Geim & Allan H. MacDonald, Physics Today 60 (2007) p. 35
  • Le graphène, premier cristal bidimensionnel, Jean-Noël Fuchs & Mark Oliver Goerbig, Pour la Science 367 (2008) p. 36
  • [Nobel Lecture] Graphene : Materials in the Flatland, K. S. Novoselov, Reviews of Modern Physics 83 (2011) p. 837
  • [Nobel Lecture] Random walk to graphene, Andre K. Geim, Reviews of Modern Physics 83 (2011) p. 851
  • Le silicène sur les traces du graphène, Guy Le Lay, Pour la Science 441 (2014) p. 30

212 Grashof (nombre de) (angl. Grashof number) Nombre sans dimension caractérisant l’importance relative des forces de pesanteur et des forces de viscosité, dans un fluide convectif sous l’action d’une différence de température ΔT. Il est défini par

\[\mathrm{Gr} \equiv \frac{g \Delta T \alpha V}{\nu^2}=\frac{\mathrm{Ra}}{\mathrm{Pr}}~,\]

213g désigne l’accélération de la pesanteur, V le volume caractéristique du problème, ν la viscosité cinématique et α le coefficient de dilatation thermique du fluide (▷ coefficients thermoélastiques). Cette forme découle du rapport entre gΔρV, la force de pesanteur corrigée de la poussée d’Archimède, et ρν2, la force d’origine visqueuse. Le nombre de Grashof est aussi égal au nombre de Rayleigh Ra divisé par le nombre de Prandtl Pr.

214 Grassmann (variable de) (angl. Grassmann number ) Variables anticommutantes utilisées pour décrire les fermions dans la formulation par intégrales de chemin de la théorie quantique des champs et qui interviennent aussi dans le cadre de la supersymétrie ou de la théorie des cordes (on parle alors parfois de coordonnées fermioniques). Ces variables, souvent notées θ, ont des propriétés surprenantes. En particulier, le fait que θ2 = 0 pour tout θ impose que toutes les fonctions f(θ) sont affines en θ.

215 gravidyne Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

Dispositif pouvant modifier les caractéristiques de son orbite gravitationnelle autour d’un corps massif en changeant régulièrement de forme. Par exemple, une paire d’haltères dont on fait varier l’espacement de manière synchrone avec la période orbitale peut atteindre des orbites de plus en plus allongées et finir par s’échapper. De même, un astronaute en orbite autour de la Terre peut a priori s’en éloigner en nageant la brasse. En pratique, les temps caractéristiques associés à cet effet sont beaucoup trop longs pour qu’on puisse envisager de l’utiliser. Ce mécanisme fut introduit par le physicien russe V. Beletski en 1977.

  • [Idées de physique] Le gravidyne, Roland Lehoucq, Pour la Science 260 (1999) p. 100
  • Un moyen de propulsion surprenant : le gravidyne, Thierry Alhalel, Bulletin de l’Union des Physiciens 844 (2002) p. 935
  • Nager dans l’espace-temps courbe, Eduardo Guéron, Pour la Science 384 (2009) p. 24

217 gravimètre à coin de cube Dispositif permettant de déduire la valeur de l’accélération de la pesanteur du temps de chute d’un dispositif réfléchissant placé dans l’un des bras d’un interféromètre, ce temps de chute étant mesuré en comptant le défilement des franges d’interférence formées par le dispositif, au cours de la chute. L’élément réfléchissant est généralement constitué d’un coin de cube, d’où le nom.

218 gravimètre absolu (angl. absolute gravimeter ) Dispositif permettant de déterminer l’accélération de la pesanteur g en mesurant le temps de chute libre d’un corps dans une enceinte sous vide. Il en existe plusieurs types, dans lesquels la mesure du temps de chute est effectuée par des moyens physiques différents (▷ gravimètre à coin de cube).

219 gravimétrie Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gravimetry) Étude de l’accélération de la pesanteur \(\vec{g}\) en différents points de la surface terrestre. La mesure de cette quantité permet d’obtenir des informations sur les sous-sols (présence de pétrole, remplissage des nappes phréatiques), sur la fonte des glaciers ou sur les courants marins (▷ GRACE), pour ne donner que quelques exemples. Il existe de nombreuses méthodes pour réaliser ces mesures, mettant par exemple en œuvre des pendules, des balances ou des accéléromètres.

  • La mesure de la pesanteur, Jean Hinderer & Martine Amalvict, Dossier Pour la Science 34 (2003) p. 80
  • La gravité observée depuis l’espace, Isabelle Panet & Michel Diament, Pour la Science 349 (2006) p. 46
  • La naissance de la gravimétrie 1 : Les découvertes de Huygens et les développements théoriques de Newton, Vincent Deparis & Hilaire Legros, Bulletin de l’Union des Physiciens 931 (2011) p. 243
  • La naissance de la gravimétrie 2 : Mise en évidence de la variation de la pesanteur avec la latitude, Vincent Deparis & Hilaire Legros, Bulletin de l’Union des Physiciens 932 (2011) p. 359
  • La naissance de la gravimétrie 3 : Test de l’attraction newtonienne par des mesures de l’intensité et de la direction de la pesanteur effectuées au Pérou par Bouguer, Vincent Deparis & Hilaire Legros, Bulletin de l’Union des Physiciens 934 (2011) p. 581

221 gravitation Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gravitation gravity) L’une des quatre interactions fondamentales. Classiquement, elle se manifeste comme la force d’attraction entre masses introduite par Newton et dont la norme F, pour deux masses ponctuelles m1 et m2, vérifie

\[F=\frac{G_{\mathrm{N}} m_1 m_2}{r^2}\]

222r est la distance entre les masses et où GN désigne la constante de Newton. Malgré ses grands succès (prédiction de la forme de la Terre et de l’existence de Neptune, explication des lois de Kepler, etc.), cette approche classique ne permet pas de rendre compte de certains phénomènes liés à la gravitation, et la relativité générale en donne une description beaucoup plus satisfaisante mais aussi plus complexe (▷ relativité générale). En revanche, on ne sait pas décrire la gravitation de façon pleinement satisfaisante au niveau quantique (▷ gravitation quantique).

  • The Cartesian theory of gravity, E.J. Aiton, Annals of Science 15 (1959) p. 27
  • [Resource Letter] GI-1 : Gravity and inertia, P. W. Worden, Jr. & C. W. F. Everitt, American Journal of Physics 50 (1982) p. 494
  • [Idées de physique] La gravité à très courte distance, Roland Lehoucq & Jean-Philippe Uzan, Pour la Science 280 (2001) p. 108
  • Gravitations imaginaires, Pierre Lerich, Cahiers Clairaut 111 (2005) p. 9
  • Avant Einstein : relativité, lumière, gravitation, Jean Eisenstaedt, (Le Seuil, 2005)

225 gravitation (constante de la) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. constant of gravitation) Grandeur qui intervient dans l’expression de la force gravitationnelle entre deux corps (▷ gravitation). Traditionnellement notée G ou GN, elle vaut numériquement

\[G_{\mathrm{N}}=6,674 \times 10^{-11} \mathrm{~m}^3 \cdot \mathrm{~kg}^{-1} \cdot \mathrm{~s}^{-2}\]

226 et est connue avec une précision relative de l’ordre de 10−4 (▷ paramètre gravitationnel standard). On la nomme aussi constante de Newton, en l’honneur du grand savant anglais, même s’il ne fit lui-même intervenir aucune constante en exprimant la loi de la gravitation universelle. C’est Alfred Cornu (1841–1902) et Jean-Baptiste Baille (1841–1918) qui, en 1873, y introduisirent explicitement une constante qu’ils notèrent f. La notation G fut adoptée dans les années 1890.

  • The Implications for Geophysics of Modern Cosmologies in which G is Variable, Paul S. Wesson, Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society 14 (1973) p. 9
  • Jordan, Pauli, Politics, Brecht, and a Variable Gravitational Constant, Engelbert L. Schucking, Physics Today 52 (1999) p. 26
  • The search for Newton’s constant, Clive Speake & Terry Quinn, Physics Today 67 (2014) p. 27
  • [Measure for measure] Gravity on the balance, Terry Quinn, Nature Physics 12 (2016) p. 196

228 gravitation modifiée Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. modified gravitation) Nom générique donné aux théories qui proposent des altérations ou des extensions aux descriptions usuelles de la gravitation : la gravitation newtonienne et la relativité générale d’Einstein. ▷ MOND

  • Einstein, Nordström and the early demise of scalar, Lorentz-covariant theories of gravitation, John D. Norton, Archive for history of exact sciences 45 (1992) p. 17
  • Modified Newtonian Dynamics (MOND) : Observational Phenomenology and Relativistic Extensions, Benoît Famaey & Stacy S. McGaugh, Living Reviews in Relativity 15 (2012) p. 1
  • Dark matter, the Equivalence Principle and modified gravity, Adán Sus, Studies in History and Philosophy of Science Part B 45 (2014) p. 66

230 gravitation quantique Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. quantum gravity) Nom donné aux théories cherchant à décrire la gravitation en accord avec les lois de la physique quantique. En raison de l’assimilation faite par la relativité générale entre courbure de l’espace-temps et gravitation, ce programme n’a pas encore été mené à bien, rencontrant de nombreuses difficultés conceptuelles et techniques. Certains arguments de base conduisent toutefois à la conclusion selon laquelle à basse énergie cette quantification se manifesterait par l’apparition d’une particule appelée graviton, qui serait à la gravitation ce que le photon est à l’électromagnétisme. Parmi les théories candidates pour décrire la gravitation quantique, on peut citer la théorie des supercordes (et sa descendante la théorie M), la gravité quantique à boucles, la théorie des twisteurs, ou la géométrie non-commutative. Toutes reposent sur une remise à plat complète de la notion d’espace-temps, celui-ci devenant un objet quantique, soumis par exemple au principe de superposition et à des relations d’indétermination.

  • Quantum gravity : an introduction to some recent results, Enrique Alvarez, Reviews of Modern Physics 61 (1989) p. 561
  • Vers la gravité quantique, Marc Lachièze-Rey, Dossier Pour la Science 34 (2003) p. 116
  • La gravitation quantique en deux dimensions, Steven Carlip, Pour la Science 415 (2012) p. 72
  • Back to the beginning of quantum spacetime, Martin Bojowald, Physics Today 66 (2013) p. 35

232 gravitation universelle (loi de la) Nom couramment donné à la loi de Newton décrivant l’attraction gravitationnelle des corps (▷ force gravitationnelle).

233 gravité quantique à boucles Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. quantum loop gravity ; LQG) Théorie cherchant à décrire la gravitation quantique, en attribuant à l’espace-temps des propriétés quantiques. Elle se caractérise par l’utilisation de la connexion (et non de la métrique) comme variable fondamentale, une procédure de quantification canonique, une approche fondamentalement non-perturbative et par l’absence d’un espace-temps de fond. La gravité quantique à boucles est actuellement en cours de développement ; certains chercheurs y mettent de grands espoirs alors que d’autres estiment que l’approche est vouée à l’échec. Cette théorie fut proposée en 1986 par Abhay Ashtekar (1949–), puis précisée par Carlo Rovelli (1956–), Lee Smolin (1955–) et d’autres depuis les années 1990.

  • Quantum Gravity Faces Reality, Lee Smolin, Physics Today 59 (2006) p. 44
  • Loop Quantum Gravity, Carlo Rovelli, Living Reviews in Relativity 11 (2008) p. 1
  • Loop Quantum Cosmology, Martin Bojowald, Living Reviews in Relativity 11 (2008) p. 1
  • Back to the beginning of quantum spacetime, Martin Bojowald, Physics Today 66 (2013) p. 35

235 gravitino (angl. gravitino) Particule hypothétique de spin 3/2, partenaire supersymétrique du graviton. Son caractère hypothétique est double, tributaire de l’existence de la supersymétrie et de celle du graviton.

236 [gravitomagnétisme Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gravitomagnetism) Propriété de la gravitation relativiste selon laquelle le champ gravitationnel possède une composante qui dépend du moment cinétique de sa source (par exemple une masse en rotation), similaire par certains aspects au champ magnétique engendré par un moment magnétique. Dans la limite des champs faibles, on peut en effet exprimer la force gravitationnelle subie par une masse m sous une forme analogue à la force de Lorentz,

\[\vec{F}=m\left(\vec{g}+\vec{v} \wedge \vec{B}_g\right),\]

237\(\vec{g}\) désigne l’accélération de la pesanteur newtonienne et \(\vec{B}_q\) le champ gravitomagnétique, donné en fonction du moment cinétique \(\vec{L}\) de la source gravitante par

\[\vec{B}_g \approx 2 \frac{\vec{L}-3(\vec{L} \cdot \vec{u}) \vec{u}}{r^3},\]

238\(\vec{u}\) est un vecteur unitaire allant du centre de la source vers le point de mesure qui en est situé à la distance r. Dans cette limite, les équations d’Einstein se ramènent, pour les deux vecteurs \(\vec{g}\) et \(\vec{B}_g\), à des équations semblables à celles de Maxwell. Il existe plusieurs façons équivalentes de définir le champ \(\vec{B}_g\), et l’on peut donc rencontrer plusieurs normalisations des facteurs qui apparaissent dans la force ou dans l’expression de ce champ. Le gravitomagnétisme est parfois nommé gyrogravitation.

  • Maxwell form of the linear theory of gravitation, William B. Campbell & Thomas A. Morgan, American Journal of Physics 44 (1976) p. 356
  • Gravomagnetism in special relativity, H. Kolbenstvedt, American Journal of Physics 56 (1988) p. 523
  • Analogy between general relativity and electromagnetism for slowly moving particles in weak gravitational fields, Edward G. Harris, American Journal of Physics 59 (1991) p. 421

240 graviton Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. graviton) Particule hypothétique de masse nulle et de spin 2 dont l’existence découle de la supposition selon laquelle la gravitation est quantifiée. La théorie quantique de la gravitation restant pour le moment à construire, les propriétés de cette particule ne sont pas bien connues (▷ gravitation quantique). Ce mot a été introduit en 1959 par Paul Dirac (1902–1984).

  • [Questions and Answers] #32. How do gravitons interact with black holes ?, David L. Wallach, American Journal of Physics 63 (1995) p. 1065
  • Graviton physics, Barry R. Holstein, American Journal of Physics 74 (2006) p. 1002
  • Photon and graviton mass limits, Alfred Scharff Goldhaber & Michael Martin Nieto, Reviews of Modern Physics 82 (2010) p. 939
  • Theoretical aspects of massive gravity, Kurt Hinterbichler, Reviews of Modern Physics 84 (2012) p. 671

242 Gravity Probe A Sonde spatiale lancée en 1976 pour tester le décalage vers le rouge d’origine gravitationnelle (▷ effet Einstein). Elle emporta à son bord un maser à hydrogène, dont la fréquence d’émission était bien connue. La mesure de la fréquence observée au niveau du sol permit de vérifier quantitativement la prédiction issue du principe d’équivalence, avec une précision relative de l’ordre de 10−4.

243 Gravity Probe B Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

Expérience sur satellite menée d’août 2004 à octobre 2005, destinée à déterminer les contributions à la précession des gyroscopes dues à la relativité générale (▷ effet Einstein-de Sitter, effet Lense-Thirring) par l’étude du changement de leur orientation au cours du mouvement du satellite autour de la Terre. L’effet d’entraînement des référentiels, dû à la rotation de la Terre (▷ effet Lense-Thirring), conduisait à une dérive de la sonde dans la direction est-ouest, tandis que l’effet Einstein-de Sitter impliquait une dérive dans la direction nord-sud. Les résultats publiés en 2011 indiquent que la contribution due à l’effet Einstein-de Sitter est en accord avec la prédiction de la relativité générale, avec une précision de l’ordre de 1 %, la mesure de la contribution de l’entraînement des référentiels étant elle aussi compatible, mais moins précise (incertitude de l’ordre de 20 %).

  • [Search and Discovery] Gravity Probe B concludes its 50-year quest, Steven K. Blau, Physics Today 64 (2011) p. 14

245 gray [Gy] (angl. gray) Unité (symbole Gy) de dose absorbée par un corps soumis à un environnement radioactif, dans le Système International d’unités. C’est une unité dérivée, reliée aux unités de base par 1Gy ≡ 1m2 · s−2. Le gray a remplacé le rad dans le Système International d’unités en 1986.

246 grec Qualifie les astéroïdes situés au point de Lagrange L5 du système formé par le Soleil et un corps planétaire, en particulier Jupiter (▷ troyen).

247 Green (fonction de) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Green function) Solution d’une équation différentielle linéaire dont le terme source est égal à une distribution de Dirac. Par exemple, la solution \(G\left(\vec{r}-\vec{r}^{\prime}\right)\) de

\[\triangle G=\delta\left(\vec{r}-\vec{r}^{\prime}\right),\]

248 est une fonction de Green de l’équation de Laplace, dont l’allure précise dépendra de celui des conditions aux limites choisies. Une solution générale f de l’équation avec un terme source égal à \(S(\vec{r})\) est obtenue à partir de G par une convolution selon

\[f(\vec{r})=\iiint G\left(\vec{r}-\vec{r}^{\prime}\right) S\left(\vec{r}^{\prime}\right) d^3 \vec{r}^{\prime}.\]

249 Les fonctions de Green sont un outil fondamental de la physique permettant de résoudre de nombreuses équations aux dérivés partielles. En particulier, elles sont omniprésentes en théorie quantique des champs à la Feynman où elles sont connues sous le nom de propagateurs.

  • Elementary introduction to the Green’s function, R. C. Whitten & P. T. McCormick, American Journal of Physics 43 (1975) p. 541
  • The Green of Green Functions, Lawrie Challis & Fred Sheard, Physics Today 56 (2003) p. 41

251 Green–Ostrogradsky (théorème de) (angl. Green-Ostrogradsky theorem) Théorème reliant l’intégrale de la divergence d’un vecteur \(\vec{A}\) dans un volume \(\mathscr{V}\) au flux de ce vecteur calculé sur la surface \(\mathscr{S}\) délimitant ce volume. Il s’écrit

Description de l'image par IA : intégrale triple début souscript V majuscule de ronde fin scripts d en normal i en normal v en normal suscrire A majuscule avec flèche droite d cubique V majuscule égale intégrale de contour intégrale de contour début souscript S majuscule de ronde fin scripts suscrire A majuscule avec flèche droite opérateur point d suscrire S majuscule avec flèche droite point

252 On l’appelle aussi théorème de la divergence. Ce théorème intervient par exemple en électrostatique ou en mécanique, pour passer de la forme locale à la forme globale du théorème de Gauss.

253 grêle électrique Expérience d’électrostatique consistant à placer des boules de matériau isolant, par exemple en plastique, entre deux disques métalliques en vis-à-vis reliés chacun à une borne d’une machine électrostatique. Lorsque l’on actionne la machine, les disques se chargent électriquement avec des polarités opposées et les boules se mettent à s’agiter de manière spectaculaire, effectuant de rapides aller-retours de l’un à l’autre des disques. Cet effet s’explique par le fait qu’au contact de l’un d’entre eux, chaque boule acquiert une charge de même signe que le disque et se voit repoussée vers l’autre, au contact duquel sa charge électrique s’inverse, etc.

254 grille1. Électrode d’un tube à vide permettant d’accélérer les électrons émis depuis l’anode puis de les ralentir avant qu’ils n’atteignent la cathode. En modifiant le potentiel électrostatique auquel est porté la grille, on peut contrôler le courant qui traverse le dispositif. ►2. Par extension, électrode d’un transistor à effet de champ qui contrôle le passage du courant entre le drain et la source (▷ transistor à effet de champ).

255 Grossetête (Robert) Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(1175–1253) Savant et théologien anglais du Moyen Âge. Il s’intéressa notamment à plusieurs questions relevant de l’optique, menant des études expérimentales sur la réfraction de la lumière. Il proposa une explication de l’arc-en-ciel, très différente de l’explication moderne, mais dans laquelle pour la première fois la réfraction, plutôt que la réflexion, jouait un rôle majeur.

  • Robert Grosseteste on the Rainbow, Carl B. Boyer, Osiris 11 (1954) p. 247
  • Grosseteste and an Ancient Optical Principle, Colin M. Turbayne, ISIS 50 (1959) p. 467
  • Robert Grosseteste, Albumasar, and Medieval Tidal Theory, Edgar S. Laird, ISIS 81 (1990) p. 684

257 grossissement Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. angular magnification) Rapport α′/α entre la taille angulaire α′ de l’image formée par un système optique et celle α de l’objet vu sans celui-ci. C’est la grandeur pertinente pour exprimer la capacité d’un système optique à agrandir la taille apparente des objets observés. Pour un système afocal (par exemple une lunette astronomique), le grossissement est aussi appelé grandissement angulaire, et il est égal au rapport entre l’angle α′ que forment des rayons émergents et l’angle α des rayons incidents correspondants. Pour un système non afocal, le grossissement dépend de la distance d entre l’œil et l’objet, et on définit le grossissement commercial comme la valeur obtenue pour d = 25 cm (une valeur typique pour le punctum proximum).

  • [Premiers pas] Observez avec le bon grossissement, Emmanuel Beaudoin, Ciel et Espace 518 (2013) p. 82

259 groupe (angl. group) ▶ 1. Colonne de la classification périodique des éléments. Ces colonnes sont repérées par un nombre (usuellement écrit en chiffres romains) et une lettre. Les groupes sont ainsi numérotés ia, iia, iiib, ivb, vb, vib, viib, viii, ib, iib, iiia, iva, va, via, viia, viiia. Les éléments d’un même groupe ont des structures électroniques analogues et présentent souvent des propriétés chimiques similaires. ▶ 2. Un groupe \(\mathcal{G}\) est une structure algébrique consistant en un ensemble d’éléments muni d’une loi de composition interne * et qui vérifie les axiomes suivant :

  • — la loi est associative :
    \[\forall(a, b, c) \in \mathcal{G}^3,(a * b) * c=a *(b * c)~;\]
  • — il existe dans le groupe un élément neutre noté e, 0 ou 1 qui vérifie :
    \[\forall a \in \mathcal{G}, a * 1=1 * a=a~;\]
  • — tout élément admet un inverse :
    \[\forall a \in \mathcal{G}, \exists b, a * b=b * a=1.\]

261 On note fréquemment l’inverse de a par a−1.

262 Lorsque le groupe est commutatif, on utilise souvent le terme abélien et note plutôt la loi interne + et l’élément neutre 0. Il existe par ailleurs deux types de groupes assez distincts : ceux qui comportent un nombre dénombrable d’éléments et sont discrets voire finis, et ceux dont les éléments sont indénombrables, comme c’est le cas par exemple du groupe formé par les rotations dans le plan. Le paramètre α décrivant l’angle de la rotation peut dans ce cas prendre un ensemble continu de valeurs, et le groupe est dit continu. Les groupes jouent un rôle très important en physique car en plus de soustendre la plupart des structures algébriques que l’on y rencontre (▷ espace vectoriel, algèbre), ils sont fortement reliés à la notion de symétrie (▷ groupe de symétrie) et interviennent de ce fait dans tous les domaines de la physique. En particulier, les groupes discrets sont cruciaux en cristallographie et les groupes continus en physique quantique, relativité, matière condensée ou encore en physique des particules (par exemple dans la modélisation des interactions fondamentales, ▷ modèle standard, groupe de Lie).

  • Group Theory and Its Significance for Mathematics and Physics, George W. Mackey, Proceedings of the American Philosophical Society 117 (1973) p. 374
  • [Reference Frame] Group Theory : Who Needs It ?, Herman Feshbach, Physics Today 39 (1986) p. 7
  • The groups of wrath, The Mathematical Intelligencer 9 (1987) p. 29
  • [Dossier] Une révolution : les groupes, Tangente 96 (2004) p. 23

264 groupe de Lie Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. Lie group) Type particulier de groupe continu, c’est-à-dire contenant un nombre infini d’éléments qui peuvent être indexés par un ensemble de paramètres réels (ou complexes) prenant des valeurs continues. De manière symétrique, un groupe de Lie peut être défini comme une variété différentielle munie d’une structure de groupe : étant donnés deux points P et Q de la variété, repérés par deux n-uplets de nombres réels pour un groupe de Lie de dimension n, il existe une loi * et un point R, lui aussi associé à n coordonnées, tels que P * Q = R. Le groupe de Lie le plus simple est la droite réelle munie de l’addition. Comme toutes les variétés, les groupes de Lie peuvent toutefois avoir des topologies plus compliquées. Par exemple, le cercle unité, où chaque point est repéré par un angle, muni de la loi d’addition des angles, constitue aussi un groupe de Lie.

265 Les groupes de Lie sont souvent associés à des symétries continues (ce sont alors des groupes de symétrie), le premier exemple que nous venons de donner étant équivalent au groupe des translations unidimensionnelles et le deuxième à celui des rotations dans un plan. Chaque point d’abscisse x de la droite réelle correspond ainsi à une translation d’amplitude x, et chaque point du cercle d’angle θ à une rotation d’un même angle. Ces deux groupes ont de plus la particularité d’être localement semblables (un morceau de cercle vu de très près ressemble à un segment de droite), ce qui se traduit dans le cadre des groupes de Lie par le fait qu’ils ont le même espace tangent, lequel est nommé algèbre de Lie. En raison de leur lien très fort avec la notion de symétrie, les groupes de Lie sont omniprésents dans la physique moderne, de la mécanique quantique (le groupe des rotations est par exemple intimement relié à la notion de moment cinétique), à la physique des particules (▷ groupe de Lorentz, modèle standard) en passant par la matière condensée.

  • On the development of Lie group theory, A. Borel, The Mathematical Intelligencer 2 (1980) p. 67
  • Jacobi and the birth of Lie’s theory of groups, Thomas Hawkins, Archive for history of exact sciences 42 (1991) p. 187
  • The birth of Lie’s theory of groups, Thomas Hawkins, The Mathematical Intelligencer 16 (1994) p. 6
  • Lie groups for atomic shells, B.R. Judd, Physics Reports 285 (1997) p. 1

267 Groupe local (angl. Local Group) Nom donné au groupe d’environ 30 galaxies auquel appartient la Voie lactée et dont les deux autres membres les plus importants sont la galaxie d’Andromède (aussi nommée M31) et la galaxie du Triangle (M33). Autour de la Voie lactée et d’Andromède gravitent diverses galaxies plus petites, les principaux compagnons de notre galaxie étant les deux nuages de Magellan. Ensemble, la Voie lactée, Andromède et leurs divers proches compagnons semblent représenter 99 % de la masse totale du Groupe local, laquelle est estimée à environ un milliard de fois la masse du Soleil, pour un diamètre de quelques millions d’années-lumière. Andromède et la Voie lactée étant les deux composantes dominantes, le centre de gravité du Groupe local est situé sur la droite les joignant à environ un million d’années-lumière de nous. Comme la plupart des amas de galaxies, le Groupe local fait partie d’un super-amas : le superamas de la Vierge, dit aussi Superamas local.

268 groupe de Lorentz (angl. Lorentz group) Groupe, au sens mathématique du terme, formé par les changements de référentiel inertiel compatibles avec les principes de la théorie de la relativité restreinte, notamment l’invariance de la vitesse de la lumière dans le vide. Son équivalent en physique newtonienne, où le temps est supposé absolu, est le groupe de Galilée. Le groupe de Lorentz, dans sa définition la plus générale, contient les transformations de Lorentz pures, dits boosts, les changements de coordonnées par rotation, l’inversion de la flèche du temps, l’inversion droite/gauche, ainsi que les composées de ces opérations. Si on lui ajoute les translations spatiotemporelles, on obtient le groupe de Poincaré, dont il est un sous-groupe. Une transformation de Lorentz qui n’inverse pas le sens du temps est dite orthochrone, et une qui n’inverse pas l’orientation de l’espace est dite propre. Les transformations orthochrones et propres formant elles-même un groupe, c’est parfois ce dernier que l’on nomme groupe de Lorentz. Quand on veut le distinguer du groupe plus général défini ci-dessus, on le nomme groupe de Lorentz restreint. En termes plus techniques le groupe de Lorentz est un groupe de Lie non-compact et non-connexe de dimension 6 souvent noté O(1, 3), et qui peut être défini comme l’ensemble des transformations linéaires qui laissent invariante la forme quadratique de signature (+,−,−,−) (▷ métrique de Minkowski). Le groupe de Lorentz restreint est quant à lui noté SO+(1, 3).

269 groupe de Poincaré (angl. Poincaré group) Groupe de symétrie de l’espace-temps de Minkowski constitué du groupe de Lorentz et de celui des translations spatiotemporelles. Pour un espace-temps quadri-dimensionnel, il s’agit d’un groupe de Lie non-compact de dimension 10 (4 degrés de liberté pour les translations et 6 pour le groupe de Lorentz). Dans le cadre du modèle standard de la physique des particules, à toute particule élémentaire est associée une représentation irréductible du groupe de Poincaré, lesquelles sont indexées par les valeurs de la masse et du spin des particules en question (opérateur de Casimir, vecteur de Pauli-Lubanski). On l’appelle parfois groupe de Lorentz inhomogène.

270 groupe de renormalisation Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. renormalization group) Groupe (au sens mathématique) formé par les transformations de renormalisation, qui consistent à exprimer les paramètres de la modélisation d’une situation physique à une certaine échelle en fonction des paramètres à une échelle plus petite (▷ renormalisation). Ce groupe est en fait un semi-groupe car toutes les transformations de ce type n’admettent pas un inverse.

  • Teaching the renormalization group, Humphrey J. Maris & Leo P. Kadanoff, American Journal of Physics 46 (1978) p. 652
  • [Nobel Lecture] The renormalization group and critical phenomena, Kenneth G. Wilson, Reviews of Modern Physics 55 (1983) p. 583
  • Le groupe de renormalisation, Rémi Jullien, Bulletin de l’Union des Physiciens 78 (1983) p. 1177
  • Renormalization group theory : Its basis and formulation in statistical physics, Michael E. Fisher, Reviews of Modern Physics 70 (1998) p. 653

272 groupe de symétrie Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. symmetry group) Groupe formé par l’ensemble des transformations qui laissent invariant un objet ou système physique, muni de la loi de composition. L’étude des représentations de ce groupe simplifie grandement celle du problème physique initial. Cette approche est omniprésente en physique moderne, étant par exemple particulièrement importante en physique quantique, en cristallographie, en physique des particules et en relativité générale (▷ groupe de Lorentz, groupe de Lie).

  • Mechanical Conservation Laws and the Physical Properties of Groups of Motions in Flat and Curved Space-Times, William R. Davis & Gerald H. Katzin, American Journal of Physics 30 (1962) p. 750

274 guide d’onde Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. waveguide) Dispositif délimitant une région dans laquelle des ondes peuvent se propager, en particulier dans le cas d’ondes électromagnétiques. Les caractéristiques des ondes guidées sont différentes de celles qui se propagent dans une région infinie :

  • — leur relation de dispersion n’est pas linéaire et varie avec la géométrie du guide ;
  • — elles ne peuvent se propager que si leur fréquence est supérieure à une valeur seuil, de l’ordre de fsc/, où c désigne la vitesse de la lumière et la dimension transverse typique du guide.

276 Il existe plusieurs types de guides d’onde, dont les propriétés dépendent de la gamme de fréquences considérée. Dans le domaine s’étendant des ondes radio aux ondes submillimétriques, vers quelques THz, ces guides sont généralement des cavités délimitées par des cylindres conducteurs de section circulaire (guides d’onde circulaires) ou rectangulaires (guides d’onde rectangulaires), dans lesquels l’onde se propage à une vitesse différente selon sa fréquence. Ces guides d’onde sont des filtres passe-haut et utilisent la propriété de réflexion des ondes électromagnétiques à la surface des métaux. Ils sont employés dans le domaine micro-onde pour de nombreuses applications : dans les radars, les récepteurs en radioastronomie et la plupart des détecteurs fonctionnant dans cette gamme de fréquence. Pour donner une idée de leur taille, la dimension transversale du tube est de l’ordre de grandeur de la longueur d’onde des signaux que peut transporter le guide. En optique, le guidage est plutôt assuré par la réflexion totale entre deux milieux d’indices différents (▷ fibre optique).

  • Integrated optics and new wave phenomena in optical waveguides, P. K. Tien, Reviews of Modern Physics 49 (1977) p. 361
  • [Search and Discovery] Black-Hole Physics in an Electromagnetic Waveguide, Steven K. Blau, Physics Today 58 (2005) p. 19

278 Guldin (théorème de) (angl. Pappus-Guldin theorem) Théorème intervenant en mécanique dans la détermination de la position du centre de gravité de solides. Il dit que lorsque l’on fait subir à une courbe (ou à une surface) une rotation de 360 degrés autour d’un axe ne passant pas par cette courbe (ou surface), l’aire Sb (ou le volume Vb) balayée est égale à la longueur de la circonférence suivie par le centre de gravité multipliée par la longueur L (ou l’aire S ) de la courbe (ou du volume) :

\[S_b=2 \pi x_G L \text { ou } V_b=2 \pi x_G S,\]

279xG désigne la distance entre le centre de gravité de la courbe (ou de la surface) et l’axe de rotation choisi.

280 Gullstrand (formule de) (angl. Gullstrand formula) Formule donnant la vergence \(\mathcal{V}\) d’une association de deux systèmes optiques minces de même axe optique, de vergences \(\mathcal{V}_1 \text { et } \mathcal{V}_2\) et espacées d’une distance e, selon

\[\mathcal{V}=\mathcal{V}_1+\mathcal{V}_2-\frac{e \mathcal{V}_1 \mathcal{V}_2}{n},\]

281n désigne l’indice du milieu qui sépare les deux systèmes. Elle indique par exemple que la focale d’un doublet, une association de deux lentilles minces de focales \(f_1^{\prime} \text { et } f_2^{\prime}\) espacées d’une distance e et séparées par un milieu d’indice 1, vaut

\[\frac{1}{f^{\prime}}=\frac{1}{f_1^{\prime}}+\frac{1}{f_2^{\prime}}-\frac{e}{f_1^{\prime} f_2^{\prime}}\]

282 Le nom de cette formule honore Allvar Gullstrand (1862–1930), ophtalmologiste suédois qui obtint le prix Nobel de médecine en 1911.

283 Gunn–Peterson (effet) (angl. Gunn-Peterson effect ; Gunn-Peterson trough) Présence d’un creux dans le spectre des quasars les plus lointains, dû à l’absorption de leur rayonnement par l’hydrogène neutre qui existait avant la réionisation. Leur spectre diffère donc de celui des quasars les plus proches (typiquement ceux qui ont un décalage spectral z inférieur à 6), lesquels ne contiennent que certains pics d’absorption (▷ forêt de Lyman). Ce creux est situé à la longueur d’onde de la raie Lyman alpha dans le référentiel de l’absorbeur, c’est-à-dire à une longueur d’onde plus importante que celle de la même raie mesurée sur Terre, du fait du décalage vers le rouge. Cet effet fut prédit en 1965 par James Gunn (1938–) et Bruce A. Peterson, et fut confirmé en 2001 grâce au Sloan Survey. Il permet d’étudier l’état d’ionisation du milieu cosmologique à différentes époques du passé de l’Univers (▷ réionisation).

284 GW150914 Acronyme désignant le premier signal gravitationnel détecté directement le 14 septembre 2015 par les interféromètres gravitationnels ligo. Son nom provient des initiales de Gravitational Wave, onde gravitationnelle en anglais, et de la date, le 15-09-14 selon la numérotation américaine. Il fut émis il y a près de 1,3 milliards d’années lors de la coalescence de deux trous noirs d’environ 29 et 36 masses solaires. Sa détection constitua la première preuve directe de l’existence de trous noirs, notamment en système binaire, avant la publication d’images réalisées par l’Event Horizon Telescope. Au moment d’écrire cet ouvrage (mai 2023), on estime avoir détecté, avec un niveau de confiance suffisant, 90 signaux associés à des coalescences de binaires compacts, la majorité d’entre elles étant des binaires de trous noirs, et deux étant des binaires d’étoiles à neutrons (▷ onde gravitationnelle, LIGO, GW170817). ▷ voir encadré.

285 GW170817 Premier signal gravitationnel détecté par les interféromètres LIGO/Virgo dont la source n’était pas un système binaire de trous noirs, mais un système d’étoiles à neutrons. Possédant une contre-partie électromagnétique (▷ sursaut gamma), il est considéré comme un pas important dans la naissance de l’astronomie multimessagers (▷ multi-messagers), sans être le tout premier signal gravitationnel détecté. ▷ voir encadré.

286 Gy1. Symbole du gray, unité de dose absorbée. ►2. Dans la littérature anglosaxonne, abréviation de « gigayear » (milliard d’années).

GW150914

Le premier signal gravitationnel détecté directement, GW150914, a été observé par les deux interféromètres américains ligo, quelques jours à peine après la mise en service de la version avancée de ce télescope gravitationnel. D’une durée de 0,2 seconde, il fut perçu avec un léger décalage temporel par les deux détecteurs situés à 3000 km l’un de l’autre, ce qui confirma que sa célérité était celle de la lumière. Son amplitude de l’ordre de 10−21, qui était également celle des variations relatives de distance que provoqua son passage, et sa fréquence, qui évolua de 35 Hz à 150 Hz, témoignèrent du fait qu’il avait été émis lors des derniers instants de la coalescence d’un système binaire de trous noirs. Ceux-ci, situés à environ 1,3 milliards d’années-lumière de notre planète, avaient des masses initiales de 29 et 36 fois celle du Soleil. Les valeurs de ces masses, particulièrement importantes pour des trous noirs stellaires, soulevèrent de nombreuses questions sur l’origine de ces trous noirs, et ce d’autant plus que deux des trois événements suivants impliquaient également des trous noirs de masses semblables.
L’analyse du signal, en confrontation avec les prédictions de la relativité générale obtenues grâce à la relativité numérique et l’approche à un corps effectif (▷ problème à deux corps), permit de vérifier que le résultat de la fusion était un trou noir de Kerr d’une masse égale à 62 fois celle du Soleil. La différence entre cette valeur et la somme des masses des trous noirs initiaux signifiait qu’il y avait eu émission, sous forme de rayonnement gravitationnel, de l’équivalent énergétique de 3 masses solaires, avec une puissance maximale atteinte supérieure à 1049 W.
L’étude de ce signal gravitationnel et des suivants permit en outre de tester la validité de la relativité générale dans le régime des champs forts avec une précision inégalée. Celle du quatrième événement, GW170814, prouva notamment le caractère transverse des ondes gravitationnelles grâce au fait qu’il fut détecté non seulement par les deux interféromètres ligo, mais aussi par Virgo, ce qui rendit par ailleurs possible la localisation précise de la source. Le cinquième événement fut quant à lui le premier dont la source était un système binaire d’étoiles à neutrons (▷GW170817).

287 gyromagnétisme Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gyromagnetism) Nom générique donné aux effets couplant la rotation des corps et leur magnétisme : ▷ effet Barnett, effet Einstein-de Haas.

  • Theoretical Predispositions in Experimental Physics : Einstein and the Gyromagnetic Experiments, 1915-1925, Peter Galison, Historical Studies in the Physical Sciences 12 (1982) p. 285

289 gyromètre Description de l'image par IA : Pile de livres empilés.

(angl. gyrometer) Appareil destiné à mesurer la rotation d’un système. Les gyromètres ont longtemps été constitués de gyroscopes mécaniques. On préfère aujourd’hui les gyromètres optiques, dont le fonctionnement repose sur l’effet Sagnac.

  • The ring laser gyro, W. W. Chow, J. Gea-Banacloche et al., Reviews of Modern Physics 57 (1985) p. 61

291 gyroscope (angl. gyroscope) ▶ 1. Dispositif mécanique en rotation autour d’un axe, monté sur un support pouvant pivoter librement. En l’absence de couple appliqué, l’axe de rotation garde une orientation fixe dans l’espace. C’est cette propriété que recherchait Léon Foucault (1819–1868) quand il inventa ce dispositif en 1852, pour mesurer la rotation de la Terre et confirmer un résultat qu’il avait déjà obtenu autrement (▷ pendule de Foucault). Lorsqu’un couple est appliqué au gyroscope, l’axe de rotation suit un mouvement de précession (▷ effet gyroscopique). Les gyroscopes ont longtemps été utilisés pour indiquer une direction fixe et mesurer la rotation d’un système (avion, bateau) par rapport à cette direction, mais on leur préfère maintenant les dispositifs optiques (▷ gyromètre). En revanche, ils sont toujours utilisés pour stabiliser l’alignement d’un système dans une direction fixée (par exemple dans les stabilisateurs anti-roulis de certains bateaux). ▶ 2. De façon plus générale, nom donné à tout dispositif permettant de mesurer la rotation d’un corps autour d’un axe de référence. On peut réaliser un gyroscope optique en utilisant l’effet Sagnac.

  • Resolution analysis of gyroscopic motion, Harry Soodak & Martin S. Tiersten, American Journal of Physics 62 (1994) p. 687
  • Fiber Optic Gyroscopes : Light is Better, W.K. Burns, Optics and Photonics News 9 (1998) p. 28
  • Gyroscope precession and general relativity, Barry R. Holstein, American Journal of Physics 69 (2001) p. 1248
  • Misconceptions about gyroscopic stabilization, Patric Müller, Achim Sack et al., American Journal of Physics 88 (2020) p. 175

GW170817

Détecté le 17 août 2017 par les interféromètres LIGO/Virgo, ce signal gravitationnel fut le premier à avoir pour source la coalescence d’objets matériels, à savoir un système binaire d’étoiles à neutrons. Cette différence, notamment par rapport à GW150914, se traduisit, entre autres, par un train d’onde gravitationnel dont la durée fut bien plus longue, environ 100 secondes à comparer à moins d’une seconde, et dont la fin était très distincte, en raison de l’absence d’horizons (▷ horizon).
Les étoiles à neutrons ayant une surface physique et pouvant être déformées, voire détruites, leur fusion s’accompagne d’émissions électromagnétiques très intenses, en particulier en rayonnement gamma. L’événement GW170817 fut ainsi observé environ deux secondes avant GRB 170817A, un sursaut gamma court, détecté par le télescope spatial FERMI. La détection conjointe de rayonnements électromagnétiques et gravitationnels marqua une étape importante pour l’astronomie multi-messagers, et ce d’autant plus que 70 télescopes (dont 7 spatiaux) furent impliqués dans l’étude électromagnétique, à travers tout le spectre et bien après que le signal gravitationnel ait disparu.
Grâce à l’ensemble des données recueillies on put rapidement déterminer que :
  • — les deux étoiles à neutrons avaient des masses de l’ordre de 0,86 à 2,26 fois celle du Soleil, des valeurs classiques pour ce type d’astres, l’incertitude étant liée à celle sur leurs vitesses de rotation propres ;
  • — le système qu’elles formaient se trouvait à environ 130 millions d’années-lumière de la Terre, dans la galaxie NGC 4993 ;
  • — le résidu final a une masse de près de 2,74 masses solaires, si bien qu’il s’agit soit de l’étoile à neutrons la plus massive, soit du trou noir le plus léger connus. À ce jour (mai 2023), on estime qu’il y a probablement eu effondrement en un trou noir en quelques millisecondes.
Les premières analyses ont également permis de
  • — mettre des contraintes sur l’équation d’état de la matière dont les astres étaient constitués ;
  • — vérifier que la vitesse de propagation des ondes gravitationnelles est extrêmement proche, voire égale, à celle de la lumière, en accord avec les prédictions de la relativité générale ;
  • — tester des principes fondamentaux comme l’invariance de Lorentz locale et le principe d’équivalence ;
  • — mesurer d’une nouvelle manière la constante de Hubble ;
  • — valider la théorie selon laquelle la majeure partie des noyaux des éléments lourds, en particulier d’or, sont nés au cours de semblables fusions (▷ kilonova) ;
  • — mettre des contraintes sévères sur les modèles d’énergie noire en tant qu’explications de l’accélération de l’expansion de l’Univers.

Date de mise en ligne : 07/11/2024