Chapitre d’ouvrage

VI. L’astronomie en images

Pages 123 à 147

Citer ce chapitre


  • Nazé, Y.
  • et Proust, D.
(2021). VI. L’astronomie en images. Enquêtes d’astronomie (p. 123-147). Hermann. https://stm.cairn.info/enquetes-d-astronomie--9791037007278-page-123?lang=fr.

  • Nazé, Yaël.
  • et al.
« VI. L’astronomie en images ». Enquêtes d’astronomie, Hermann, 2021. p.123-147. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/enquetes-d-astronomie--9791037007278-page-123?lang=fr.

  • NAZÉ, Yaël
  • et PROUST, Dominique,
2021. VI. L’astronomie en images. In :
  • PROUST, Dominique
  • et NAZÉ, Yaël,
Enquêtes d’astronomie. Paris : Hermann. Hors collection, p.123-147. URL : https://stm.cairn.info/enquetes-d-astronomie--9791037007278-page-123?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Voir Yaël Nazé, Art et Astronomie, Omniscience, 2015.
  • [2]
    Cette classification se retient par la phrase mnémotechnique suivante : Oh ! Be A Fine Girl (Guy), Kiss Me!
  • [3]
    La magnitude visuelle d’une étoile, d’une planète ou de n’importe quel autre objet lumineux de l’Univers mesure la quantité de lumière reçue sur la Terre. Cette quantité est plus ou moins intense, de la même façon qu’une ampoule de 100 watts émet plus de lumière qu’une ampoule de 40 watts. L’astronome Hipparque, qui vivait au iie siècle avant notre ère, a établi un catalogue de 1 024 étoiles visibles à l’œil nu. En fonction de la « grandeur » de leur éclat, il les classa en six catégories, de la plus brillante (1re grandeur) à la plus faible (6e grandeur). De nos jours, le terme de magnitude visuelle remplace celui de grandeur, mais le principe reste le même. Dans cette échelle, une étoile de magnitude n est 2,5 fois plus brillante qu’une étoile de magnitude n+1 : ce rapport s’appelle en mathématique une échelle logarithmique. Ainsi, une étoile de magnitude 1 est 2,5 fois plus brillante qu’une étoile de magnitude 2 ; elle est 2,5 × 2,5 (= 6,25) fois plus brillante qu’une étoile de magnitude 3, et ainsi de suite. Une étoile de magnitude n est donc cent fois plus brillante qu’une étoile de magnitude n + 5. Par convention, les astronomes ont attribué à l’étoile Véga de la constellation de la Lyre la magnitude 0 (zéro), si bien que les astres plus brillants que Véga ont des magnitudes négatives.
  • [4]
    Le temps universel (TU) est l’heure au méridien de Greenwich ; la France est à TU+1 en hiver et à TU+2 en été. On ne peut que regretter cette dernière heure d’été qui fait vivre la France au rythme de l’Europe centrale, sachant que le méridien de Greenwich (qui a succédé au méridien de Paris par la faute de Napoléon Ier) passe à proximité de la ville de Lourdes.
  • [5]
    Ceci pour une caméra CCD classique. Dans certains domaines, comme les rayons X, c’est un peu différent : on enregistre chaque photon, chaque « grain de lumière » et le tableau indique pour chacun sa position et son énergie. Dans l’infrarouge, le visible ou l’ultraviolet, le détecteur reçoit trop de photons en même temps et enregistre donc simplement leur quantité.
  • [6]
    Les observatoires ne diffusent en effet pas uniquement des images réelles, mais aussi des graphiques et des « vues d’artiste » qui permettent d’imaginer à quoi peut ressembler un astre, suivant le modèle élaboré par les astronomes. Ainsi, les superbes images d’exoplanètes, avec coucher de soleil(s), nuages, océan, etc. demeurent des œuvres picturales, les meilleures images actuelles de ce type d’objet ne montrant encore que de faibles taches indistinctes.
  • [7]
    La seule exception notable dans ce domaine est le « Hubble Heritage ». Il s’agit d’un projet, lancé par un groupe de chercheurs du Space Telescope Science Institute, visant à obtenir des images d’objets célèbres avec le télescope spatial Hubble. Toutefois, le temps nécessaire au projet n’était pas pris sur le temps mis en compétition pour les scientifiques, il provenait de la réserve du directeur, un peu de temps dont le chef de projet disposait à sa guise. Ensuite, si le but était d’avoir de « belles » images, les chercheurs n’avaient pas négligé la science, en choisissant avec soin les filtres utilisés et les régions-cibles. Les données étaient en outre disponibles immédiatement pour tous, et ont ainsi conduit à de nombreuses publications scientifiques : la « perte » de temps fut minimale.
  • [8]
    La compétition est en effet forte entre les astronomes : typiquement, un projet sur six est rejeté, faute de place dans l’agenda.

L’astronomie est avant tout une histoire d’image. Le « regard tourné vers le ciel » est une expression qui a fait florès dans bon nombre d’œuvres littéraires ; elle souligne que c’est tout d’abord par l’œil, premier détecteur optique, que passe la connaissance des différents corps célestes, à commencer par leur mouvement apparent, leur couleur, puis les détails perceptibles permettant l’ébauche d’une interprétation astrophysique. D’autre part, l’œil permet aussi à l’artiste d’interpréter la voûte céleste suivant sa propre sensibilité. En astrophysique contemporaine, l’œil a depuis longtemps été remplacé par des détecteurs numériques, placés au foyer des grands télescopes. Ils mettent en évidence aussi bien l’activité chromosphérique d’une étoile, que la présence de planètes en révolution dans son environnement. Mais au final, l’astronome interprète quand même ses données en les regardant (à l’œil, donc), et c’est aussi par ce biais qu’il transmet ses découvertes au plus grand nombre. Dans ce chapitre, nous évoquons d’abord la relation picturale entre le ciel et les tableaux, notamment les célèbres représentations de Van Gogh, puis dans une seconde partie, nous détaillons la « cuisine astronomique » aboutissant aux images astronomiques les plus spectaculaires, sans oublier que derrière l’esthétique se cache toujours l’information scientifique.
Beaucoup de peintres ont trouvé l’inspiration dans l’observation du ciel et ont représenté celui-ci, soit avec précision, soit en exprimant leur imaginaire – mais le plus souvent en mélangeant les deux aspects…


Date de mise en ligne : 10/03/2025

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