8. Stratégie thérapeutique
Pages 77 à 86
Citer ce chapitre
- FOURNIER, Véronique
- et FOUREUR, Nicolas,
- Fournier, Véronique.
- et al.
- Fournier, V.
- et Foureur, N.
Citer ce chapitre
- Fournier, V.
- et Foureur, N.
- Fournier, Véronique.
- et al.
- FOURNIER, Véronique
- et FOUREUR, Nicolas,
Notes
-
[1]
Sonde que l’on passe par le nez et qui descend dans l’estomac, par laquelle on nourrit le patient. Technique efficace mais que l’on ne peut pas poursuivre sur le long terme. C’est pourquoi, lorsqu’il faut continuer plus longtemps une alimentation artificielle, se pose l’indication d’une sonde directement introduite dans l’estomac, par voie chirurgicale, grâce à une petite incision cutanée, sonde que l’on appelle : sonde de gastrostomie.
-
[2]
Notons que les médecins ne sont pas les seuls à répondre parfois à une interrogation éthique, en recourant à leur expertise principale plutôt qu’à un raisonnement éthique. Il arrive aux juristes également de répondre à une question éthique, en se retranchant derrière la loi, plutôt qu’en se confrontant à la dimension éthique de la question posée. C’est un risque pour tout un chacun en éthique clinique que de répondre à travers son expertise disciplinaire plutôt qu’en éthique. Particulièrement quand la question posée met mal à l’aise. Il faut en être conscient et savoir le repérer.
-
[3]
Le terme « éthique » est à nouveau utilisé ici au sens de la note p. 24.
À entendre la question posée à propos de Solange, on pourrait penser que l’éthique n’a rien à faire là-dedans, que c’est une discussion strictement médicale et que c’est aux médecins de Solange de s’entendre entre eux pour déterminer la meilleure stratégie thérapeutique à adopter pour elle : poser ou non une gastrostomie ? Lorsque la discussion qui vient devant un collectif d’éthique clinique est comme ici très médicale, avec des enjeux médicaux aussi complexes et incertains, il y a un risque qu’elle se cantonne à une évaluation purement médicale des bénéfices/risques du traitement discuté et qu’elle se déroule principalement entre médecins. Les non-médecins peuvent en effet se sentir désemparés et peu légitimes à exprimer une opinion, puisqu’ils n’ont pas les clés du raisonnement médical. Quant aux médecins présents, ils peuvent être tentés de raisonner médecine, et non éthique, simplement parce que le raisonnement médical leur est plus familier que le raisonnement éthique.
Ce serait une erreur que de laisser la discussion s’engager dans ce sens, face à la question posée. Si la consultation d’éthique a été saisie, ce n’est pas pour donner un avis médical, mais un avis éthique. Concernant l’avis médical, les médecins de Solange sont mieux placés que quiconque pour savoir quoi décider. S’ils en appellent à l’éthique clinique, c’est que leur questionnement éthique tient à la singularité de leur patiente, non pas tant sur le plan médical, que social, familial, et de son histoire de vie en général…
Date de mise en ligne : 10/05/2022
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
18,98 €