Premier chapitre. Qu'est-ce que le « vivant » ?
- Sous la direction de Catherine Jessus
Pages 31 à 80
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- Sous la direction de Jessus, C.
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Notes
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[1]
« Natura nus quam magis est tota quam in minimis », rappelé par Stephen Jay Gould en préface de son livre The Panda’s Thumb: More Reflections in Natural History (1980).
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[2]
Production de matière organique à partir d’une source d’énergie (lumière, gaz méthane, etc.) et de composés inorganiques (O2, CO2, H2O ).
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[3]
On connait maintenant 5 familles distinctes de virus géants (Abergel et al., 2015).
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[4]
Si l’on veut bien oublier, le temps de cet argument, l’existence de bizarreries comme certaines amibes (amoeba dubia) dont le génome, gonflé de répétitions, peut atteindre 200 fois la taille de celui de l’espèce humaine !
Les mots mêmes de « vie » ou « vivant », a priori évidents dans leur sens usuel, restent pour les chercheurs difficiles à définir en toute généralité, et impossible à confiner à l’intérieur d’une boîte délimitée par plusieurs critères rigoureux, sans qu’au moins quelques exemples extrêmes ne fassent exception. Tout en étant subtilement différentes et empruntant parfois leur terminologie à des disciplines distinctes (biologie, physico-chimie, théorie de l’information, etc.), la plupart des définitions d’un processus (ou d’un système) « vivant » évoquent à titre divers trois propriétés : l’auto-organisation d’édifices macromoléculaires complexes, la mobilisation de l’énergie nécessaire à la maintenance de cette organisation à partir de l’environnement (un « métabolisme* »), la capacité à se reproduire ou se multiplier plus ou moins à l’identique. Ainsi, auto-organisation, métabolisme et reproduction seraient les « piliers » caractéristiques de tout être vivant. Cette définition est le résultat d’un long processus historique, qui a forcé les biologistes de chaque époque à redéfinir le vivant et ce qui le caractérise au fur et à mesure du progrès de leur connaissance.
Paradoxalement, définir de la manière la plus générale et consensuelle possible le « vivant » est une préoccupation qui concerne davantage les physiciens, chimistes ou exobiologistes (voir encadré) qui cherchent à en recréer les comportements, ou à en détecter la signature, que les biologistes eux-mêmes. En effet, ceux-ci ne sont – pour l’instant – confrontés qu’à des organismes vivants terrestres constitués d’un socle étonnamment commun de composants moléculaires (acides nucléiques, protéines, lipides), chacun dédié à une fonction principale spécifique : la préservation et la manipulation de l’information pour les acides nucléiques, l’organisation structurale et la catalyse biochimique pour les protéines, la délimitation spatiale de compartiments pour les lipides…
Date de mise en ligne : 03/10/2024
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