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Chapitre 11. François Dagognet et l’idée d’une théorie générale des formes

Pages 167 à 176

Citer ce chapitre


  • Parrochia, D.
(2019). Chapitre 11. François Dagognet et l’idée d’une théorie générale des formes. Dans
  • B. Bensaude-Vincent,
  • J. Braunstein
  • et J. Gayon
François Dagognet : Philosophe, épistémologue (p. 167-176). Éditions Matériologiques. https://doi.org/10.3917/edmat.bensa.2019.01.0167.

  • Parrochia, Daniel.
« Chapitre 11. François Dagognet et l’idée d’une théorie générale des formes ». François Dagognet Philosophe, épistémologue, Éditions Matériologiques, 2019. p.167-176. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/francois-dagognet--9782373611946-page-167?lang=fr.

  • PARROCHIA, Daniel,
2019. Chapitre 11. François Dagognet et l’idée d’une théorie générale des formes. In :
  • BENSAUDE-VINCENT, Bernadette,
  • BRAUNSTEIN, Jean-François
  • et GAYON, Jean,
François Dagognet Philosophe, épistémologue. Paris : Éditions Matériologiques. Sciences & philosophie, p.167-176. DOI : 10.3917/edmat.bensa.2019.01.0167. URL : https://stm.cairn.info/francois-dagognet--9782373611946-page-167?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/edmat.bensa.2019.01.0167


Notes

  • [1]
    Il s’agit de Sciences de la vie et de la culture : textes choisis et présentés par F. Dagognet, Hachette, 1953 ; Philosophie biologique, PUF, 1962 ; La Raison et les remèdes. Essai sur l’imaginaire et le réel dans la thérapeutique contemporaine, PUF, 1964 ; Gaston Bachelard : sa vie, son œuvre, avec un exposé de sa philosophie, PUF, 1965 ; Méthodes et doctrine dans l’œuvre de Pasteur, PUF, 1967 ; Tableaux et langages de la chimie, Seuil, 1969 ; Le Catalogue de la vie. Étude méthodologique sur la taxinomie, PUF, 1970 ; Des révolutions vertes. Histoire et principes de l’agronomie, Hermann, 1973 ; Écriture et iconographie, Vrin, 1973.
  • [2]
    F. Dagognet, La Raison et les remèdes, op. cit., p. 2.
  • [3]
    Voir M. Halbwachs, Morphologie sociale, Armand Colin, 1938, rééd. Armand Colin, 1970.
  • [4]
    F. Dagognet, Pour une théorie générale des formes, op. cit., p. 12-13.
  • [5]
    J. Hersch, L’Être et la forme, La Baconnière, 1946.
  • [6]
    Les motifs de ce rejet sont seulement suggérés. Il semble que l’auteur n’adhère pas à ce fixisme des formes, non plus qu’à la conception théologico-métaphysique de l’art qu’il sous-tend.
  • [7]
    R. Thom, Stabilité structurelle et morphogenèse, New York, W. Benjamin, 1972. Un deuxième tirage était paru en 1974. Il y eut ensuite une seconde édition, révisée chez InterÉditions, en 1977.
  • [8]
    Il faut savoir gré à Alain Boutot d’avoir clarifié la présentation des travaux de Thom dans L’Invention des formes, Odile Jacob, 1993, p. 30 sq.
  • [9]
    Lorsqu’on abandonne l’idée que le champ dérive d’un potentiel, on étend considérablement l’éventail des possibilités offertes à l’état interne du système dynamique qui n’est plus contraint de suivre les pentes du potentiel en direction d’un minimum local. II peut exister par exemple des orbites périodiques, des oscillations régulières des variables internes qui repassent indéfiniment par les mêmes valeurs. Les catastrophes dites métaboliques sont donc d’une complexité qui dépasse de beaucoup les catastrophes statiques élémentaires obtenues à partir de simples potentiels. Comme le remarquait Ivar Ekeland, dès 1977, on n’était pas capable « de compléter la liste des sept catastrophes élémentaires de manière à bâtir un catalogue de composants auxquels se ramèneraient toutes les catastrophes métaboliques » (« La théorie des catastrophes », La Recherche, 8, 81, 1977, p. 745-754). La découverte des attracteurs étranges et l’étude approfondie des systèmes chaotiques devaient remettre définitivement en question la perspective déterministe de Thom.
  • [10]
    F. Dagognet, Pour une théorie générale des formes, op. cit., p. 9.
  • [11]
    Ibid., p. 14.
  • [12]
    En effet, si les formes sont mathématisables, on ne voit pas pourquoi certaines échapperaient à cette mathématisation. Si elles ne le sont pas, on ne voit pas pourquoi certaines auraient quand même des propriétés mathématiques.
  • [13]
    F. Dagognet, Pour une théorie générale des formes, op. cit., note 1, p. 9.
  • [14]
    F. Dagognet, Pour une théorie générale des formes, op. cit., p. 105.
  • [15]
    Ibid. p. 106.
  • [16]
    Ibid. p. 133.
  • [17]
    F. Dagognet, Une épistémologie de l’espace concret, néo-géographie, Vrin, 1977, p. 16.
  • [18]
    F. Dagognet, Faces, surfaces, interfaces, Vrin, 1982, p. 18.
  • [19]
    Lorsqu’il apparaît par hasard, comme, par exemple, dans F. Dagognet & P. Pignarre, 100 mots pour comprendre les médicaments, Les Empêcheurs de penser en rond, 2005, p. 141-142, le mot « forme » est associé à l’expression « forme galénique » et n’a évidemment plus rien à voir avec la « théorie générale des formes » ou même la « morphologie générale » qui, du reste, ne sont pas mentionnées dans le contexte.
  • [20]
    De nombreuses « tensions » existent cependant entre l’épistémologue des classifications (qui les encense), l’amoureux de l’art contemporain (qui vise à les annuler) et le philosophe de la pensée morale et politique (qui sait nombre de situations « troubles »).

L’ouvrage de François Dagognet intitulé Pour une théorie générale des formes paraît chez Vrin en 1975. À cette date, Dagognet a déjà publié neuf ouvrages. À la différence des précédents, assez spécialisés, le dernier d’entre eux – Écriture et Iconographie – publié deux ans auparavant, amorçait un mouvement de généralisation et d’abstraction qui sera poursuivi et amplifié dans Pour une théorie générale des formes. On peut alors considérer ce dernier texte de deux points de vue : la transposition d’un projet ancien sur un terrain nouveau – plus socio-politique, comme on va le voir ; l’annonce d’un programme dont il s’agira évidemment de savoir s’il a été ou non rempli. D’où le plan très simple de cet exposé : 1) Le projet d’une théorie générale des formes ; 2) L’avenir de cette théorie.
Que recouvre le projet d’une « théorie générale des formes » ? On peut dire, bien sûr, qu’il s’inscrit dans la tâche fixée par Dagognet à la philosophie dès La Raison et les remèdes, et qui consiste à la fois à s’attacher à la multiplicité foisonnante des existences, tout en concentrant ces édifications et en dégageant leur signification et leur rationalité. Mais, concrètement, de quoi s’agit-il ici ? À regarder le début du livre, la réponse n’est pas évidente. On y chercherait en vain, en effet, une définition quelconque du mot « forme ». Dagognet, ailleurs pourtant si familier des étymologies, n’évoque ici ni la notion d’« eidos », ni celle de « morphè ». Il ne fait nulle référence au courant des idées morphologiques qui s’était installé en biologie depuis J…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

https://doi.org/10.3917/edmat.bensa.2019.01.0167

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