Chapitre d’ouvrage

Trous noirs et distorsions spatio-temporelles

Pages 96 à 101

Citer ce chapitre


  • Luminet, J.-P.
(2011). Trous noirs et distorsions spatio-temporelles. Illuminations : Cosmos et esthétique (p. 96-101). Odile Jacob. https://stm.cairn.info/illuminations--9782738125620-page-96?lang=fr.

  • Luminet, Jean-Pierre.
« Trous noirs et distorsions spatio-temporelles ». Illuminations Cosmos et esthétique, Odile Jacob, 2011. p.96-101. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/illuminations--9782738125620-page-96?lang=fr.

  • LUMINET, Jean-Pierre,
2011. Trous noirs et distorsions spatio-temporelles. In : Illuminations Cosmos et esthétique. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.96-101. URL : https://stm.cairn.info/illuminations--9782738125620-page-96?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Extrait d’une conférence donnée le 23 juillet 2007 à Ajaccio, lors du colloque « L’homme-particules, cycle Science et Humanisme ».

Le concept d’astre invisible a été imaginé par deux astronomes de la fin du xviiie siècle, John Michell (1783) et Pierre Simon de Laplace (1796). Dans le cadre de la théorie de l’attraction universelle élaborée par Newton, ils s’étaient interrogés sur la possibilité qu’il puisse exister dans l’Univers des astres si massifs que la vitesse de libération à leur surface puisse dépasser la vitesse de la lumière. La vitesse de libération est la vitesse minimale avec laquelle il faut lancer un objet pour qu’il puisse échapper définitivement à l’attraction gravitationnelle d’un astre. Si elle dépasse la vitesse de la lumière, l’astre est nécessairement invisible, puisque même les rayons lumineux resteraient prisonniers de son champ de gravité.
Michell et Laplace avaient donc décrit le prototype de ce qu’on appellerait beaucoup plus tard (en 1968) un « trou noir », dans le cadre d’une autre théorie de la gravitation (la relativité générale). Ils avaient cependant calculé les bons « ordres de grandeur » caractérisant l’état de trou noir. Un astre ayant la densité moyenne de l’eau (1 g/cm3) et une masse de dix millions de fois celle du Soleil serait invisible. De tels corps sont aujourd’hui nommés « trous noirs supermassifs ». Les astronomes soupçonnent leur existence au centre de pratiquement toutes les galaxies (bien qu’ils ne soient pas constitués d’eau !). Plus communs encore seraient les « trous noirs stellaires », dont la masse est de l’ordre de quelques masses solaires et le rayon critique (dit rayon de Schwarzschild) d’une dizaine de kilomètres seulement…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

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