Chapitre d’ouvrage

Introduction

Pages 13 à 23

Citer ce chapitre


  • Bahuchet, S.
(2017). Introduction. Les Jardiniers de la nature (p. 13-23). Odile Jacob. https://stm.cairn.info/jardiniers-de-la-nature--9782738139085-page-13?lang=fr.

  • Bahuchet, Serge.
« Introduction ». Les Jardiniers de la nature, Odile Jacob, 2017. p.13-23. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/jardiniers-de-la-nature--9782738139085-page-13?lang=fr.

  • BAHUCHET, Serge,
2017. Introduction. In : Les Jardiniers de la nature. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.13-23. URL : https://stm.cairn.info/jardiniers-de-la-nature--9782738139085-page-13?lang=fr.

Notes

  • [1]
    « Ethnobotany », Harshberger, 1896 ; « zooculture », McGee, 1897 ; « aboriginal zoötechny », Mason, 1899 ; « ethnozoology », Henderson & Harrington, 1914 ; « ethnoecology », Conklin, 1954.
  • [2]
    Cf. Lewis Morgan (1818-1881), l’un des tout premiers anthropologues modernes, et ses ouvrages League of the Iroquois (1851) et Ancient Society (1877). Voir Barnard, 2000.
  • [3]
    Sorre, 1943-1952.
  • [4]
    Lévi-Strauss, 1962 ; Descola, 2005.
  • [5]
    Pour désigner l’espèce Homo sapiens, sans distinction de sexe, il est quelquefois d’usage d’écrire « Homme » avec une majuscule, cependant dans cet ouvrage, j’ai opté pour la graphie ordinaire « homme », neutre et n’impliquant aucun caractère sexiste.
  • [6]
    Au cours du Sommet de la Terre sont approuvés : trois conventions (la CDB, la Convention-cadre sur les changements climatiques et la Convention sur la lutte contre la désertification), le programme de travail Agenda 21, ainsi qu’une déclaration sur la gestion, la conservation et le développement durable des forêts.
  • [7]
    Le zoologue Edward O. Wilson, l’un des créateurs du concept, donne la définition suivante de la biodiversité, abréviation de « diversité biologique » : c’est « la diversité des organismes considérée à tous les niveaux, depuis les variants génétiques appartenant à la même espèce jusqu’aux gammes des espèces et aux gammes des genres, familles, et des catégories taxinomiques de plus haut niveau. Elle comprend également la diversité des écosystèmes, lesquels sont constitués à la fois de la communauté des organismes vivant au sein d’habitats particuliers et de l’ensemble des conditions physiques qui y règnent » (Wilson, 1993, p. 454). Autrement dit, la diversité biologique, c’est « le total des gènes, des espèces et des écosystèmes sur la terre » (McNeely et al., 1990). La diversité biologique s’exprime à trois niveaux : la diversité génétique (c’est-à-dire entre les individus appartenant à la même espèce), la diversité spécifique (la diversité des organismes vivants, y compris les micro-organismes) et la diversité des écosystèmes (c’est-à-dire les ensembles que compose l’association d’espèces différentes).
  • [8]
    En examinant les fossiles des temps géologiques, les paléontologues ont pu reconnaître plusieurs périodes au cours desquelles des groupes zoologiques entiers disparurent, par exemple les ammonites ou bien les fameux dinosauriens, c’est ce qu’on appelle les « crises d’extinction ». La période actuelle s’en distingue à la fois par la brièveté des phases d’extinction d’espèces, et sa cause anthropique, et non à cause d’événements climatiques cataclysmiques. (Cf Barnosky et al., 2011 ; Blandin, 2010 ; Leakey & Lewin, 1996.)

Requins tueurs, ours des montagnes, envahissement des côtes par les algues vertes, trafic de viande de cheval, destruction de la forêt équatoriale, il n’est pas une semaine sans que des thèmes touchant aux relations conflictuelles entre nos sociétés et les autres êtres vivants, ce que l’on nomme la diversité biologique, ne donnent lieu à des articles dans les journaux. Ils soulèvent inquiétude, agacement ou indifférence ; ils suscitent débats et empoignades entre activistes et décideurs, ou entre élus de différents partis politiques.
L’objectif de ce livre est d’offrir un regard différent sur ces oppositions tranchées, en montrant combien l’existence de l’espèce humaine, depuis ses origines lointaines jusqu’à aujourd’hui, est intimement liée à la diversité biologique, en quoi elle en dépend, et comment elle a interagi avec elle.
L’ethnoécologue que je suis a commencé sa vie de jeune chercheur en s’installant loin des routes, dans un campement pygmée au fond de la forêt africaine, pour comprendre l’intimité éternelle d’un groupe humain avec un écosystème remarquable. Il fallait être bien naïf pour oublier que les routes s’allongent, et que des endroits inaccessibles cessent de l’être à tout instant de la marche des siècles. Qu’il le veuille ou non, l’ethnologue, à mesure qu’il cesse d’être jeune, rencontre sur son chemin, au bout de la forêt, les effets de son propre monde, ce que l’on nomme curieusement « progrès », « modernisme » ou encore « développement ». Il observe l’érosion d’un système qu’il a connu, et reste perplexe sur les capacités de sursaut des habitants de son vieux campement…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

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