Chapitre d’ouvrage

Chapitre 5. Épices et condiments

Pages 199 à 217

Citer ce chapitre


  • Bahuchet, S.
(2017). Chapitre 5. Épices et condiments. Les Jardiniers de la nature (p. 199-217). Odile Jacob. https://stm.cairn.info/jardiniers-de-la-nature--9782738139085-page-199?lang=fr.

  • Bahuchet, Serge.
« Chapitre 5. Épices et condiments ». Les Jardiniers de la nature, Odile Jacob, 2017. p.199-217. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/jardiniers-de-la-nature--9782738139085-page-199?lang=fr.

  • BAHUCHET, Serge,
2017. Chapitre 5. Épices et condiments. In : Les Jardiniers de la nature. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.199-217. URL : https://stm.cairn.info/jardiniers-de-la-nature--9782738139085-page-199?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Les phytolithes sont des grains d’amidon contenus dans les cellules végétales ; leur forme est propre à un genre ou même à une espèce. Elles persistent après décomposition des plantes, et les archéologues les recherchent dans la terre des fouilles, mais surtout lorsqu’elles restent incrustées dans les ustensiles domestiques (poteries, pierres à moudre).
  • [2]
    En anglais : « garlic mustard ».
  • [3]
    Gingembre : Zingiber officinale ; curcuma : Curcuma longa ; pavot : Papaver somniferum.
  • [4]
    Ammeos : l’ajouan ou ammi de l’Inde ; Trachyspermum ammi : apiacée, une sorte de cumin.
  • [5]
    Voici la liste elle-même, avec les prix : « x livres d’amandes, xiii deniers la livre ; iii livres forment mondé, viii. deniers la livre ; une livre pouldre de gingonbre coulombin, ix. sols ; ung quarteron gingenbre mesche, v. sols ; demye livre canelle batue, v.sols ; ii. livres ris batu, ii. sols ; ii. livres succre en pierre, xvi. sols ; une once de saffren, iii . sols ; ung quarteron clou et graine entre, vi. sols, et demi quarteron poivre long, iii. sols ; demy quarteron garingal, v. sols ; demy quarteron matiz, iii. sols iiii. deniers ; demy quarteron feuille lorier vert, vi. deniers ; […] » ([Collectif], 1994).
  • [6]
    Bernabé Cobo (1582-1657) est un jésuite qui arrive à Lima en 1598 ; il restera toute sa vie au Pérou, et rédigera une volumineuse Histoire du Nouveau Monde, qui comporte de précieuses descriptions des plantes utiles. Son œuvre est publiée en 1653.
  • [7]
    Garcilaso de la Vega (1539-1616) est né de mère inca à Cuzco, où il reste jusqu’à ses 21 ans, en 1560 ; il quitte alors définitivement le Pérou pour s’établir en Espagne. Vers la fin de sa vie, il écrit son Commentaire royal ou l’Histoire des Yncas, dont le deuxième volume sera posthume.
  • [8]
    En escabèche, précise Cobo.
  • [9]
    Rocoto est le nom actuel de l’une des espèces consommées au Pérou, Capsicum pubescens.
  • [10]
    Garcilaso : « Et voila pourquoy en leurs jeusnes les plus rigoureux, ils en fouloient deffendre l’vsage, afin de se priuer volontairement d’vne chose, à laquelle ils prenoient tant de plaisir, & dont le goust leur estoit si agreable, […]. »
  • [11]
    Bernardino de Sahagún (1499-1590), frère franciscain, arrive en Nouvelle-Espagne en 1529, où il résidera jusqu’à sa mort. Il réalise un énorme recueil de la culture aztèque, rédigé à la fois en espagnol et en nahuatl, dont le manuscrit connu sous le nom de Codex florentinus est illustré de plus de 2 000 dessins. La précision de ce travail lui vaut d’être considéré comme pionnier de l’anthropologie (cf. León-Portilla, 2009).
  • [12]
    Cité par Long-Solís (1998). Dans le vocabulaire du frère Alonso de Molina, 1571, on trouve : cococ « cosa que quema y abrasa la boca, asi como el axi, o pimienta &c. » ; cocociui « abrasarme la boca el axi o la pimienta &c. » ; cocopatic « cosa que quema mucho la boca ». Sahagún mentionne une plante médicinale « qui brûle comme le piment », nommée cocoxíhuitl ou cococpatli, c’est-à-dire « buisson piquant » ou « plante médicinale piquante » (Livre 11).
  • [13]
    Francisco Hernández (1515-1587) dirige une expédition mandatée par le roi Philippe II d’Espagne ; il voyage en Amérique centrale de 1572 à 1577.
  • [14]
    Dans l’édition française (Fuchs, 1552), ces trois variétés sont nommées en latin Capsicon ou Capsicum, en français « Guinee », en italien Capsico et en allemand Indianischer Pfeffer. Les variétés sont décrites selon la morphologie des fruits : rubeum & nigrum (rouge et noir), oblongius (sic, oblong) et latum (large), sauf en français où elles sont seulement dites « seconde espece » et « tierce espece ».
  • [15]
    Ce nom n’est pas reproduit dans l’édition française.
  • [16]
    Calicut, aujourd’hui Kozhikode, est un port de l’océan Indien, dans l’État du Kerala en Inde ; Vasco de Gama y aborda en 1498.
  • [17]
    Le dictionnaire de l’Académie (1762, 4e édition) donne « Piment ou millegraine ».
  • [18]
    Il semble que ce soit là la première mention en français du mot « piment » sous son sens botanique, d’après le Dictionnaire Robert. Ce mot n’est pas dans la 1re édition du Dictionnaire de l’Académie, 1694.
  • [19]
    À l’entrée « piment », d’Aubert indique « espèce de chénopodium ».
  • [20]
    L’Encyclopédie de 1751 donne comme synonymes : « Piment, poivre d’Inde ou de Guinée, corail de jardin ».

On a vu que la fermentation est un ensemble de techniques où la diversité biologique microbienne intervient pour permettre la conservation et favoriser la digestibilité des aliments. Un deuxième processus contribue aux mêmes buts, conservation et digestibilité, celui qui implique l’usage des plantes à épices (Aubaile-Sallenave, 2002).
À quoi servent les épices ? À rehausser le goût des aliments, leur couleur et leur palatabilité, certes, mais y a-t-il une autre cause sous-jacente, plus profonde, évolutionnaire ? « Pourquoi les cuisines qui contiennent des plantes piquantes plaisent aux convives, et pourquoi certains produits phytochimiques sont plus savoureux que d’autres ? » Sherman & Billing (1999) s’interrogent sur la « gastronomie darwinienne ».
Les principes actifs des plantes à épices sont ce que l’on appelle des composés secondaires, secondaires par rapport au métabolisme de base des plantes. Ils forment des composés défensifs pour les plantes, notamment antioxydants, antimicrobiens et antiviraux. L’hypothèse est donc que l’usage des épices tire avantage de ces composés défensifs. Comme l’expriment plaisamment les auteurs, pour combattre les microbes qui se développent sur les aliments et ainsi réduire les intoxications alimentaires, « les humains ont emprunté les “recettes” chimiques des plantes pour leur survie évolutionnaire » (Sherman & Billing, 1999).
Indirectement donc, les épices jouent un rôle dans l’élimination des micro-organismes pathogènes ou responsables de la putréfaction…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

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