Chapitre d’ouvrage

Chapitre 20. Le concept d’individualité dans la philosophie biologique de Georges Canguilhem

Pages 389 à 419

Citer ce chapitre


  • Gayon, J.
(2015). Chapitre 20. Le concept d’individualité dans la philosophie biologique de Georges Canguilhem. Dans
  • M. Bitbol
  • et J. Gayon
L’épistémologie française, 1830-1970 (p. 389-419). Éditions Matériologiques. https://doi.org/10.3917/edmat.bitbo.2015.01.0389.

  • Gayon, Jean.
« Chapitre 20. Le concept d’individualité dans la philosophie biologique de Georges Canguilhem ». L’épistémologie française, 1830-1970, Éditions Matériologiques, 2015. p.389-419. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/l-epistemologie-francaise-1830-1970--9782919694914-page-389?lang=fr.

  • GAYON, Jean,
2015. Chapitre 20. Le concept d’individualité dans la philosophie biologique de Georges Canguilhem. In :
  • BITBOL, Michel
  • et GAYON, Jean,
L’épistémologie française, 1830-1970. Paris : Éditions Matériologiques. Sciences & philosophie, p.389-419. DOI : 10.3917/edmat.bitbo.2015.01.0389. URL : https://stm.cairn.info/l-epistemologie-francaise-1830-1970--9782919694914-page-389?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/edmat.bitbo.2015.01.0389


Notes

  • [1]
    Ce texte est une version remaniée d’un article paru dans Journal of the History of Biology, 31, 1998, p. 305-325.
  • [2]
    Université Paris I-Panthéon-Sorbonne, et Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (CNRS/Paris I/ENS).
  • [3]
    Clermont-Ferrand, Publications de la faculté des lettres de l’université de Strasbourg, Imprimerie La Montagne, 1943.
  • [4]
    La thèse de médecine fut rééditée avec une nouvelle préface en 1950 (Paris, Belles Lettres). En 1966, l’Essai devient la première section d’un livre intitulé Le Normal et le pathologique (Paris, PUF). La seconde section contient trois essais écrits entre 1963 et 1966. Une édition révisée de ce livre paraît en 1972 chez le même éditeur. C’est cette édition qui a été traduite en anglais par Carolyn Fawcett (Dordrecht, Reidel, 1978 ; repris par Zone Books en 1989). Les rééditions de cet ouvrage sont un indice de l’intérêt qu’il a suscité. Dans la suite de cette étude, nous citerons systématiquement l’ouvrage dans la réédition qui en a été faite aux PUF (Le Normal et le pathologique, Paris, PUF, « Quadrige », 1984).
  • [5]
    Garry Gutting, Michel Foucault’s Archeology of Scientific Reason, Cambridge, Cambridge University Press, 1989.
  • [6]
    James Johnstone, The Philosophy of Biology, Cambridge, Cambridge University Press, 1914 ; Vincent Edward Smith, Philosophy of Biology, New York, New York Saint John’s Press, 1962.
  • [7]
    Le basculement se fait en 1969, après la publication de l’article de David Hull, « What Philosophy of Biology Is Not » (Journal of the History of Biology, 2, 1969, p. 241-268). Hull ne fait aucun commentaire sur l’expression même de « philosophie de la biologie ». Mais il est clair qu’après cet article, cette expression est massivement adoptée par l’ensemble des philosophes nord-américains s’intéressant à l’épistémologie des sciences de la vie.
  • [8]
    Jean Gayon, « La philosophie et la biologie », in Jean-François Mattéi (dir.), Encyclopédie philosophique universelle, Paris, PUF, vol. 4, 1998, p. 2152-2171.
  • [9]
    François Dagognet, Georges Canguilhem, philosophe de la vie, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 1997 ; Guillaume Leblanc, Canguilhem et les normes, Paris, PUF, 1998 ; La Vie humaine. Anthropologie et biologie chez Georges Canguilhem, Paris, PUF ; Gilles Renard, L’Épistémologie chez Georges Canguilhem, Paris, Nathan, 1996.
  • [10]
    Georges Canguilhem & Camille Planet, Traité de logique et de morale, Marseille, Imprimerie Robert et fils, 1939.
  • [11]
    Der Afbau des Organismus, La Haye, Nijhoff, 1934.
  • [12]
    Pour plus de détails sur cet événement, voir la bibliographie critique établie par Camille Limoges dans François Delaporte (ed.), A Vital Rationalist. Selecting Writings from Georges Canguilhem, New York, Zone Books, 1994, p. 385-454.
  • [13]
    Kurt Goldstein, La Structure de l’organisme [1951], trad. fr. E. Burkardt & J. Kuntz, Paris, Gallimard, 1983, p. 345, souligné par l’auteur.
  • [14]
    Ibid., p. 343.
  • [15]
    Ibid., p. 347.
  • [16]
    Ibid., p. 349, souligné par nous.
  • [17]
    Ibid., p. 355-356.
  • [18]
    Ibid., p. 350.
  • [19]
    Ibid.
  • [20]
    Ibid., p. 363.
  • [21]
    Ibid., p. 367.
  • [22]
    Ibid., p. 368-373.
  • [23]
    Ibid., p. 373.
  • [24]
    Le Normal et le pathologique, op. cit., p. 49.
  • [25]
    Ibid., p. 50.
  • [26]
    Ibid., p. 150.
  • [27]
    Ibid., p. 62.
  • [28]
    Ibid., p. 53-54.
  • [29]
    Ibid., IIe partie, chapitre V, p. 35-153.
  • [30]
    Canguilhem pose la question d’une manière que l’on peut trouver un peu sinueuse : « Il s’agit de savoir si c’est la médecine qui convertit − et comment ? − en idéaux biologiques des concepts descriptifs et purement théoriques, ou bien si la médecine, en recevant de la physiologie la notion de faits et de coefficients fonctionnels constants, ne recevrait pas aussi, à son insu, la notion de norme au sens normatif du mot » (ibid., p. 74).
  • [31]
    Goldstein, traduit et cité par Canguilhem, ibid., p. 128, souligné par l’auteur.
  • [32]
    Ibid., p. 129.
  • [33]
    Ibid., p. 132.
  • [34]
    Goldstein, traduit et cité par Canguilhem, ibid., p. 130.
  • [35]
    Ibid., p. 132-133.
  • [36]
    Ibid., p. 128.
  • [37]
    Ibid., p. 156.
  • [38]
    Ibid., p. 130.
  • [39]
    Ibid., p. 88-89.
  • [40]
    Sur cette contribution tout à fait exceptionnelle de la biologie française à la biologie de l’évolution dans l’entre-deux guerres, voir Jean Gayon & Michel Veuille, « The Genetics of Experimental Populations : L’Héritier and Teissier’s Populations Cages », in Rama S. Singh et al. (eds.), Thinking about Evolution : Historical, Philosophical, and Political Perspectives, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, p. 77-102.
  • [41]
    Le Normal et le pathologique, op. cit., p. 89-90.
  • [42]
    Ibid., p. 197.
  • [43]
    « Le normal et le pathologique » [1951], in Georges Canguilhem, La Connaissance de la vie [1952], Paris, Vrin, 1975, p. 159. Originellement publié in René Leriche (dir.), Somme de la médecine contemporaine, Paris, Éditions médicales de la Diane française, 1951, vol. 1, p. 27-32.
  • [44]
    Ibid., p. 159-160.
  • [45]
    Ibid., p. 161. Canguilhem cite ici Georges Teissier, « Mécanisme de l’évolution », La Pensée, 2, 1945, p. 5-19 et 1945, 3, p. 15-31.
  • [46]
    Idéologie et rationalité dans les sciences de la vie [1977], Paris, Vrin, 1981, p. 131-132.
  • [47]
    Le Normal et le pathologique, op. cit., p. 79.
  • [48]
    La Connaissance de la vie, op. cit., p. 154.
  • [49]
    Ibid., p. 147.
  • [50]
    Repris dans La Connaissance de la vie, op. cit., p. 83-90). Originellement publié sous le titre « La théorie cellulaire en biologie. Du sens et de la valeur des théories en scientifiques », dans Mélanges 1945, IV, Études philosophiques, Paris, Publications de la Faculté des lettres de Strasbourg, Les Belles Lettres, 1946, p. 143-175.
  • [51]
    Repris dans Études d’histoire et de philosophie des sciences [1968], Paris, Vrin, 1975, p. 319-333. Originellement publié dans Les Études philosophiques, 21 (numéro spécial), 1966, p. 3-16.
  • [52]
    Sur cet usage de la catégorie d’individu dans la philosophie de la biologie contemporaine, voir l’article canonique de David Hull, « A Matter of Individuality », Philosophy of Science, 45, 1978, p. 335-360.
  • [53]
    Aristote, Métaphysique, D, 26, cité in Canguilhem, « Le tout et la partie dans la pensée biologique », op. cit., p. 320.
  • [54]
    Ibid., p. 320-323.
  • [55]
    Ibid., p. 330.
  • [56]
    Ibid. La formule de Claude Bernard est celle-ci : « L’organisme, comme la société, est construit de telle façon que les conditions de la vie élémentaire ou individuelle y soient respectées » (Leçons sur les phénomènes communs de la vie aux végétaux et aux animaux [1878], préface de Georges Canguilhem, vol. I, Paris, Vrin, 1966, p. 355.
  • [57]
    Le Normal et le pathologique, op. cit., p. 191.
  • [58]
    « Les normes organiques chez l’homme », in Le Normal et le pathologique, op. cit., p. 193.
  • [59]
    Ibid., p. 194.
  • [60]
    La Théorie de l’ordre et du progrès, diplôme d’études supérieures, Paris, Université de la Sorbonne, 1926.
  • [61]
    La Connaissance de la vie, op. cit., p. 71.
  • [62]
    La Connaissance de la vie, p. 152.
  • [63]
    Ibid., p. 154.
  • [64]
    Henri Bergson, L’Évolution créatrice, Paris, Alcan, 1907, chapitre 2.
  • [65]
    « Le concept et la vie » [1966], in Études d’histoire et de philosophie des sciences, op. cit., p. 335-364 : 350. Originellement publié dans Revue Philosophique de Louvain, 64, 1966, p. 193-233. Canguilhem ne donne pas de référence précise. Le passage de Bergson qu’il paraphrase est manifestement celui que Bergson consacre à « la question de l’origine et de la valeur des idées générales » (Œuvres, Paris, PUF, 1963, p. 1294-1303). Voici les phrases les plus significatives : « Tout être vivant, peut-être même tout organe, tout tissu d’un être vivant généralise, je veux dire classifie, puisqu’il sait cueillir dans le milieu où il est, dans les substances ou les objets les plus divers, les parties ou les éléments qui pourront satisfaire tel ou tel de ses besoins ; il néglige le reste. Donc il isole le caractère qui l’intéresse, il va droit à une propriété commune ; en d’autres termes il classe, et par conséquent abstrait et généralise » (ibid., p. 1295). L’on comprend que Canguilhem ait trouvé dans un tel texte quelque raison de prolonger sa réflexion axiologique sur le vivant (être de besoin qui valorise) en une méditation sur le rapport entre connaissance (abstraite) et la vie.
  • [66]
    Michel Foucault, « La vie : l’expérience et la science », Revue de Métaphysique et de Morale, 90, 1985, p. 3-14. Voir aussi l’introduction de Paul Rabinow à Delaporte, A Vital Rationalist…, op. cit.
  • [67]
    La Connaissance de la vie, op. cit., p. 13.
  • [68]
    L’idée anime le livre entier. Voir tout particulièrement pages 12 et 83.
  • [69]
    Ibid., p. 2.
  • [70]
    La Connaissance de la vie, op. cit., p. 83.
  • [71]
    Kurt Goldstein, « Remarques sur le problème épistémologique de la biologie », Congrès international de philosophie des sciences (Paris 1949), Paris, Hermann, 1951, vol. I, Épistémologie. Cité in La Connaissance de la vie, op. cit., p. 11.
  • [72]
    Études d’histoire et de philosophie des sciences, op. cit., p. 336.
  • [73]
    Ibid., p. 362.
  • [74]
    Le Normal et le pathologique, op. cit., p. 209.
  • [75]
    Ibid., p. 212.
  • [76]
    Études d’histoire et de philosophie des sciences, p. 364.
  • [77]
    Ibid.
  • [78]
    Ibid., p. 362.
  • [79]
    « Un nouveau concept en pathologie : l’erreur » [1966], in Le Normal et le pathologique, op. cit., p. 211.
  • [80]
    Études d’histoire et de philosophie des sciences, op. cit., p. 359-360.

Aux yeux du public français, il est difficile de dissocier les trois dimensions majeures de l’œuvre de Georges Canguilhem (1904-1995) : philosophie de la médecine, histoire de la biologie, et philosophie des sciences. Pour le public anglophone, en particulier le public américain, auquel la présente étude fut d’abord destinée, les choses ont pris un tour différent. La thèse de médecine de 1943, intitulée Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique, est bien connue dans le domaine des études sur la médecine. L’édition révisée et augmentée de cet essai, parue en 1966, fut le premier texte de Canguilhem traduit en langue anglaise, en 1978. L’œuvre de l’historien des sciences de la vie, quoique très incomplètement traduite, jouit d’une grande réputation : en 1983, Canguilhem s’est vu décerner la médaille Georges Sarton de la Société internationale d’histoire des sciences, assurément la plus haute distinction dans ce domaine à l’échelle mondiale. Dans le domaine de la philosophie des sciences enfin, Canguilhem n’est connu que marginalement, au titre de son appartenance à une tradition « d’épistémologie historique » et de son rôle d’intermédiaire entre les pensées de Gaston Bachelard – lui-même pauvrement connu – et Michel Foucault, qui jouit assurément d’une renommée plus confortable dans les milieux intellectuels anglophones. L’on trouverait difficilement, en revanche, la moindre allusion à Canguilhem dans la littérature de philosophie de la biologie. Une telle absence peut surprendre le lecteur français, nourri de l’idée que la pensée de Canguilhem est tout entière inspirée par l’idée de la « normativité » du vivant…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

https://doi.org/10.3917/edmat.bitbo.2015.01.0389

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

14,99 €

466 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

5,00 €

31 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?