1er mars 1176
Gérard de Crémone, le grand passeur
- Par Denis Guthleben
Page 63
Citer ce chapitre
- GUTHLEBEN, Denis,
- Guthleben, Denis.
- Guthleben, D.
Citer ce chapitre
- Guthleben, D.
- Guthleben, Denis.
- GUTHLEBEN, Denis,
La vie de Gérard de Crémone (1114-1187), comme celle de tous les traducteurs du Moyen Âge, reste méconnue. À l’exception de notes éparses, seul un éloge rédigé en 1187 par ses confrères de Tolède nous est parvenu. Il précise que le savant venait de s’éteindre dans sa 73e année – il serait donc né à Crémone, en Lombardie, autour de 1114 – et que « jusqu’à la fin de sa vie, il n’a cessé de traduire de l’arabe, le plus clairement et le plus intelligemment qu’il a pu, tous les livres qu’il jugeait les plus fins, dans la plupart des disciplines… »
En effet, autant le personnage lui-même demeure mystérieux, autant son œuvre a été capitale : après avoir appris l’arabe, il a traduit en latin 71 livres, peut-être davantage selon certains experts, provenant soit de l’Antiquité – à commencer par l’Almageste de Ptolémée, le premier livre auquel il s’est attaqué en arrivant à Tolède – soit de productions savantes arabo-musulmanes – le Qânun d’Avicenne, des traités de médecine de Rhazès, de mathématiques d’Al-Khwârizmî, etc.
Gérard de Crémone a été un immense passeur de savoirs, entre les époques et les civilisations. Mais il n’est mentionné qu’à une poignée de reprises dans les cartulaires de Tolède, dont une fois à la date du 1er mars 1176 sous l’appellation « Girardus dictus magister ». Les auteurs de son éloge funèbre craignaient que « les ténèbres du silence ne viennent cacher maître Gérard de Crémone ». Il s’en est fallu de peu …
Date de mise en ligne : 21/12/2023
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
11,99 €