Chapitre 6. Les forces de l’évolution
- Par Edward O. Wilson
Pages 147 à 180
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- WILSON, Edward O.,
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- Wilson, E.-O.
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Quel est le moteur de l’évolution ? C’est la question à laquelle Darwin a apporté une réponse fondamentale. Les biologistes du xxe siècle ont affiné cette dernière, ce qui a conduit à la synthèse appelée néo-darwinisme, théorie jouissant aujourd’hui d’un consensus non exempt de dissentiments. Pour exprimer la réponse à la question ci-dessus dans le langage de la biologie moderne, il faut descendre en dessous du niveau de l’espèce et de la sous-espèce pour arriver au niveau des gènes et des chromosomes, et de ce fait à la source ultime de la diversité biologique.
Le phénomène évolutif fondamental est un changement dans la distribution des gènes et des configurations de chromosomes au sein d’une population. Si une population de papillons est passée au cours du temps de 40 % à 60 % d’individus bleus, et si la couleur bleue est héréditaire, on peut dire qu’elle a subi une évolution de type simple. Les transformations de plus grande ampleur sont accomplies par le biais d’un grand nombre de changements statistiques de ce type, se produisant de façon combinée. Ces derniers peuvent prendre place au seul niveau des gènes, sans que cela se répercute sur la couleur des ailes ou sur n’importe quel autre trait apparent. Mais quelle que soit leur nature ou leur ampleur, les changements en cours s’expriment toujours par le pourcentage d’individus qui en sont porteurs au sein d’une population ou par leur proportion relative entre deux populations. L’évolution est fondamentalement un phénomène de populations…
Date de mise en ligne : 01/06/2022
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