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Chapitre premier. Naturaliser la cognition

Pages 13 à 31

Citer ce chapitre


  • Jeannerod, M.
(2002). Chapitre premier. Naturaliser la cognition. La nature de l'esprit (p. 13-31). Odile Jacob. https://stm.cairn.info/la-nature-de-l-esprit--9782738110718-page-13?lang=fr.

  • Jeannerod, Marc.
« Chapitre premier. Naturaliser la cognition ». La nature de l'esprit, Odile Jacob, 2002. p.13-31. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/la-nature-de-l-esprit--9782738110718-page-13?lang=fr.

  • JEANNEROD, Marc,
2002. Chapitre premier. Naturaliser la cognition. In : La nature de l'esprit. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.13-31. URL : https://stm.cairn.info/la-nature-de-l-esprit--9782738110718-page-13?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Jeannerod, 2002.
  • [2]
    Voir les débats du symposium Hixon, tenu en 1948 et publié en 1951 (Lashley, 1951). Ces débats sont exposés dans l’ouvrage de Jean-Pierre Dupuy (Dupuy, 1994).
  • [3]
    Ce chapitre est tiré d’un texte publié dans un ouvrage collectif : Jeannerod, M., « Cognition et biologie », in Penser et croire au temps des neurosciences (éd. Michel Simon), Paris, Éditions des Archives contemporaines, 2001, p. 21-30.
  • [4]
    On a longtemps vécu sur la notion d’une organisation à trois niveaux des mécanismes cognitifs : un niveau intentionnel (celui des représentations), un niveau computationnel, et un niveau cérébral (Marr, 1982). Maintenant, c’est l’autonomie du niveau computationnel qui est remise en cause. Des modèles non computationnels sont utilisés par de nombreux auteurs, en particulier par John Searle qui considère qu’il n’y a nul besoin d’un niveau computationnel entre le niveau des états neurologiques et celui des représentations intentionnelles (Searle, 1983).
  • [5]
    John Searle utilise un argument semblable pour expliquer à la fois la notion de causalité du mental et celle d’identité entre phénomènes mentaux et phénomènes cérébraux. Il prend comme exemple l’eau qui est à la fois composée de molécules individuelles et possède la propriété d’être liquide. Au niveau de la description microscopique, aucune des molécules individuelles n’est liquide ; cette propriété apparaît au niveau macroscopique. Décrire l’eau comme liquide, c’est ne décrire que l’ensemble de ses molécules, en se plaçant à un niveau plus élevé que celui de la molécule individuelle. (Searle, 1983).
  • [6]
    On peut consulter les Textes fondateurs rassemblés par Pélissier et Tête (1995) pour se faire une idée plus précise de ce mouvement. Consulter également l’étude sur l’histoire des sciences cognitives de J.-P. Dupuy (1994)
  • [7]
    Goldstein, 1934.
  • [8]
    Lashley, 1929.
  • [9]
    Schrödinger, 1944.
  • [10]
    P. Jacob, 1996, 1997.
  • [11]
    Ce « principe » me paraît clairement énoncé par John Searle lorsqu’il affirme que « les états mentaux sont à la fois causés par les opérations du cerveau et réalisés dans la structure du cerveau… Si l’on parvient à concevoir la possibilité de ce double rapport entre phénomènes mentaux et phénomènes physiques, on aura écarté l’un des obstacles principaux qui nous interdisent de comprendre comment les états mentaux, qui sont causés par des états cérébraux, peuvent à leur tour causer d’autres états cérébraux et d’autres états mentaux » (Searle, 1983, cité d’après la traduction française, p. 313).

Ce premier chapitre fournit des détails historiques sur la genèse de l’idée de sciences cognitives et montre les interactions précoces de cette idée nouvelle avec les sciences du vivant. Le contexte scientifique de cette époque, en particulier dans le domaine des sciences du système nerveux (le terme de neurosciences n’a été utilisé que plus tard, après 1970), a d’abord été dominé par la métaphore de l’ordinateur. Même si cette métaphore a été clairement rejetée par la suite, c’est peut-être là une des sources du malentendu persistant de la part des adversaires des sciences cognitives, qui n’ont pas su voir cette évolution et qui persistent à croire que les sciences cognitives considèrent toujours l’esprit comme un programme de calcul dans une machine détachée de la réalité. À une certaine époque, en effet, l’objectif était d’identifier les règles de fonctionnement de machines, idéales ou réelles, artificielles ou vivantes, susceptibles de traiter de l’information. Le neuropsychologue Karl Lashley, au cours d’une des réunions fondatrices des sciences cognitives, avait énoncé une espèce de profession de foi à laquelle il avait demandé à tous les participants d’adhérer : « Tous les phénomènes du comportement et de l’esprit peuvent et doivent être décrits en termes de mathématiques et de physique. »
La vision actuelle est bien différente. Ces règles, qui semblaient opérationnelles pour résoudre les problèmes du linguiste, du spécialiste de l’intelligence artificielle ou du roboticien, ne sont pas celles de notre langage, de notre mémoire, de la programmation de nos mouvements ou de notre perception des objets…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

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