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Chapitre 9. Le cerveau et l’abstraction

Pages 137 à 147

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  • Omnès, R.
(2008). Chapitre 9. Le cerveau et l’abstraction. La Révélation des lois de la nature (p. 137-147). Odile Jacob. https://stm.cairn.info/la-revelation-des-lois-de-la-nature--9782738120250-page-137?lang=fr.

  • Omnès, Roland.
« Chapitre 9. Le cerveau et l’abstraction ». La Révélation des lois de la nature, Odile Jacob, 2008. p.137-147. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/la-revelation-des-lois-de-la-nature--9782738120250-page-137?lang=fr.

  • OMNÈS, Roland,
2008. Chapitre 9. Le cerveau et l’abstraction. In : La Révélation des lois de la nature. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.137-147. URL : https://stm.cairn.info/la-revelation-des-lois-de-la-nature--9782738120250-page-137?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Prix Nobel de médecine en 1981.
  • [2]
    Nikos Logothetis, « La vision : une fenêtre sur la conscience », Pour la Science, 268, 2000, p. 80.

Une constatation évidente et une question ne peuvent manquer de surgir, au point où nous en sommes : les sciences les plus fondamentales, celles qui pénètrent le plus avant dans les secrets de la nature, sont aussi, d’une certaine manière, les moins accessibles. Telle est la constatation. Quant à la question, elle s’énonce : pourquoi ces sciences sont-elles aussi difficiles à comprendre, si opaques à l’intuition ? Pourquoi a-t-on autant de mal à les transmettre ou les communiquer ?
Nous avions essayé de privilégier jusqu’ici l’intuition dans l’explication des lois, parce que c’est la voie la plus directe pour comprendre, c’est-à-dire pour saisir ensemble leurs divers aspects. Mais qu’est-ce que l’intuition ? L’étymologie permet de mieux dégager ses nuances, puisque le mot « intuition » remonte à un verbe latin signifiant « regarder attentivement », ce que notre langue a conservé dans un sens figuré « regarder en pensée ». Le mot intuitio désignait aussi une image reflétée dans un miroir ; notre esprit pense donc par intuition quand il forme une image intérieure donnant corps à une idée, sans qu’il faille l’analyser pour la saisir.
La science s’est appuyée longtemps sur cette intuition naturelle, cette vision du monde commune à tous les hommes et quasiment préalable à la culture. Il semblait évident que les choses étaient réellement telles qu’on les voyait, qu’un effet s’ensuivait d’une cause, que l’espace et le temps étaient des données premières.
Aristote avait remarqué que l’abstraction dérivait de l’intuition et il en donnait pour exemple les mathématiques…


Date de mise en ligne : 01/06/2022

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