Prologue
- Par Lee Smolin
Pages 1 à 15
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Notes
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[1]
J. S. Bell, « On the Einstein Podolsky Rosen Paradox » Physics 1, no 3 (1964): 195-200.
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[2]
NdT : Il est important de distinguer, au fil de l’ouvrage, « physique quantique » et « mécanique quantique » ; la première est la discipline qui s’intéresse aux phénomènes quantiques, quelle que soit la manière dont on les envisage ; la seconde est une théorie bien particulière, que Lee Smolin critique ici, et à laquelle il propose des alternatives.
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[3]
NdT : La formulation de Wheeler est consacrée ; une traduction beaucoup moins élégante pourrait être « la matière c’est de l’information ».
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[4]
NdT : L’impulsion est également appelée moment cinétique ; et parfois, en abrégé, tout simplement moment. Mais nous n’utiliserons pas ce terme pour éviter toute confusion.’
Les êtres humains ont toujours eu du mal à distinguer réalité et fantaisie. Nous inventons des histoires pour expliquer le monde, et comme nous sommes de bons conteurs, nous finissons par nous laisser influencer par elles, et par confondre nos représentations du monde avec le monde lui-même. Cette confusion afflige autant les scientifiques que les profanes ; en fait, elle nous touche même davantage, tant les histoires que nous avons dans nos besaces sont puissantes.
Nous approfondissons notre compréhension du monde naturel en considérant des phénomènes de plus en plus petits et de plus en plus élémentaires. Mais ce sont nos succès mêmes qui nous empêchent de progresser davantage. Tout en conservant notre confiance – certes justifiée – dans le pouvoir de nos connaissances établies, nous devons garder une conscience aiguë du caractère hypothétique de nos conjectures, même les plus probables. Sans cet équilibre, l’enlisement nous guette. La leçon est difficile à apprendre : nos sensations sont en partie causées par la réalité, mais entièrement construites par notre cerveau, qui nous présente le monde sous une apparence qui nous permet de nous frayer un chemin dans la nature. Mais c’est au-delà de ces sensations que plane la nature elle-même, fondamentalement mystérieuse, à la limite de nos possibilités de connaissance.
Nous n’avons pas, à ce jour, identifié les caractéristiques les plus importantes de la nature. Les faits généraux les plus simples que nous connaissons à son propos résultent de siècles d’efforts intenses effectués par les chercheurs et les scientifiques : par exemple le fait que la matière est constituée d’atomes, ou que la Terre est une coquille sphérique de roches entourant un noyau en fusion, enveloppée dans une atmosphère mince, en orbite dans le vide autour d’un réacteur thermonucléair…
Date de mise en ligne : 16/10/2023
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