Chapitre d’ouvrage

L’infirmière et la nuit

Pages 101 à 107

Citer ce chapitre


  • Perraut Soliveres, A.
(2010). L’infirmière et la nuit. Dans
  • C. Halpern
La Santé : Un enjeu de société (p. 101-107). Éditions Sciences Humaines. https://doi.org/10.3917/sh.halpe.2010.01.0101.

  • Perraut Soliveres, Anne.
« L’infirmière et la nuit ». La Santé Un enjeu de société, Éditions Sciences Humaines, 2010. p.101-107. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/la-sante--9782912601933-page-101?lang=fr.

  • PERRAUT SOLIVERES, Anne,
2010. L’infirmière et la nuit. In :
  • HALPERN, Catherine,
La Santé Un enjeu de société. Auxerre : Éditions Sciences Humaines. Synthèse, p.101-107. DOI : 10.3917/sh.halpe.2010.01.0101. URL : https://stm.cairn.info/la-sante--9782912601933-page-101?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/sh.halpe.2010.01.0101


Contrairement aux idées reçues et extraordinairement tenaces dans le monde des soins, il n’est pas possible de s’intéresser à l’autre, a fortiori de le soigner, en « s’oubliant ». La profession d’infirmière a largement fait les frais de cette injonction simpliste et paradoxale de « laisser sa vie au vestiaire ». Les médecins hospitaliers s’en sortent mieux (en apparence), portés par une évolution positiviste de la médecine, qui les aide à s’abstraire de l’humain mais en le surdécoupant jusqu’à ne plus le voir. C’est ce qui sépare radicalement le métier d’infirmière de celui de médecin, et qui en même temps rend sa légitimation impossible tant qu’il reste inféodé à l’idéologie médicale. Ainsi le souci éthique de l’autre exige du soignant qu’il se positionne résolument en tant que même et en tant qu’autre, afin de permettre une identification (aliment naturel de la compréhension et de la compassion), puis une distinction qui permette la reprise de soi jusqu’à se rendre possible comme ressource pour l’autre.
Autant dire que nous sommes loin de l’objectivation rêvée et à l’œuvre dans l’entreprise de soins. Celle-ci s’emploie en effet à classifier, trier, découper, afin de permettre l’identification de données utilisables (examens médicaux, observations comportementales, constantes physiologiques, etc.) à des fins de connaissance de la maladie dans un premier temps, puis de contrôle et d’économie dans un univers gagné par la fièvre marchande. La route est encore longue avant que les infirmières osent aborder une conceptualisation du soin, qui ne chercherait pas à séparer la maladie de son contexte pour la personne…


Date de mise en ligne : 09/09/2019

https://doi.org/10.3917/sh.halpe.2010.01.0101

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