La cour des miracles de l’hôpital. Les urgences médicales et psychiatriques vues à travers la presse locale lyonnaise
- Par Jérôme Thomas
Pages 117 à 131
Citer ce chapitre
- THOMAS, Jérôme,
- ROMEYER, Hélène,
- Thomas, Jérôme.
- Thomas, J.
- H. Romeyer
https://doi.org/10.3917/ehesp.romey.2010.01.0117
Citer ce chapitre
- Thomas, J.
- H. Romeyer
- Thomas, Jérôme.
- THOMAS, Jérôme,
- ROMEYER, Hélène,
https://doi.org/10.3917/ehesp.romey.2010.01.0117
Notes
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[1]
Cette ambivalence se voit très bien dans les chroniques de Charlie Hebdo du très médiatique Patrick Pelloux, aujourd’hui réunies dans un ouvrage (Pelloux, 2007).
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[2]
Et aussi en termes de prestige scientifique, si la pathologie que présente le patient peut faire l’objet d’un programme de recherche scientifique. Sur l’entrecroisement de la rentabilité économique et scientifique et le poids que cela pèse sur la prise en charge d’urgence, voir les travaux de Danet (2006). Pour une approche qui rende compte du virage entrepreneurial de l’hôpital, de la valorisation technique du soin via les technologies de l’information et de la communication (TIC) et du changement conséquent de la relation soignante par la tarification des actes hospitaliers assistée par les nouvelles technologies, voir Panico (1999 : 45-46, 2002).
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[3]
Cette contribution s’inscrit dans le cadre plus large d’une thèse portant sur les aspects de communication et de médiation de la psychiatrie d’urgence, menée sous la direction de Bernard Lamizet, à l’université Lyon 2. Pour des développements sur ces aspects anthropologiques et communicationnels du soin et son efficacité symbolique non quantifiable, voir Le Breton (1991, 1996, 2003), Augé et Herzlich (1984) et Thomas (2009).
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[4]
Voir Papadakos (1999) pour ce qui concerne spécifiquement la psychiatrie.
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[5]
Plus particulièrement à la télévision (Romeyer, 2007).
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[6]
Le psychiatre aussi fou que ses patients est une représentation sociale courante.
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[7]
La compassion pour les patients de la psychiatrie n’existe ainsi pas dans la presse, particulièrement dans le contexte de l’urgence, alors qu’elle existe pour d’autres pathologies (notamment dans la mise en scène télévisuelle du témoignage des malades sur leur maladie ; Romeyer, 2007 : 58-59). En réalité, seul le syndrome dépressif n’est pas associé aux représentations classiques de la psychiatrie (DREES, 2004) et peut faire l’objet d’une identification.
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[8]
Cheveigné (2005) parlerait ici de « médiation forte ».
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[9]
Citations tirées du Progrès, de Lyon Libération et de l’Humanité (en reportage à Lyon, 13 février 1991 : « Le pavillon de tous les dangers »).
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[10]
« Délire au soleil », Le Progrès, 11 août 1999.
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[11]
Le Progrès, 9 février 2001.
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[12]
Voir Jodelet (1989 : 212) sur le refus social du savoir psychiatrique.
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[13]
Quand, par exemple, le locuteur du discours sur la maladie change, passant de l’expert aux malades ou à leurs représentants (Romeyer, 2007).
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[14]
C’est ce qu’indique notre recherche ethnographique menée dans ce service médiatisé par la presse lyonnaise.
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[15]
« 24 heures dans un couloir », Le Progrès, 23 décembre 2002. Id. pour la citation précédente.
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[16]
On peut se référer ici à Azeddine, Blanchard, Poncin (2007) qui évoquent, à propos du cancer, une routinisation du traitement des questions médicales dans la presse écrite, orienté vers la transmission d’un discours d’experts et donnant une image positive et technique de la médecine. Constatons que le discours technique existe aussi en psychiatrie, mais qu’il n’est jamais (ou mal) relayé par la presse (Tétu, 1993).
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[17]
Le rapport de la presse régionale aux sources institutionnelles étant très étroit, le discours médiatique s’en distancie peu (Neveu, 2004).
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[18]
Le thème du « petit bobo » (Le Progrès, 3 août 2004) entre dans ce même processus d’évaluation de la souffrance qui décrit des malades imaginaires (cf. « amplifier ce qu’ils ont »).
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[19]
« Les urgences en première ligne », Le Progrès, 29 janvier 2000.
-
[20]
Le terme apparaît dès 1991 dans le corpus et on le retrouve, à plusieurs reprises, jusqu’en 2008. Il est en quelque sorte une catégorie autonome, surplombant toujours le discours de la presse locale sur le sujet de l’urgence médicale et psychiatrique.
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[21]
Le Progrès, 14 juin 1991. Voir aussi la citation mentionnée plus haut sur le service public qu’on laisse pourrir.
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[22]
Sur ce point, voir le chapitre synthétique et passionnant de Danet (Danet, Morasz, 2008).
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[23]
Notons que l’urgence hospitalière consiste beaucoup en une activité de tri et d’orientation des patients : le discours médiatique se fait donc ici miroir d’une pratique.
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[24]
« Urgences : la cour des Miracles », Lyon Capitale, 28 janvier 1998.
Dans les médias, les urgences hospitalières présentent l’ambivalence d’être montrées tantôt comme le « parent pauvre » de l’hôpital – comme lieu paradigmatique de la crise actuelle à l’hôpital en termes de manque de personnels et de difficultés financières –, tantôt comme le lieu d’exercice d’une médecine scientifique, experte, hypertechnicisée avec ses médecins héroïques qui sauvent des vies et donc, cette fois, « figure de proue » de l’hôpital.
Dans une certaine mesure en effet, les urgences hospitalières sont un lieu fait de paradoxes puisqu’elles disposent à la fois de moyens humains et techniques importants, emblèmes de l’évolution vers une logique de performance de l’hôpital contemporain, tout en étant un lieu d’accueil ouvert sur la ville, c’est-à-dire ouvert de manière indifférenciée aux souffrances multiformes de la société dans leurs dimensions somatiques, psychiques et sociales qui peuvent parfois être imbriquées chez un même patient.
Ces patients-là, dont le recours est difficilement réductible à une seule symptomatologie, ne sont pas facilement orientables vers les services d’aval de spécialité de l’hôpital qui préfèrent recevoir, pour être rentables, un symptôme ou un diagnostic calibrable et caractérisable en termes de tarification hospitalière. Ces patients sont alors souvent orientés vers les équipes de psychiatrie qui interviennent dans les services d’urgence. Ici, une autre clinique se met en place, accueillant non plus le patient uniquement via son symptôme, mais en donnant un statut particulier à sa parole, lui permettant de donner du sens à l’événement malheureux qui le submerge et qui a justifié…
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