Chapitre 5. Une forme de guerre
- Par Alain Dupas
- et Charles Chatelin
Pages 93 à 118
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- DUPAS, Alain
- et CHATELIN, Charles,
- Dupas, Alain.
- et al.
- Dupas, A.
- et Chatelin, C.
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Notes
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[1]
Un accident de voiture : son chauffeur s’était endormi au volant.
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[2]
Le nom de code Paperclip fut choisi parce qu’un trombone était systématiquement attaché aux dossiers des savants allemands qu’on voulait discrètement signaler comme prioritaires ou « sensibles ». Les autres n’en avaient pas. L’opération se prolongea jusqu’à la fin des années 1950. Le secret ne fut levé qu’en 1973.
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[3]
Les Allemands ont été écartés du programme spatial soviétique à la fin de 1947 et rapatriés au milieu des années 1950. Le seul dont la collaboration ait été décisive est Helmut Gröttrup, le concepteur du système de guidage de la V2 à Peenemünde.
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[4]
Des doutes subsistent sur l’attitude de Wernher von Braun face au travail forcé dans le site souterrain Mittelwerk, en Thuringe, ou étaient installées des lignes de fabrication des V1 et V2. Le camp de concentration de Dora voisin fournissait l’usine en esclaves.
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[5]
Le PGM-11 Redstone, missile nucléaire tactique de 300 kilomètres de portée, déployé en Allemagne à partir de 1958. Von Braun en dériva le PGM-19 Jupiter, missile de portée intermédiaire (2 400 kilomètres), déployé en Italie et en Turquie de 1961 à 1963. Les Jupiter furent retirés à l’issue des accords passés avec les Russes après la crise de Cuba.
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[6]
Outre-Atlantique, Chesley Bonestell (1888-1986) est considéré comme le père de l’illustration en astronomie et en exploration interplanétaire (le Space art).
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[7]
Project Mars : A Technical Tale a été réédité en anglais par Apogee Books en 2006. Il est disponible en lecture libre sur Internet, comme The Mars Project, l’essai technique correspondant, ainsi que les articles de Collier’s. Les amateurs pourront tenter de se procurer d’autres classiques de von Braun, écrits dans les années 1950 : Across the Space Frontier, Conquest of the Moon ou The Exploration of Mars, souvent en collaboration avec Willy Ley ou Fred Whipple (eux aussi grands vulgarisateurs de la conquête de l’espace).
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[8]
1 kilotonne équivaut à la puissance de 1 000 tonnes d’explosif chimique type TNT ; 1 mégatonne équivaut à 1 million de tonnes.
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[9]
L’Otan a calculé qu’il aurait fallu utiliser environ 400 bombes A de type Hiroshima/Nagasaki (15-20 kilotonnes) pour obtenir le même résultat que les 1,6 million de tonnes de bombes conventionnelles larguées sur l’Allemagne nazie. Une vingtaine de bombes H de 10 mégatonnes auraient « suffi ».
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[10]
La conception de la première bombe H soviétique de 1953 ne pouvait pas aboutir à une arme opérationnelle, contrairement à celle des Américains, basée sur les calculs d’Edward Teller et Stanislaw Ulam. Le physicien, futur dissident et prix Nobel de la paix, Andrei Sakharov redécouvrit le procédé Teller-Ulam, ce qui aboutit à l’explosion de la première vraie bombe H soviétique en 1955.
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[11]
Membre de la Société du vol spatial d’Oberth, Eugen Sänger (1905-1964) a inventé le principe aérodynamique du fuselage porteur (lifting body) qui aurait permis à son bombardier de rebondir sur les hautes couches de l’atmosphère pour franchir des distances intercontinentales. Installé en France aussitôt après la guerre, Sänger aurait fait l’objet de tentatives de contact de la part du fils de Staline, Vassili. Le NKVD aurait même envisagé son kidnapping. En 1946, le grand mathématicien soviétique Mstislav Keldych a étudié, sur ordre de Staline, le concept de bombardier antipodal ; il conclut à son infaisabilité à court terme (Mark Wade, « Keldysh bomber », Encyclopedia Astronautica, www.astronautix.com).
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[12]
L’OKB-456, le bureau d’études de Valentin Glouchko (aujourd’hui Energomash, à Moscou), a produit les meilleurs moteurs à propulsion liquide de l’histoire de l’astronautique.
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[13]
La R-7 initiale n’a pas été déployée comme vecteur nucléaire. Quelques pas de tir furent installés sur la base de Plesetsk, au nord de la Russie, entre 1959 et 1962, pour la R-7A à portée améliorée armée d’une bombe à hydrogène de 3 mégatonnes. Elle était trop vulnérable à une attaque et fut supplantée par la R-16 (SS-7 Saddler pour l’Otan) à partir de 1961, puis par la R-9 (SS-8 Sasin) dont une partie fut abritée en silos.
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[14]
Le Pentagone avait fini par admettre que les missiles balistiques étaient moins chers et moins vulnérables que les bombardiers pour transporter la bombe H ; les programmes Atlas et Titan devinrent prioritaires dès 1955.
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[15]
Dans leurs versions missile intercontinental et lanceur de satellites, les fusées Atlas comptèrent une cinquantaine d’échecs sur quelque 120 tirs de 1957 à 1963. Elles donnèrent pourtant naissance à une des trois grandes lignées de lanceurs américains, avec la Titan et la Thor-Delta.
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[16]
Une vingtaine de chiens au moins effectuèrent des vols paraboliques (on dirait aujourd’hui suborbitaux) avant Laïka. Dès qu’il eut mis au point la R-1, le bureau d’études de Korolev l’employa comme fusée-sonde pour des sauts jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres dans l’espace. On les chargeait d’instruments de mesure et de matériaux à tester car, évidemment, il fallait comprendre les conditions de rentrée des futures têtes nucléaires dans la haute atmosphère. Mais on y mit aussi des animaux de laboratoire, des chiens notamment, pour comprendre les effets de l’environnement spatial dans la perspective des vols humains qu’on espérait réaliser un jour. Laïka fut suivie par une dizaine de cosmonautes canins, en orbite comme elle, jusqu’en 1966. Les Américains faisaient la même chose, mais avec des singes, dont le premier, Albert, fit un vol suborbital en 1948.
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[17]
L’idée d’organiser une année géophysique internationale fut lancée lors d’une discussion entre chercheurs dans l’appartement du physicien américain James Van Allen, au tout début des années 1950. Les satellites Explorer lancés en 1958 permirent à Van Allen de confirmer l’existence des ceintures de radiations qui enveloppent la Terre, et qui portent depuis son nom. Elles sont dues à l’interaction des particules émises par le Soleil avec le champ magnétique terrestre.
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[18]
Le U-2 du colonel Gary Powers fut abattu au-dessus de l’URSS en mai 1960 par un missile Sam-2. L’incident fit capoter le sommet de Paris où le président Eisenhower devait rencontrer Khrouchtchev, de Gaulle et Macmillan (le Premier ministre britannique). Ike, furieux, ordonna à la CIA d’arrêter les vols de U-2. Ils avaient cependant permis, en quatre ans, de mettre fin aux légendes concernant une prétendue supériorité numérique des Soviétiques en matière de missiles et de bombardiers nucléaires stratégiques, connue sous les noms de missile gap et bomber gap.
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[19]
La Rand Corporation fut créée par l’avionneur Douglas en 1948. Elle joua un rôle décisif dans la course à l’espace et la politique nucléaire des États-Unis. C’est aujourd’hui un think tank indépendant spécialisé en stratégie globale.
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[20]
Le lanceur Vanguard était bâti de bric et de broc à partir de fusées-sondes civiles pour éviter l’utilisation de missiles militaires au regard du caractère pacifique de l’année géophysique internationale. Le programme était néanmoins dirigé par le Naval Research Laboratory de la marine américaine. Il finit par remplir ses objectifs avec le tir réussi de Vanguard-1 en mars 1958, puis de deux autres satellites (avec quelques échecs entre-temps).
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[21]
La National Aeronautics and Space Administration (Nasa) succède au National Advisory Committee for Aeronautics (Naca), fondé en 1915.
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[22]
En avril et en mai 1965, les tirs au banc d’essai des moteurs F-1 du premier étage de la Saturn V font trembler la terre au point que des habitants croient à une attaque nucléaire soviétique sur l’arsenal Redstone. Le 5 août, on teste au banc une baie de propulsion complète avec ses cinq F-1 accouplés. C’est un vacarme de fin du monde qui se prolonge deux minutes et demie, la durée nominale de leur fonctionnement en vol.
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[23]
La sonde soviétique Luna 9 fut conçue par l’OKB-1, mais sa construction fut confiée au bureau d’études Lavotchkine. Korolev voulait alors se consacrer entièrement au vol habité vers la Lune.
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[24]
Le programme Mercury (1958-1963) fit voler six des sept pilotes de la première sélection d’astronautes de la Nasa. Voir l’excellent livre de Tom Wolfe, L’Étoffe des héros (The Right Stuff, 1979), et le film éponyme de Philip Kaufman (1983). Dernière parution chez « Folio » en 2009 (collection « Folio Cinéma », livre + DVD).
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[25]
L’OKB-1 de Korolev est aujourd’hui la RCS Energia, principal acteur du programme spatial russe de vols habités.
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[26]
La fusée Proton de Tchelomeï devint le principal concurrent de la fusée européenne Ariane sur le marché des lancements de satellites commerciaux dans les années 2000.
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[27]
La Tsar Bomba détona le 30 octobre 1961 en Nouvelle-Zemble, au-dessus du cercle arctique. Elle aurait pu développer une puissance de 100 mégatonnes mais fut volontairement « dégradée » à 50 lors du test pour des raisons de sécurité, concernant notamment les retombées radioactives (elles furent pour cette raison très faibles). Elle semble n’avoir jamais été incorporée à l’arsenal atomique soviétique.
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[28]
Aujourd’hui Ioujny, fabricant des lanceurs Zenith et Cyclone, de moteurs-fusées et de satellites. Le bureau d’études associé, l’OKB-86 (aujourd’hui Ioujnoïe) de Mikhaïl Yangel, a conçu entre autres le SS-18 Satan, le plus puissant missile balistique intercontinental russe.
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[29]
Directeur de la CIA depuis février 1953, Allen Dulles fut forcé à la démission par le président Kennedy en novembre 1961.
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[30]
Trois astronautes américains périrent au cours de l’incendie de la cabine Apollo I pendant un test au sol, le 27 janvier 1967 : Ed White, Gus Grissom et Roger Chaffee. Le programme prit dix-huit mois de retard. Deux autres, Elliot See et Charles Bassett, assignés au vol Gemini IX, s’étaient tués à l’atterrissage à Saint Louis, Missouri, après que leur avion T-38 eut heurté, dans le brouillard, le hangar d’assemblage de leur vaisseau, le 28 février 1966.
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[31]
D’avril 1964 à novembre 1966, la Nasa fit voler douze capsules Gemini biplaces (deux vols automatiques et dix habités), jetant les bases techniques des futures missions Apollo, notamment le rendez-vous en orbite. Pour les deux astronautes qui auraient aluni dans le lunar excursion module, le LEM, et qui retourneraient, mission accomplie, au vaisseau Apollo piloté par leur camarade resté là-haut, le rendez-vous en orbite lunaire serait la partie la plus délicate après l’alunissage. Gemini servit aussi à répliquer aux « premières » de Korolev : Ed White effectua une sortie dans l’espace à bord de Gemini IV en juin 1965, trois mois après Alexeï Leonov.
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[32]
La Saturn V détient encore aujourd’hui le record absolu de charge utile en orbite basse : 140 tonnes.
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[33]
Sur l’aventure lunaire, lire l’indispensable A Man on the Moon (1994), d’Andrew Chaikin. Dernière parution chez Penguin Magnum Collection, Londres, novembre 2018. Pas de traduction française.
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[34]
Korolev voulait des moteurs à ergols cryogéniques (hydrogène et oxygène liquide) pour la fusée N-1. Le bureau d’études de Glouchko ne voulait pas développer cette technique à l’époque.
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[35]
Le premier étage de la N-1 de Korolev « poussait » plus au décollage que celui de la Saturn V de von Braun : 4 600 tonnes contre 3 400. Mais les trois étages supérieurs de la fusée russe étaient moins performants que les deux de l’américaine.
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[36]
Le nom de Korolev ne fut rendu public qu’après sa mort. Secret oblige, on ne l’avait désigné jusque-là que par le titre de Glavnyï konstrouktor, le « constructeur en chef ».
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[37]
Vladimir Tchelomeï étudiait depuis le tout début des années 1960 un programme de vols circumlunaires qui auraient utilisé son lanceur lourd UR-500/Proton associé à un vaisseau spatial habité, le LK-1. Le Soyouz de Korolev fut préféré à ce LK-1.
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[38]
Ne sont restés du programme N-1 que quelques dizaines de moteurs NK-33 qui devaient remplacer les NK-15 d’origine. Ils ont été en partie utilisés dans les années 2010 par la société américaine Orbital (acquise depuis par Northrop Grumman) pour son lanceur Antares.
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[39]
Les vols habités soviétiques se concentrent sur les stations orbitales Saliout/Almaz à vocation duale, civile et militaire (observation depuis l’espace). Le premier exemplaire est placé en orbite en 1971. On y accueille des cosmonautes des « pays frères » et amis ; Jean-Loup Chrétien, le premier Français dans l’espace, séjournera sur Saliout-7 en 1982. La grande station Mir prend le relais en 1986.
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[40]
Apollo XVII, en décembre 1972, est la dernière (et la plus réussie sur le plan scientifique) des missions lunaires de la Nasa. Ce qui reste du matériel est utilisé pour la station orbitale Skylab en 1973-1974 et pour la mission commune Apollo-Soyouz de juillet 1975.
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[41]
En 1983, les manœuvres Able Archer de l’Otan sont si importantes que l’URSS croit un moment qu’il s’agit de la préparation d’une offensive générale contre les pays de l’Est.
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[42]
Lorsque la Nasa a lancé son programme de navette spatiale en 1973, les Russes ont été persuadés qu’il s’agissait d’un engin militaire. Ce n’était pas faux : la flotte de navettes devait remplacer tous les lanceurs classiques américains et mettre en orbite aussi bien les satellites de la Nasa que ceux du Pentagone. C’était apparemment l’instrument idéal de l’Initiative de défense stratégique, la guerre des étoiles du président Reagan.
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[43]
Lire à ce sujet : Philippe Coué, Étoiles noires de la guerre froide, éditions E-dite, 2011.
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[44]
Le budget de la Nasa est passé de 4,4 % du budget fédéral en 1966 à 1,6 % en 1972.
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[45]
Wernher von Braun est passé chez l’avionneur Fairchild après avoir quitté la Nasa. Il est mort d’un cancer en 1977.
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[46]
Ces 150 milliards (en dollars de 2019) correspondent, après correction de l’inflation, au coût du programme Apollo de 1960 à 1973, tel que le donnent aujourd’hui les officiels de la Nasa (ou les astronautes d’Apollo rencontrés au Salon aérospatial du Bourget en juin 2019). En dollars courants (non corrigés), les sources historiques de l’agence oscillent entre 19,4 et 25,4 milliards. Un nouveau mode de calcul fait monter la note à plus de 260 milliards (en dollars actuels). Lire à ce sujet : Casey Dreier, Planetary Society, « A new accounting for Apollo : How much did it really cost ? », The Space Review, 17 juin 2019.
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[47]
Le vice-président des États-Unis préside le National Space Council lorsque cette structure est activée, ce qui est le cas sous la présidence Trump.
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[48]
Le Space Launch System a une capacité d’emport vers la Lune de 26 tonnes dans sa version initiale, dite Block 1. Elle doit emmener les astronautes qui aluniront en 2024. Une version Block 1B plus puissante (37 tonnes) est prévue, et plus tard une Block 2 (45 tonnes). Rappelons que la Saturn V pouvait emmener 48,6 tonnes vers la Lune.
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[49]
Jim Bridenstine a pris ses fonctions à la tête de la Nasa en avril 2018 avec pour mission d’appliquer la Space Policy Directive 1 signée par le président Trump le 11 décembre 2017. Elle commande à la Nasa d’engager un programme d’exploration de la Lune et du système solaire avec l’aide de partenaires commerciaux et internationaux.
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[50]
La station Gateway ne sera pas exactement en orbite autour de la Lune, bien qu’elle décrive autour d’elle, en sept jours, une trajectoire très excentrique (3 000 kilomètres au périlune, 70 000 à l’apolune). En fait, l’orbite choisie dépend d’un des points de Lagrange, ces zones d’équilibre gravitationnel dans le système Terre-Lune (voir note 25). Appelée Near-Rectilinear Halo Orbit (NRHO), elle offre beaucoup d’avantages. Ainsi, la Gateway passera très peu de temps dans les cônes d’ombre de la Terre ou de la Lune, ce qui est bon pour les panneaux solaires qui l’alimentent en énergie. L’orbite permet aussi d’être simultanément en vue de la Terre et de la face cachée de la Lune, ce qui facilitera les communications radio (là encore, peu d’occultations). Complexe, la NRHO a été calculée par la Nasa avec l’aide de l’European Space Operations Center (Esoc) de l’Agence spatiale européenne, à Darmstadt (Allemagne).
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[51]
Avant d’être Lop-G et finalement Gateway, la station en orbite lunaire s’appelait Deep Space Gateway : la « porte de l’espace interplanétaire ».
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[52]
Le budget annuel de la Nasa dépasse les 20 milliards de dollars. Le Pentagone dispose du double pour ses activités spatiales, si on y inclut le budget du National Reconnaissance Office (NRO), secret mais estimé à 15 milliards. Les États-Unis consacrent plus d’argent à l’espace que le reste du monde confondu.
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[53]
L’Apollo Guidance Computer (AGC) qui équipait les vaisseaux lunaires fut, en 1966, un des tout premiers ordinateurs équipés de circuits intégrés.
La photo a été prise le 3 mai 1945. Wernher von Braun est au centre de l’image avec un bras dans le plâtre. À sa droite, Walter Dornberger, son mentor, fume, l’air soulagé. Ils se sont rendus aux Américains le jour précédent, en Autriche, avec quelques dizaines d’ingénieurs du centre d’essais de Peenemünde, après avoir échappé aux SS qui avaient ordre de les abattre en cas de menace de capture par les Alliés. L’opération Overcast, cette extraordinaire chasse aux cerveaux menée par le renseignement militaire américain, vient de faire sa plus grosse prise. On va enfin lever les mystères de la fusée V2, la Vergeltungswaffe la plus impressionnante de Hitler.
Pour des raisons de secret, Overcast est rebaptisée Paperclip en novembre 1945. Il ne s’agit plus seulement d’interroger les savants allemands capturés, mais de les envoyer travailler aux États-Unis. Paperclip va faire traverser l’Atlantique à plus de mille cinq cents chercheurs, experts en fuséologie, aéronautique, motorisation, nucléaire… D’autres passent en Grande-Bretagne ou en France. Quelques-uns s’échappent vers l’Amérique du Sud ou le Moyen-Orient. Les Soviétiques en récupéreront de leur côté plus de deux mille – ceux qui n’ont pas eu la chance de s’échapper à l’Ouest avec les meilleurs – au cours de l’opération Osoaviakhim, une rafle menée le 22 octobre 1946 par le NKVD dans l’Allemagne de l’Est occupée. Des V2 complètes, des pièces détachées, des plans, des machines-outils prennent les mêmes chemins.
La méfiance, voire la haine des Russes – compréhensible à l’aune des horreurs de la guerre à l’Est – va freiner la collaboration avec les ingénieurs récupérés…
Date de mise en ligne : 17/05/2023
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