3. Einstein, Bohr et la physique quantique
- Par Michel Le Bellac
Pages 57 à 69
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- LE BELLAC, Michel,
- Le Bellac, Michel.
- Le Bellac, M.
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La forme quasi définitive de la théorie quantique – dans le cas particulier de la mécanique ondulatoire – fut établie dans les années 1925-1927, principalement par Heisenberg, Schrödinger et Born, mais ce fut Bohr qui en fit la synthèse en donnant une interprétation épistémologique à tous les développements techniques accumulés durant ces deux années ; cette interprétation sera examinée en détail au chapitre 10. Bien qu’il reconnût l’efficacité de la mécanique quantique et ses succès par exemple en physique atomique et moléculaire, Einstein estimait que l’interprétation de Bohr ne constituait pas une réponse définitive. Pendant plusieurs années, il s’efforça de trouver des insuffisances dans la formulation de la théorie quantique telle qu’elle avait été plus ou moins acceptée par la grande majorité des physiciens, mais ses objections furent balayées par Bohr. Cependant, dans un article publié en 1935 avec Podolsky et Rosen, article universellement connu sous l’acronyme EPR formé par les initiales des trois auteurs, Einstein pensa avoir détecté une faille. La réponse obscure et pour partie hors sujet de Bohr montra qu’il avait visé juste. Cependant, jusqu’en 1964, le débat resta uniquement sur le terrain philosophique, et il fut d’ailleurs oublié de la plupart des physiciens comme n’ayant aucune implication pratique. C’est en 1964 que le physicien irlandais John Bell se rendit compte que les hypothèses contenues dans l’article EPR pouvaient être testées expérimentalement. Ces hypothèses conduisaient en effet à des inégalités, les inégalités de Bell, contredites par les prédictions de la théorie quantique…
Date de mise en ligne : 01/06/2022