2. Le progrès n’est pas un but mais un mouvement
- Par Pierre Jouvencel
- et Fabien Dworczak
Pages 59 à 66
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Victor Hugo, comme nous l’avons vu, a fermement défendu les progrès technologiques, porteurs, pour l’homme du dix-neuvième siècle, d’espoir en une vie meilleure et plus douce. Aujourd’hui où la technologie est omniprésente, quel regard porterait-il sur cet emballement technologique ?
Les machines et la technique devaient permettre pour l’homme du dix-neuvième que fut Hugo, de créer une nouvelle forme de travail, une nouvelle culture ouvrière, sensible notamment chez Zola, de transformer la société en profondeur. Il y avait donc une âme dans l’éloge de la technique car celle-ci permettait en libérant du temps, d’affranchir les hommes de leur joug et de leur donner l’instruction grâce à laquelle le peuple parviendrait enfin à s’émanciper.
Dans « Les Châtiments », Hugo écrit :
Il n’y a pas que Hugo, loin de là, pour vanter les mérites de la technique et de l’industrie, Maxime du Camp allant même jusqu’à proposer un avenir industriel et technique à la poésie.
Selon lui, la littérature aura à diriger l’industrie, car j’en suis fâché pour les rêveurs, le siècle est aux planètes et aux machines.
D’autres moins avant-gardistes sentiront venir le danger, comme le sage Théodore de Banville qui écrira dans un bel élan, possiblement prémonitoire : Dans l’âge des chemins de fer, de la photographie, du télégraphe électrique et du câble sous-marin, les amusements littéraires sont finis. Il n’y a plus que le langage vulgaire ou scientifique et l’ode. Comment s’écrirait-on en vers quand, grâce au ciel, la lettre écrite disparaît déjà devant la dépêche télégraphique …
Date de mise en ligne : 09/09/2024
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