Conclusion. Une révolution en marche
Pages 419 à 423
Citer ce chapitre
- BERSINI, Hugues,
- FRANCQ, Pascal
- et VAN ZEEBROECK, Nicolas,
- Bersini, Hugues.,
- et al.
- Bersini, H.,
- Francq, P.
- et Van Zeebroeck, N.
- H. Bersini,
- P. Francq
- et N. Van Zeebroeck
https://doi.org/10.3917/dbu.bersi.2023.01.0421
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- Bersini, H.,
- Francq, P.
- et Van Zeebroeck, N.
- H. Bersini,
- P. Francq
- et N. Van Zeebroeck
- Bersini, Hugues.,
- et al.
- BERSINI, Hugues,
- FRANCQ, Pascal
- et VAN ZEEBROECK, Nicolas,
https://doi.org/10.3917/dbu.bersi.2023.01.0421
Et si, s’inquiétait George Dyson, le prix de machines qui pensent était des gens qui ne
pensent plus ? Il n’est pas un pan de la société qui ne soit affecté par le numérique,
pas un domaine de nos vies sociales et professionnelles dans lequel l’ordinateur, plus
ou moins joliment habillé ou masqué, ne se soit immiscé. Si plus aucun chef ou cadre
d’entreprise ne prend de décision sans s’appuyer sur des données générées et présentées par
des systèmes informatiques, nous dépendons aussi chaque jour un peu plus de nos
compagnons numériques, que ce soit pour trouver notre chemin, obtenir un renseignement
administratif ou technique, ou encore la réponse à la question de culture générale qui nous
obsède. Mais ce confort et cette facilité d’accès à l’information ne risquent-elles pas d’avoir
raison de notre raison ?
L’ordinateur étant capable de traiter tout type d’information et excellant dans les calculs
répétitifs, nous aurions pu espérer qu’il se contente de s’acquitter de tâches fastidieuses et
rébarbatives, qu’il automatise les corvées et nous laisse nous concentrer sur les tâches à plus
haute valeur ajoutée : la créativité, le dialogue et l’argumentation, le jugement même. Mais
le voilà qui se met désormais à converser, à écrire poèmes et chansons, à dessiner ou
composer, le voilà qui se propose de réguler nos vies et même de nous forcer à nous
conformer aux règles. Cette nouvelle dictature des algorithmes s’appelle « algocratie » et
elle interpelle. Certains y voient un monde plus juste et raisonnable une fois régulé par des
algorithmes froids et implacables, d’autres craignent que l’humanité y perde son âme et
que forcer une exception (ce qu’on appelle parfois le « system override », c’est-à-dire le
pouvoir de forcer une machine à dévier de son exécution normale) devienne impossible,
avec toutes les conséquences possibles face aux réalités et aux situations riches, complexes,
et… imprévisibles…
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