Santé
Le microbiote, une cause de Parkinson ?
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Citer cet article
- SALTHUN-LASSALLE, Bénédicte,
- Salthun-Lassalle, Bénédicte.
- Salthun-Lassalle, B.
https://doi.org/10.3917/cerpsy.083.0012
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- Salthun-Lassalle, B.
- Salthun-Lassalle, Bénédicte.
- SALTHUN-LASSALLE, Bénédicte,
https://doi.org/10.3917/cerpsy.083.0012
1Maladies de Parkinson, d’Alzheimer, sclérose latérale amyotrophique : quel est le point commun de ces pathologies cérébrales ? Des neurones meurent dans différentes régions cérébrales, à cause, entre autres, de l’accumulation de protéines « agrégées » dites amyloïdes. Ces protéines anormales, sortes de pelotes qui s’agrègent dans le cerveau, se transmettent de neurone en neurone, entre les différentes régions cérébrales et même entre diverses parties du corps, provoquant probablement une inflammation et la mort des cellules. D’où proviennent-elles ? Shu Chen, de l’université Case western reserve, à Cleveland, et ses collègues montrent qu’elles seraient issues de nos intestins, précisément des bactéries de la flore formant le microbiote.
2Nos intestins renferment plus de 1,5 kilogramme de bactéries aux rôles variés (digestifs, antiinflammatoires…), pour la plupart inoffensives. Mais depuis 2002, on sait que certaines produisent des protéines amyloïdes, qui favorisent leur prolifération, leur adhérence et leur résistance. Les plus étudiées sont les « curli » des bactéries Escherichia coli. Les chercheurs ont supposé que ces protéines amyloïdes de la flore provoquaient l’apparition des protéines amyloïdes dans les neurones du cerveau. Ils ont donc choisi d’étudier l’agrégation de l’une de ces protéines, l’alpha-synucléine, qui s’accumule chez les patients atteints de la maladie de Parkinson. Pour ce faire, ils ont nourri pendant deux ou trois mois 344 rats âgés avec des bactéries E. coli produisant des curli, d’autres animaux recevant des bactéries modifiées ne produisant plus de curli.
3Résultat : les rats du premier groupe ont présenté des protéines alpha-synucléines agrégées dans leurs intestins et dans leurs neurones. Alors que les animaux exposés aux bactéries ne produisant pas de curli ont développé très peu d’agrégats. En outre, l’apparition des protéines amyloïdes provoquait une réaction inflammatoire locale intense dans le cerveau des rats, comparable à celle observée dans le cerveau des patients.
4Cette étude est l’une des premières à démontrer que le microbiote est capable de provoquer l’agrégation de protéines dans les neurones. Voilà une nouvelle piste de recherche pour mieux comprendre les maladies neurodégénératives.
- S. Chen et al., Nature, en ligne le 6 octobre 2016.