Neurobiologie
Sexe et calculs mentaux
- Par Sébastien Bohler
Page 8
Citer cet article
- BOHLER, Sébastien,
- Bohler, Sébastien.
- Bohler, S.
https://doi.org/10.3917/cerpsy.076.0008
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- Bohler, S.
- Bohler, Sébastien.
- BOHLER, Sébastien,
https://doi.org/10.3917/cerpsy.076.0008
1On dit parfois que pour faire durer les ébats sexuels, il faut faire des calculs mentaux qui aident à garder la tête froide et ne pas céder trop tôt à la volupté. C’est donc une heureuse coïncidence que révèle une étude britannique : le fait d’avoir des rapports sexuels semble favoriser les fonctions cognitives associées au calcul mental. Cette étude réalisée auprès de 6 833 sujets de plus de 50 ans établit qu’au-delà de cet âge, la fréquence des rapports sexuels est associée, chez les hommes et les femmes, à de meilleures performances dans des tâches de mémoire consistant à restituer immédiatement ou après un délai une liste de dix mots entendus, et de surcroît chez les hommes, à de meilleurs scores dans une tâche de complétion de série de nombres (par exemple, compléter la série « 2-3-5-8-12-17- ? »).
2Cette étude met aussi en évidence d’autres facteurs associés à un bon niveau de mémoire et de raisonnement : qualité de vie, activité physique ou liens sociaux notamment. Mais l’activité sexuelle apporte un bénéfice supplémentaire et indépendant de ces diverses conditions.
3Les rapports amoureux ont des effets singuliers sur le cerveau : on sait qu’ils font intervenir des cocktails d’hormones comme la testostérone, la dopamine, la prolactine ou l’ocytocine, lesquelles agissent non seulement sur le fonctionnement du corps mais aussi sur celui de nos neurones. Les récepteurs moléculaires de la dopamine, font ainsi valoir les auteurs de ces recherches, ont un effet stimulant sur les processus cognitifs. Quant à ceux de l’ocytocine, ils sont principalement étudiés dans le cadre de la cognition sociale, mais des recherches plus récentes mettent en évidence leur rôle dans les processus de mémorisation.
4D’une certaine façon, en aidant à leur libération par notre corps, l’acte sexuel au-delà de 50 ans irriguerait le cerveau de ces substances de façon régulière, leur faisant jouer le rôle d’un engrais bénéfique. Un bénéfice double, puisqu’une bonne capacité de calcul mental vous aidera à faire durer le plaisir…
- H. Wright et R. A. Jenks, Sex on the brain ! Associations between sexual activity and cognitive function in older age, Age and ageing, janvier 2016.