Article de magazine

Psychologie cognitive

Notre attention menacée par les smartphones

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Citer cet article


  • Bohler, S.
(2016). Notre attention menacée par les smartphones. Cerveau & Psycho, 79(7), 8-8. https://doi.org/10.3917/cerpsy.079.0008.

  • Bohler, Sébastien.
« Notre attention menacée par les smartphones ». Cerveau & Psycho, 2016/7 N° 79, 2016. p.8-8. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2016-7-page-8?lang=fr.

  • BOHLER, Sébastien,
2016. Notre attention menacée par les smartphones. Cerveau & Psycho, 2016/7 N° 79, p.8-8. DOI : 10.3917/cerpsy.079.0008. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2016-7-page-8?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.079.0008


Description de l'image par IA : Un adolescent en fauteuil roulant utilise un smartphone dans un cadre scolaire.
© Shutterstock.com/Syda Productions

1Depuis plusieurs années, les enseignants pointent du doigt la difficulté d’obtenir une attention soutenue de leurs élèves, et notent les interruptions fréquentes causées par les smartphones. Certains psychiatres ont également alerté sur les dangers potentiels de ces appareils pour les facultés attentionnelles du cerveau. Les premiers résultats expérimentaux devant trancher cette question ont été obtenus récemment par une équipe de l’université de Virginie. Dans cette étude, 221 étudiants ont passé successivement une semaine avec leur smartphone et une semaine sans. La première semaine, les symptômes classiques d’inattention répertoriés dans le trouble de l’attention avec hyperactivité (distractibilité, inattention, difficultés de concentration) ont augmenté et la productivité des étudiants a baissé. La deuxième semaine, les symptômes ont régressé et la productivité est remontée. En partie réversibles sur une courte durée et chez des adolescents, ces pertes d’attention pourraient être beaucoup plus difficiles à restaurer chez des enfants les ayant subies pendant les phases critiques de leur développement cérébral.

2S’intéressant aux effets de l’enseignement numérique, des psychologues expérimentaux de l’université de Pittsburgh ont quant à eux testé les effets d’un enseignement sur tablettes : dans leurs expériences, 81 étudiants ont été interrogés à propos d’un texte préalablement étudié sur tablette ou sur papier. Les résultats ont montré que le niveau d’abstraction de leur pensée était réduit de près de 30 % par le support tablette (48 % de réponses correctes à des questions d’ordre abstrait sur le texte, contre 66 % pour l’étude sur papier). La capacité de jugement et de prise de décision était également altérée : devant lire quatre descriptifs de modèles de voitures puis décider quel modèle présentait le meilleur compromis (prix, qualité, consommation, sécurité), ils étaient seulement 43 % à trouver la bonne réponse sur tablette, contre 66 % sur papier. Aujourd’hui, le virage vers le numérique à l’école a été décidé sans prendre en compte de telles observations.

  • G. Kaufman et M. Flanagan, Proceedings of the 2016 CHI conference on human factors in computing systems, à paraître.

Date de mise en ligne : 01/12/2021

https://doi.org/10.3917/cerpsy.079.0008