Article de magazine

Neurobiologie

Des biomarqueurs de l’intelligence

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Citer cet article


  • Bohler, S.
(2016). Des biomarqueurs de l’intelligence. Cerveau & Psycho, 80(8), 9b-9b. https://doi.org/10.3917/cerpsy.080.0009b.

  • Bohler, Sébastien.
« Des biomarqueurs de l’intelligence ». Cerveau & Psycho, 2016/8 N° 80, 2016. p.9b-9b. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2016-8-page-9b?lang=fr.

  • BOHLER, Sébastien,
2016. Des biomarqueurs de l’intelligence. Cerveau & Psycho, 2016/8 N° 80, p.9b-9b. DOI : 10.3917/cerpsy.080.0009b. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2016-8-page-9b?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.080.0009b


Description de l'image par IA : Cerveau humain en 3D avec des connexions neuronales complexes.

1Comment reconnaît-on un cerveau intelligent ? Cette question qui a longtemps flirté avec la phrénologie (la science aujourd’hui discréditée des bosses du crâne), connaît aujourd’hui un regain d’intérêt grâce aux outils statistiques et aux méthodes d’imagerie, lesquelles accèdent à des données autrement plus sérieuses sur le fonctionnement cérébral. À l’université de l’Illinois, des neurobiologistes ont collecté des données sur l’intelligence de 211 adultes, hommes et femmes, qu’ils ont croisées avec des mesures de deux facteurs biologiques : la taille de leur cerveau d’une part, et d’autre part la concentration d’un métabolite appelé naa (pour N-acetyl aspartic acid), qui résulte de la dégradation du glucose dans le cerveau.

2Leur astuce a consisté à séparer deux aspects classiquement mesurés par les tests de QI : l’intelligence des nombres et de la logique, et l’intelligence verbale et spatiale. En comparant les niveaux d’intelligence numérique et de raisonnement avec la taille du cerveau mesurée par irm, ils ont observé une corrélation de 21 %. Ce qui signifie que la taille du cerveau expliquerait 21 % des différences d’intelligence numérique entre les personnes. Pas un facteur déterminant, mais un marqueur parmi d’autres. En revanche, la taille du cerveau n’est aucunement liée à l’intelligence verbale et spatiale : cette fois, c’est la concentration du métabolite naa qui entre en jeu, à hauteur de 21 %… Pourquoi ? Cette molécule est un produit secondaire de la dégradation du glucose par le cerveau : plus notre cerveau consomme d’énergie, plus il sécrète de naa. Un signe que les neurones fonctionnent bien…

3Si des questions restent en suspens (si le naa est le signe d’un bon fonctionnement des neurones, pourquoi n’est-il pas lié à l’intelligence numérique ?), l’absence de lien entre taille du cerveau et intelligence verbale rappelle en tout cas un fait bien connu des anatomistes : le cerveau le plus petit et celui le plus gros connus à ce jour appartiennent à deux écrivains : Anatole France et Ivan Tourgueniev ! Signe qu’en littérature comme en d’autres domaines, la taille importe peu.

  • E. J. Paul, et al., Dissociable brain biomarkers of fluid intelligence, NeuroImage, vol. 137, pp. 201-211, 2016.

Date de mise en ligne : 01/12/2021

https://doi.org/10.3917/cerpsy.080.0009b