Article de magazine

Émotions

Quand la musique sape l’empathie

Page 9b

Citer cet article


  • Bohler, S.
(2017). Quand la musique sape l’empathie. Cerveau & Psycho, 94(11), 9b-9b. https://doi.org/10.3917/cerpsy.094.0009b.

  • Bohler, Sébastien.
« Quand la musique sape l’empathie ». Cerveau & Psycho, 2017/11 N° 94, 2017. p.9b-9b. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2017-11-page-9b?lang=fr.

  • BOHLER, Sébastien,
2017. Quand la musique sape l’empathie. Cerveau & Psycho, 2017/11 N° 94, p.9b-9b. DOI : 10.3917/cerpsy.094.0009b. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2017-11-page-9b?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.094.0009b


Description de l'image par IA : Femme aux longs cheveux blonds tenant un sabre, vêtue d'une combinaison jaune et noire, devant un fond orange et noir.
© Usa-Pyon/shutterstock.com

1Pulp Fiction, Kill Bill, Inglourious Basterds : quels films ! Et quelles musiques ! Tarantino a le chic de mettre en scène des massacres sanglants sur fond de musique entraînante. La violence devient alors comme distante, voire drôle. Des neuroscientifiques de l’université de Shenzen, en Chine, ont montré pourquoi : le simple fait d’écouter de la musique joyeuse empêche notre cerveau de réagir à la vue d’une personne qui souffre…

2Les neuroscientifiques chinois ont invité des volontaires à écouter des morceaux de musique joyeuse, puis leur ont montré des photographies d’une personne en train de couper des légumes avec un couteau de cuisine. Sur certaines photos, la personne s’entaillait la main par mégarde, et les expérimentateurs étudiaient alors la réaction des spectateurs. Pour cela, ils disposaient sur leur crâne un bonnet muni d’électrodes captant les courants électriques produits par leur cerveau. Certaines de ces ondes, bien caractérisées par les neurologues, reflètent la sensibilité immédiate et spontanée de notre cerveau à la douleur d’autrui. Or ces ondes étaient très fortement réduites chez les personnes ayant écouté de la musique joyeuse. Au contraire, les participants qui avaient écouté de la musique triste présentaient une réaction cérébrale intense face au spectacle de la personne se coupant la main.

Piégés par l’émotion

3Pourquoi somme-nous moins sensibles à la douleur d’autrui lorsque nous écoutons de la musique joyeuse ? À cause de l’écart entre les émotions que nous ressentons et celles éprouvées par la personne souffrante. Les psychologues parlent à ce propos d’incongruité émotionnelle, et pensent que tout ce qui diminue la ressemblance entre soi et une personne en détresse, diminue aussi l’empathie que nous pouvons ressentir pour elle. Les marques de dissemblance peuvent être la couleur de la peau, la religion ou la langue, l’histoire ne nous l’a que trop bien montré. Nous savons maintenant que cela peut aussi être la proximité des émotions.

  • J. Cheng et al., Scientific Reports, publication en ligne du 12 octobre 2017.

Date de mise en ligne : 01/12/2021

https://doi.org/10.3917/cerpsy.094.0009b