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Neurosciences

Ouf ! ce n’était qu’un rêve…

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  • Bohler, S.
(2017). Ouf ! ce n’était qu’un rêve… Cerveau & Psycho, 85(2), 10-10. https://doi.org/10.3917/cerpsy.085.0010.

  • Bohler, Sébastien.
« Ouf ! ce n’était qu’un rêve… ». Cerveau & Psycho, 2017/2 N° 85, 2017. p.10-10. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2017-2-page-10?lang=fr.

  • BOHLER, Sébastien,
2017. Ouf ! ce n’était qu’un rêve… Cerveau & Psycho, 2017/2 N° 85, p.10-10. DOI : 10.3917/cerpsy.085.0010. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2017-2-page-10?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.085.0010


Description de l'image par IA : Femme nue sous drap, diable sombre derrière.

1La dernière fois que vous avez rêvé que Donald Trump était élu, vous avez essayé de vous réveiller, mais une enclume pesait sur votre poitrine et votre corps ne répondait pas à vos ordres. Vous étiez victime de la très classique paralysie du sommeil, une réaction normale au cours des rêves, mais évidemment très désagréable dans ce cas précis. Des chercheurs en neurosciences viennent d’en découvrir la cause.

La paralysie du sommeil

2Les rêves sont produits en priorité au cours d’un stade du sommeil appelé sommeil paradoxal. Il porte bien son nom, car s’il produit des rêves intenses, il fige aussi tous nos mouvements, des pieds à la tête. Aucun tonus musculaire, impossible de lever le petit doigt.

3La paralysie du sommeil coupe littéralement notre cerveau de notre corps. Or ce court-circuit, ont découvert des chercheurs du Centre de recherches en neurosciences de Lyon, est réalisé par une poignée de neurones situés dans le tronc cérébral, dans un petit centre nerveux appelé « noyau tegmental sublatérodorsal ». Patrice Fort et ses collègues ont réussi, chez des rats de laboratoire, à interférer avec ces neurones de manière à bloquer leur fonctionnement. Résultat : au beau milieu de leurs rêves, les rongeurs se sont mis à bouger, à se déplacer, chose qui eût été impossible en temps normal.

4Les neurones du noyau tegmental sublatérodorsal jouent le rôle de cloison étanche pour maintenir l’activité des rêves à distance de nos mouvements réels. L’explication serait la suivante : le rêve est un moment d’intense activité cérébrale que nous ne contrôlons pas. Il serait dangereux de permettre à cette activité de piloter notre corps dans la vie réelle, produisant des effets gênants. Que se passerait-il en effet si vous vous mettiez à jeter des chaises en plein meeting de la convention républicaine, au beau milieu de votre chambre, à côté de votre conjoint(e) affolé(e) ? Mieux vaut aller au bout du cauchemar et se réveiller en constatant que ce n’était qu’un rêve. Pardon. Je rêvais à voix haute. La réalité, parfois, dépasse le pouvoir du noyau tegmental sublatérodorsal.

  • S. Valencia-Garcia et al., Genetic inactivation of glutamate neurons, Brain, à paraître.

Date de mise en ligne : 01/12/2021

https://doi.org/10.3917/cerpsy.085.0010