Neurosciences
Homo ? Hétéro ? Bi ? Ça se voit dans votre cerveau
- Par Sébastien Bohler
Page 11
Citer cet article
- BOHLER, Sébastien,
- Bohler, Sébastien.
- Bohler, S.
https://doi.org/10.3917/cerpsy.087.0011
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- Bohler, S.
- Bohler, Sébastien.
- BOHLER, Sébastien,
https://doi.org/10.3917/cerpsy.087.0011
1Comment notre cerveau nous fait-il aimer les hommes, les femmes ou les deux ? En attendant de savoir ce qu’il en est chez les femmes, Adam Safron et ses collègues des universités Northwestern aux États-Unis et de Magdebourg en Allemagne ont mené une première expérience chez des hommes hétéro-, homo- ou bisexuels qu’ils ont placés dans une IRM et à qui ils ont montré des images érotiques d’hommes ou de femmes.
2Une zone de leur cerveau s’est alors activée différemment, selon leurs préférences sexuelles. Il s’agit du striatum ventral, un groupe de neurones situé vers le bas du cerveau et dans le tiers avant. Le striatum ventral est, de façon générale, impliqué dans diverses formes d’envie, qu’il s’agisse de sexe, de nourriture, de boisson, d’alcool, de tabac, de jeux vidéo…
3Les scientifiques ont étudié l’activité de ce striatum grâce à un logiciel comparateur qui retranchait systématiquement le niveau d’activité déclenché par la vue d’une femme de celui suscité par un homme. Le logiciel fournissait une valeur numérique qui indiquait la préférence du striatum ventral pour chaque sexe : un résultat positif indiquait une préférence pour les hommes, un résultat négatif une préférence pour les femmes. Chez les hommes homosexuels, le résultat s’est révélé positif : le striatum s’activait davantage face aux clichés d’hommes que de femmes. Chez les hétérosexuels, c’était le contraire. Et chez les hommes bisexuels, le résultat net était nul, révélant une attraction identique pour les deux sexes.
4Quelle est la cause de ce fonctionnement particulier ? Les mécanismes de l’excitation sexuelle seraient en quelque sorte indifférenciés : le striatum aurait la capacité spontanée de s’activer à la vue d’un homme ou d’une femme. Simplement, chez un homme hétérosexuel, cette capacité serait muselée par des signaux visuels, sonores ou olfactifs émis par les hommes : voix grave, menton carré, forte pilosité ou odeur musquée bloqueraient l’activation du striatum. Chez un homme homosexuel, le striatum serait bloqué en présence de femmes. Chez un bisexuel, aucun blocage… Moralité : les préférences sexuelles sont une affaire de freins, plus que d’accélérateurs.
- A. Safron et al., Neural correlates of sexual orientation in heterosexual, bisexual, and homosexual men, in Scientific Reports, 1er février 2017.