Article de magazine

Psychiatrie

Déficit attentionnel : les causes cérébrales

Page 9b

Citer cet article


  • Bohler, S.
(2017). Déficit attentionnel : les causes cérébrales. Cerveau & Psycho, 88(5), 9b-9b. https://doi.org/10.3917/cerpsy.088.0009b.

  • Bohler, Sébastien.
« Déficit attentionnel : les causes cérébrales ». Cerveau & Psycho, 2017/5 N° 88, 2017. p.9b-9b. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2017-5-page-9b?lang=fr.

  • BOHLER, Sébastien,
2017. Déficit attentionnel : les causes cérébrales. Cerveau & Psycho, 2017/5 N° 88, p.9b-9b. DOI : 10.3917/cerpsy.088.0009b. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2017-5-page-9b?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.088.0009b


Description de l'image par IA : Cerveau connecté avec des lignes et des points lumineux.
© TatianaShapeleva/Shutterstock.com

1Pour la première fois, une étude réalisée sur plus de 1 700 personnes atteintes de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (tdah) aux États-Unis a permis d’identifier de façon fiable les différences entre leur cerveau et celui de sujets sains.

2L’étude a révélé que quatre zones du cerveau sont plus petites chez les patients enfants, mais non chez les adultes. Il s’agit de régions impliquées dans la motivation et la recherche de plaisir (le noyau caudé et le noyau accumbens), mais aussi dans les émotions (l’amygdale) ou la mémoire (l’hippocampe). Les deux premières zones sont impliquées dans la motivation, un des grands problèmes rencontrés par les patients atteints de tdah. La difficulté à rester motivé, qui résulterait d’un fonctionnement insuffisant des noyaux caudé et accumbens, expliquerait en partie la concentration fragile de ces personnes.

3Un autre volet de la maladie se rapporte aux émotions : les patients ont souvent du mal à réguler ces dernières dans les situations de frustration, ce qui pourrait s’expliquer par une maturation plus lente de leur amygdale, une véritable plaque tournante de nos ressentis affectifs.

4Cette étude laisse toutefois planer un mystère : ces différences sont présentes dans le cerveau des enfants hyperactifs, mais pas dans celui des adultes. Pourtant, les adultes hyperactifs continuent de rencontrer ces difficultés. Certains d’entre eux disent fonctionner « différemment », débordant d’énergie sur de courtes durées, mais ayant parfois les pires difficultés à mener des projets à long terme. Il semble que le cerveau rattrape son retard de maturation sur le plan anatomique, mais que des différences de fonctionnement perdurent. Dans cette optique, le trouble déficitaire de l’attention serait à considérer comme un mode de fonctionnement mental axé sur l’immédiateté et l’impulsion, plus que comme une pathologie. Simplement, ce mode de fonctionnement est peu adapté au système scolaire qui exige de rester de longues heures immobile et concentré.

5S. B.

  • M. Hoogman et al., Subcortical brain volume differences in participants with attention deficit hyperactivity disorder in children and adults : A cross-sectional mega-analysis, The Lancet Psychiatry, en ligne le 17 février 2017.

Date de mise en ligne : 01/12/2021

https://doi.org/10.3917/cerpsy.088.0009b