Psychologie sociale
Des sourires qui n’ont plus de secret
- Par Sébastien Bohler
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Citer cet article
- BOHLER, Sébastien,
- Bohler, Sébastien.
- Bohler, S.
https://doi.org/10.3917/cerpsy.092.0007
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- Bohler, S.
- Bohler, Sébastien.
- BOHLER, Sébastien,
https://doi.org/10.3917/cerpsy.092.0007
1Un sourire, ce ne sont pas seulement deux lèvres qui se relèvent et une impression générale de bien-être. Les psychologues distinguent au moins trois formes différentes de sourires : le sourire « de récompense » exprime la gratitude ou le contentement lorsqu’on vous fait un cadeau ou un compliment ; le sourire d’affiliation est esquissé pour exprimer ses intentions pacifiques ou conciliantes ; et le sourire de domination… Celui-là est un peu différent des autres. Un brin carnassier, c’est celui du collègue qui marque son territoire, ou du supérieur qui veut vous confier une tâche…
2Savoir distinguer ces trois sourires constitue un avantage indéniable pour percer à jour les intentions et émotions de son entourage. Aux universités de Cardiff, de Glasgow et du Wisconsin, des chercheurs ont décomposé des centaines de sourires en contractions de différents muscles faciaux, appelées unités d’action faciale. Ils ont constaté que le sourire de récompense se caractérise par une élévation symétrique des coins de la bouche et par des sourcils relevés ; le sourire d’affiliation y ajoute un pincement des lèvres. Quant au sourire de domination, il est asymétrique : un coin de la bouche se relève plus que l’autre, et la pommette de la joue se soulève vers l’oeil, rétrécissant son diamètre. Il partage en cela des points communs avec l’expression faciale du mépris. Une signature caractéristique qui vous évitera peut-être d’être mené(e) en bateau.
- M. Rychlowska et al., Functional smiles : Tools for love, sympathy, and war, Psychological Science, à paraître.