Cognition
Le paradoxe des joueuses d’échecs
- Par Sébastien Bohler
Page 7
Citer cet article
- BOHLER, Sébastien,
- Bohler, Sébastien.
- Bohler, S.
https://doi.org/10.3917/cerpsy.098.0007
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- Bohler, S.
- Bohler, Sébastien.
- BOHLER, Sébastien,
https://doi.org/10.3917/cerpsy.098.0007
1Aux échecs, certaines femmes choisissent de participer aux compétitions mixtes, et refusent de s’engager dans les compétitions exclusivement féminines. Les échecs sont un sport, mais un sport cérébral, et a priori il n’y a aucune raison que le cerveau des femmes ait des performances inférieures à celui des hommes. Par exemple, la femme ayant obtenu les meilleures performances au classement Elo, la Hongroise Judit Polgár, est arrivée huitième des championnats du monde mixtes en 2005. Presque impensable dans une compétition d’athlétisme ou de tennis.
2Peut-être un jour une championne dominera-t-elle cette discipline. Mais les obstacles à franchir sont difficiles à identifier. Car le principal effet soupçonné de diminuer les performances des femmes, la menace de stéréotype, serait finalement hors de cause, d’après une étude récente. La menace de stéréotype est un mécanisme psychologique qui amoindrit les performances des femmes dans un domaine, dès qu’on leur dit qu’elles sont habituellement inférieures aux hommes dans ce domaine. Cet effet étant établi en mathématiques, on a longtemps pensé que, confrontées à des hommes, les joueuses d’échecs perdraient en partie leurs moyens pour la même raison.
3Or, d’après les observations réalisées récemment sur 5,5 millions de parties en tournoi international, c’est le contraire qui se produit. Les femmes jouent mieux contre les hommes que contre d’autres femmes. Patatras ! D’autres causes sont à rechercher, si l’on espère un jour voir une femme consacrée au plus haut niveau.
- T. Stafford, Psychological Science, publication en ligne du 24 janvier 2018.