Neurosciences
Notre cerveau nie notre mort
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Citer cet article
- SALTHUN-LASSALLE, Bénédicte,
- Salthun-Lassalle, Bénédicte.
- Salthun-Lassalle, B.
https://doi.org/10.3917/cerpsy.116.0007
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- Salthun-Lassalle, B.
- Salthun-Lassalle, Bénédicte.
- SALTHUN-LASSALLE, Bénédicte,
https://doi.org/10.3917/cerpsy.116.0007
1Nous savons tous que nous allons mourir. Certes. Sauf qu’instinctivement, nous nous efforçons d’éviter de prendre conscience de notre mortalité. Et selon Yair Dor-Ziderman, de l’université Bar Ilan, en Israël, et ses deux collègues, il existe un mécanisme neurocognitif qui nous permet de nier notre propre mort, mais pas celle des autres.
2Pour le prouver, les scientifiques ont mis au point deux expériences avec au total plus d’une cinquantaine de volontaires. L’idée générale de leurs tests consistait à faire visualiser aux sujets des images d’eux-mêmes, ou d’un inconnu du même sexe, ou encore d’une personne dont les traits mêlaient ceux des deux visages, chaque scène étant associée à un mot, soit lié à la mort – comme funérailles et enterrement –, soit neutre. Les scientifiques ont surtout observé l’activité cérébrale de deux zones impliquées dans la prédiction des événements futurs : l’insula et le cortex cingulaire antérieur. Lorsque nous entendons un mot évoquant la mort en voyant le visage d’une autre personne, ce système de prédiction se projette dans l’avenir et envisage le décès possible de cette personne. Qu’en est-il lorsque c’est notre propre visage qui nous est présenté ?
3Dans ce cas, le système de prédiction des sujets s’éteignait. Notre cerveau met hors circuit les dispositifs qui permettraient d’envisager notre propre finitude et qui, selon les chercheurs, se développeraient dans l’enfance au moment où nous commençons à comprendre l’inévitabilité de notre disparition. Ainsi, nous éviterions les pensées trop déstabilisantes. Pour vivre positivement dans le présent.
- Y. Dor-Ziderman et al., NeuroImage, vol. 202, 15 novembre 2019.