Nutrition
Le microbiote anti-Alzheimer
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- SALTHUN-LASSALLE, Bénédicte,
- Salthun-Lassalle, Bénédicte.
- Salthun-Lassalle, B.
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- Salthun-Lassalle, B.
- Salthun-Lassalle, Bénédicte.
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1Bien manger pour éviter la maladie d’Alzheimer ? Cela devient une véritable piste d’action si l’on en croit les dernières recherches scientifiques révélant que le microbiote, l’ensemble des bactéries inoffensives peuplant nos intestins, agit sur notre cerveau. Une nouvelle étude les corrobore : Ravinder Nagpal, de l’école de médecine Wake Forest en Caroline du Nord, et ses collègues viennent d’identifier des « signatures » microbiotiques associées au risque de développer la maladie d’Alzheimer.
2Pour ce faire, les chercheurs ont travaillé avec 17 personnes âgées en moyenne de 65 ans, dont 11 souffraient de déclin cognitif léger, souvent annonciateur d’une maladie d’Alzheimer, et 6 présentaient une cognition normale. Ils leur ont proposé, pendant 6 semaines, soit un régime contre les troubles cardiaques, riche en glucides et pauvre en acides gras, soit, à l’inverse, un régime méditerranéen, pauvre en glucides et riche en acides gras. Avant et après l’introduction de chaque régime, les scientifiques analysaient le microbiote intestinal des participants, la concentration d’acides gras à chaîne courte dans leurs selles (à savoir les métabolites produits par les bactéries intestinales, comme l’acétate, le propionate et le butyrate, qui ont un effet sur l’activité cérébrale et les neurones), ainsi que des marqueurs de la maladie d’Alzheimer dans leur liquide céphalorachidien.
3Résultat : avant le début du régime, les personnes souffrant de déclin cognitif et celles en bonne santé mentale présentaient la même diversité de bactéries intestinales. Toutefois, certaines « signatures » microbiotiques (des associations entre certaines bactéries et leurs métabolites fécaux) n’existaient que chez les sujets ayant des troubles cognitifs, et les chercheurs ont réussi à les lier à différents degrés d’évolution du déclin cognitif. De plus, certaines souches bactériennes, comme Enterobacteriaceae, étaient plus nombreuses après un régime méditerranéen, tandis que c’était la souche Mollicutes la plus répandue après le régime censé prévenir les troubles cardiaques. De même, le régime méditerranéen augmentait le propionate et le butyrate, alors que l’autre régime augmentait l’acétate et le propionate.
4Il est donc fort probable que le régime méditerranéen diminue le risque de développer une maladie d’Alzheimer, notamment parce qu’il rehausse les taux de propionate et butyrate, qui sont d’autant plus bas chez les patients en déclin cognitif que ces derniers présentent des marqueurs d’Alzheimer.
- R. Nagpal et al., EBioMedicine, vol. 47, pp. 529-542, 2019.
Date de mise en ligne : 01/12/2021