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Psychologie

Fier de mon enfant !

Page 9b

Citer cet article


  • Bohler, S.
(2021). Fier de mon enfant ! Cerveau & Psycho, 132(5), 9b-9b. https://doi.org/10.3917/cerpsy.132.0009b.

  • Bohler, Sébastien.
« Fier de mon enfant ! ». Cerveau & Psycho, 2021/5 N° 132, 2021. p.9b-9b. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2021-5-page-9b?lang=fr.

  • BOHLER, Sébastien,
2021. Fier de mon enfant ! Cerveau & Psycho, 2021/5 N° 132, p.9b-9b. DOI : 10.3917/cerpsy.132.0009b. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2021-5-page-9b?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.132.0009b


Description de l'image par IA : Femme aide un enfant en lui mettant une couronne.

1Si vous avez déjà été pris à part par une maman ou un papa qui vous a vanté pendant des heures les prouesses de son enfant, ses notes à l’école, ses performances sportives ou musicales, son intelligence de tous les instants, sa créativité sans bornes… peut-être vous êtes-vous demandé ce qui se passait dans sa tête.

2Des recherches menées à l’université de Leyde, aux Pays-Bas, permettent aujourd’hui de répondre à cette question.

3Bien des parents (et peut-être n’échappez-vous pas à la règle) se projettent dans leur progéniture au point que leur sentiment d’autoréalisation s’appuie en partie sur ce prolongement d’eux-mêmes. Intrigués par le phénomène, Lisanne van Houtum et ses collègues ont mesuré l’activité neuronale de ces parents quand on leur délivrait des commentaires positifs ou négatifs sur leur bambin. Les résultats sont éloquents. En cas de commentaire positif, c’est le cortex préfrontal ventromédian qui s’allume. Cette zone du cerveau était jusqu’à présent réputée intervenir dans tous les processus de réflexion en première personne. Par exemple, lorsqu’on se pose des questions telles que : Qui suis-je ? Quels sont mes souvenirs d’adolescence ? Quel métier voudrais-je faire plus tard ? Or, voici que cette partie de notre encéphale se met à bouillir quand on nous parle de nos enfants. Mon enfant, c’est moi ! Surtout quand on en dit du bien…

4En revanche, si jamais un insolent se permet de dire du mal de votre petit trésor, ce sont deux autres zones qui entrent en action : le cortex cingulaire antérieur et l’insula. Le premier tire un signal d’alarme quand la réalité ne correspond pas à ce qu’on attend. La seconde intervient dans la perception de la douleur et des sensations viscérales. Attention, on attaque mon petit, c’est moi qu’on attaque, ça me fait mal et ce n’est pas du tout ce que j’attendais !

5Évidemment, les enfants ont besoin de sentir que leurs parents sont fiers d’eux, notamment pour se construire une bonne estime de soi. Mais pas seulement. Ils ont besoin de se sentir aimés indépendamment de leurs performances, sous peine de développer une estime de soi dépendante du regard d’autrui. Et d’autres études ont montré que lorsque les parents idéalisent trop leur petit, celui-ci a ensuite du mal, en grandissant, à accepter les inévitables déconvenues que réserve l’existence… Alors, prudence sur le préfrontal ventromédian et le cortex cingulaire antérieur !

  • L. A. E. M. van Houtum et al., Social Cognitive and Affective Neuroscience, vol. 16, pp. 406-417, 2021.

Date de mise en ligne : 01/12/2021

https://doi.org/10.3917/cerpsy.132.0009b