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Neuroendocrinologie

Tactile ou distant : votre cerveau décide !

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Citer cet article


  • Bohler, S.
(2024). Tactile ou distant : votre cerveau décide ! Cerveau & Psycho, 162(2), 10-10. https://doi.org/10.3917/cerpsy.162.0010.

  • Bohler, Sébastien.
« Tactile ou distant : votre cerveau décide ! ». Cerveau & Psycho, 2024/2 N° 162, 2024. p.10-10. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2024-2-page-10?lang=fr.

  • BOHLER, Sébastien,
2024. Tactile ou distant : votre cerveau décide ! Cerveau & Psycho, 2024/2 N° 162, p.10-10. DOI : 10.3917/cerpsy.162.0010. URL : https://stm.cairn.info/magazine-cerveau-et-psycho-2024-2-page-10?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cerpsy.162.0010


Certains aiment le contact physique et les embrassades, d’autres gardent leurs distances. Une molécule cérébrale serait en cause.

Description de l'image par IA : Trois personnes rient et s'embrassent chaleureusement devant une porte en bois sombre.
© Srdjan Randjelovic/Shutterstock

1 Vous aimez les câlins, cherchez la proximité physique, faites la bise à tout-va et prenez les gens dans vos bras sans retenue ? Ou bien, au contraire, préférez-vous éviter le contact, rester à distance, et sursautez quand une main se pose sur votre avant-bras ? La responsable pourrait bien être une molécule de dix milliardièmes de milliardième de milligramme… appelée ocytocine. Cette hormone produite par l’épiphyse conditionne en partie nos comportements sociaux, dès le plus jeune âge. Or, selon la façon dont votre cerveau produit cette fameuse ocytocine, vous pourriez être un grand tactile ou un distant réservé.

2 Les chercheurs de l’université de Virginie aux États-Unis et de Dresde en Allemagne sont arrivés à cette conclusion en suivant les parents de 82 enfants âgés de 7 à 36 mois. Ils ont d’abord constaté que très tôt, certains enfants sont plus en demande de câlins que d’autres, et cherchent davantage la tendresse, les caresses et le contact. Cette tendance reste identique entre 7 et 36 mois, une constance qui a alerté les chercheurs : s’il s’agissait d’un caractère inné ? Pour en avoir le cœur net, ils ont pratiqué des analyses génétiques plus approfondies sur ces enfants et se sont ainsi rendu compte qu’un gène, appelé CD38, était associé à cette tendance. En effet, ce gène existe sous deux versions : l’une d’entre elles favorise la libération d’ocytocine dans le cerveau des enfants et se traduit par une forte envie de câlins et d’interactions tactiles. L’autre limite la libération d’ocytocine et donne lieu à un comportement plus réservé ainsi qu’une soif moins manifeste de tendresse.

3 Est-ce à dire que l’on est programmé pour être affectueux et tactile, ou plus distant ? D’autres facteurs interviennent. En premier lieu, les habitudes en vigueur au sein de la famille : des parents tendres et affectueux vont favoriser ce type de lien chez leurs petits – quoique dans certaines limites : ainsi, on sait que certaines versions du gène CD38 qui limitent fortement la libération d’ocytocine se traduisent par un contact visuel plus fugitif entre le nourrisson et sa mère durant l’allaitement, et par une durée plus brève de ce dernier. Il reste évidemment la culture, qui module fortement les pratiques sociales. Ainsi, on est plus tactile dans les contrées latines que dans les pays anglo-saxons ou germaniques. Mais même en Espagne, il existe des solitaires acharnés, et en Suède d’irréductibles chaleureux. Signe que certains gènes CD38 ont la vie dure…

  • T. Grossmann & M. Fairhurst, Genetic variability in the oxytocin system is linked to individual differences in cuddliness among human infants, Psychoneuroendocrinology, 2023.

Date de mise en ligne : 30/01/2024

https://doi.org/10.3917/cerpsy.162.0010