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Biologie

Le secret de l’étonnante résistance du charançon du riz

Page 9a

Citer cet article


  • Cordonnier, M.-N.
(2022). Le secret de l’étonnante résistance du charançon du riz. Pour la Science, 531 – janvier(1), 9a-9a. https://doi.org/10.3917/pls.531.0009a.

  • Cordonnier, Marie-Neige.
« Le secret de l’étonnante résistance du charançon du riz ». Pour la Science, 2022/1 N° 531 – janvier, 2022. p.9a-9a. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2022-1-page-9a?lang=fr.

  • CORDONNIER, Marie-Neige,
2022. Le secret de l’étonnante résistance du charançon du riz. Pour la Science, 2022/1 N° 531 – janvier, p.9a-9a. DOI : 10.3917/pls.531.0009a. URL : https://stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2022-1-page-9a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pls.531.0009a


Description de l'image par IA : Un charançon rouge pondant dans un grain de blé.
Chaque femelle du charançon Sitophilus oryzae peut pondre jusqu’à 300 œufs, chacun dans un grain de riz ou d’autres céréales (ici du blé). L’insecte ne sort du grain qu’au stade adulte.
©BF2i

1Parmi les ravageurs des stocks de céréales, le charançon du riz, Sitophilus oryzae, est des plus redoutables. Pour s’en débarrasser, on utilise en général la fumigation de phosphine, un gaz toxique qui attaque le système nerveux et est réputé pour ne pas laisser de résidus sur les grains. Toutefois, depuis les années 1970, on observe une résistance croissante de l’insecte à ce traitement. Aussi, depuis plus de vingt ans, Abdelaziz Heddi, à l’Insa de Lyon et à l’Inrae, et ses collègues étudient ce charançon dans l’espoir de trouver d’autres moyens de lutte. Ils ont ainsi décrit la biologie de ce coléoptère dans ses moindres détails et viennent d’apporter une pierre cruciale à l’édifice : le séquençage de son génome.

2Sitophilus oryzae commence sa vie au cœur même d’un grain que sa mère a creusé avant de déposer l’œuf et de sceller l’orifice à l’aide de sécrétions. En une trentaine de jours, la larve s’y développe et s’y métamorphose en un insecte adulte qui s’en extirpe alors. Comme nombre d’insectes croissant dans un milieu limité, le charançon du riz vit en symbiose avec une bactérie qui lui fournit des nutriments indisponibles dans les grains (des vitamines et des acides aminés). Ces dernières années, en étudiant cette symbiose, l’équipe a montré que celle-ci est récente (moins de 30 000 ans), et pourtant fort bien huilée.

3D’une part, la bactérie continue d’alimenter l’insecte au stade adulte et s’adapte à ses exigences physiologiques, malgré une métamorphose totale de l’animal, en colonisant son intestin. D’autre part, le charançon fournit aussi des nutriments à la bactérie et la protège en empêchant son système immunitaire de s’emballer. Le séquençage de son génome aide à comprendre comment cette symbiose s’est mise en place. En effet, environ 74 % de ce génome est constitué de séquences répétées, dont la plupart sont des éléments dits « transposables », susceptibles de se déplacer dans le génome et de s’y multiplier. De tels éléments sont connus pour favoriser une adaptation rapide à des stress environnementaux. Autant de nouvelles pistes pour lutter contre le ravageur.

  • N. Parisot et al., BMC Biology, vol. 19, article 241, 2021

Date de mise en ligne : 19/01/2022

https://doi.org/10.3917/pls.531.0009a