Éthologie
La stratégie du pois sauteur
- Par Pierre Giraudeau
Page 17a
Citer cet article
- GIRAUDEAU, Pierre,
- Giraudeau, Pierre.
- Giraudeau, P.
https://doi.org/10.3917/pls.545.0017a
Citer cet article
- Giraudeau, P.
- Giraudeau, Pierre.
- GIRAUDEAU, Pierre,
https://doi.org/10.3917/pls.545.0017a
1 Avez-vous déjà observé des pois sauteurs du Mexique, ces amusantes graines popularisées en France par le magazine Pif Gadget en 1971 ? Il suffit d’en chauffer un, en le posant au creux de la main par exemple, pour que le pois soit pris de soubresauts. Ledit pois n’est en fait pas un pois, mais une graine d’euphorbe du genre Sebastiania, originaire du Mexique. La larve d’un papillon, le carpocapse des euphorbiacées, s’y installe et se nourrit de son contenu. Mais les conditions climatiques sont rudes au Mexique. Si elle perçoit une trop forte température, la larve s’agite spasmodiquement à l’intérieur de son abri, le déplaçant ainsi à la recherche de températures plus clémentes.
2 Devon McKee et Pasha Tabatabai, de l’université de Seattle, aux États-Unis, ont cherché à comprendre la stratégie de déplacement des jeunes carpocapses et ont montré que, sans information sur le chemin à prendre pour se mettre à l’abri, le mouvement des pois est aléatoire ; la direction de déplacement change à chaque soubresaut. On serait tenté de penser que les chenilles sont ainsi condamnées à tourner en rond, mais, selon les chercheurs, tâtonner de la sorte maximise les chances de trouver une zone d’ombre par hasard.
- D. McKee et A. P. Tabatabai, Physical Review E, 2023.