Archéologie
Mort en silo sur des coquilles d’œuf
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Citer cet article
- SAVATIER, François,
- Savatier, François.
- Savatier, F.
https://doi.org/10.3917/pls.545.0009a
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- Savatier, F.
- Savatier, François.
- SAVATIER, François,
https://doi.org/10.3917/pls.545.0009a
1 Pour quelle raison les Gaulois jetaient-ils des cadavres dans les ordures ? À Nördlingen, en Bavière, le cas d’un enfant celte jeté dans un silo à grain réemployé en fosse à ordures, au tout début du iiie siècle avant notre ère, alimente le dossier énigmatique des « tombes en silo ». Depuis le vie millénaire avant notre ère, les paysans européens conservent en effet le grain en le déposant au sein de fosses à embouchure rétrécie creusées dans le sol : les silos. Les Celtes employaient cette technique, de sorte qu’ils disposaient de nombreux silos désaffectés, convertibles en fosses à ordures. Âgé de 9 ans environ, l’enfant, handicapé, fut projeté sur le ventre depuis le haut d’une telle fosse, juste après avoir été assommé à mort. Les archéologues commissionnés par le Service bavarois des monuments historiques ont découvert autour de lui des os de boucherie et des grains carbonisés, ce qui montre que la fosse fut remplie de déchets de cuisine. Détail intéressant : ils comprenaient des coquilles d’œufs de poule. On savait cet utile animal domestique arrivé en Europe de l’Ouest pendant l’âge du Fer et la tombe de Nördlingen nous prouve que ses œufs étaient déjà utilisés en cuisine au début du iiie siècle avant notre ère.
2 Comment expliquer l’inhumation sommaire dans les ordures d’un enfant tout juste mis à mort ? L’interprétation la plus évidente est que, du point de vue des Celtes, les défunts jetés dans les ordures étaient considérés comme des déchets humains. Manifestement, ce fut le cas de l’enfant de Nördlingen. Pour autant, certaines des nombreuses tombes en silo déjà découvertes suggèrent que, dans certains cas, on précipitait aussi dans les silos des personnes sacrifiées, dont certaines pouvaient être de haut rang…
- Communiqué du Service bavarois des monuments historiques, janvier 2023.