Biologie végétale
Au rythme de l’amidon
- Par Isabelle Bellin
Page 15a
Citer cet article
- BELLIN, Isabelle,
- Bellin, Isabelle.
- Bellin, I.
https://doi.org/10.3917/pls.550.0015a
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- Bellin, I.
- Bellin, Isabelle.
- BELLIN, Isabelle,
https://doi.org/10.3917/pls.550.0015a
1 Les stomates sont minuscules, mais leur rôle est fondamental dans la photosynthèse. Quand ces pores situés à la surface des feuilles s’ouvrent, le dioxyde de carbone diffuse dans la plante où il alimente la photosynthèse. La nuit, en l’absence de lumière et de photosynthèse, les stomates se ferment. Cela a un avantage crucial : comme les plantes perdent de l’eau en transpirant par des stomates ouverts, la fermeture de ces derniers la nuit évite des pertes inutiles. Pourtant cette fermeture n’est pas optimale. De façon plus ou moins marquée selon les espèces, les stomates s’ouvrent jusqu’à plusieurs heures avant le lever du soleil. Pour expliquer ce déphasage, Florent Pantin, de l’Institut agro, à Montpellier et Angers, et ses collègues se sont intéressés à l’amidon.
2 Pourquoi l’amidon ? En produisant ce sucre grâce à la photosynthèse, les plantes stockent de l’énergie qu’elles utilisent de jour comme de nuit (elles poussent beaucoup la nuit). En particulier, l’amidon fournit l’énergie qui permet aux stomates de s’ouvrir. Les chercheurs ont créé des lignées de plantes mutantes dans lesquelles le métabolisme de l’amidon était perturbé à différentes étapes. Lorsque celui-ci est fortement altéré, les stomates ne s’ouvrent plus la nuit et les rythmes qui ponctuent les mouvements des stomates tout au long de la journée sont perturbés. L’amidon n’a donc pas seulement un rôle de réservoir d’énergie, il contribue aussi au contrôle de l’horloge circadienne. Les mécanismes de régulation de cette horloge restent cependant à éclaircir, mais permettront peut-être à terme d’identifier les plantes qui perdent le moins d’eau et qui seraient capables de mieux résister à des sécheresses.
- A. J. Westgeest et al., The Plant Cell, 2023.