Prospective
Science-fiction, Glyn Morgan, Dunod, 2023, 256 pages, 29,90 euros
Page 17
Citer cet article
- STEYER, Jean-Sébastien,
- Steyer, Jean-Sébastien.
- Steyer, J.-S.
https://doi.org/10.3917/pls.555.0017
Citer cet article
- Steyer, J.-S.
- Steyer, Jean-Sébastien.
- STEYER, Jean-Sébastien,
https://doi.org/10.3917/pls.555.0017
1 La science-fiction est un art, qui, bien pratiqué, consiste à tordre la réalité scientifique à des fins humanistes. Il s’agit de divertir mais aussi d’anticiper en mettant en garde contre certains usages du progrès. Dès 1818, Mary Shelley s’inspire des expériences du physicien Giovanni Aldini – qui teste les premières piles électriques sur des cadavres de prisonniers – pour écrire Frankenstein ou le Prométhée moderne : la SF est née et ce livre lui est dédié. Issu de l’exposition de 2022 du musée des Sciences de Londres intitulée Science Fiction: Voyage to the Edge of Imagination, ce livre est bien une invitation au voyage. Cet ouvrage richement illustré dresse un état des lieux érudit et percutant de la SF d’hier à aujourd’hui. Il nous invite à dépasser la littérature et le cinéma pour nous intéresser aux sciences, bien sûr, terreau du genre, mais aussi au graphisme, au design, à l’architecture, la musique ou encore la politique. Car la SF est partout ! Le directeur d’ouvrage Glyn Morgan – l’un des conservateurs du musée londonien consacré à la science – s’est entouré des meilleurs spécialistes anglophones, telle Caroline Edwards, spécialiste en littérature de l’imaginaire contemporaine et moderne à Birkbeck, université de Londres. Le résultat est très agréable à lire. Le plan en cinq parties est logique : les robots, les voyages spatiaux, la rencontre avec d’éventuels extraterrestres, les extraterrestres eux-mêmes et les grandes menaces dénoncées en SF. Certains regretteront peut-être le côté trop anglophone de cette oeuvre, où, même si Jules Verne ou Georges Méliès sont mentionnés, on fait l’impasse sur les grands auteurs francophones, tel Pierre Bordage ou Thierry Di Rollo pour ne citer qu’eux. Cela nous rappelle au passage que l’anglicisme « science-fiction » a depuis longtemps remplacé le suranné « merveilleux scientifique », qui en France, désignait la… SF !