Biologie végétale
Le lierre et l’ADN du hêtre
- Par Isabelle Bellin
Page 9a
Citer cet article
- BELLIN, Isabelle,
- Bellin, Isabelle.
- Bellin, I.
https://doi.org/10.3917/pls.556.0009a
Citer cet article
- Bellin, I.
- Bellin, Isabelle.
- BELLIN, Isabelle,
https://doi.org/10.3917/pls.556.0009a
Contrairement à une idée encore bien ancrée, le lierre ne parasite pas les arbres. Il s’en sert seulement comme support pour chercher la lumière.
Contrairement à une idée encore bien ancrée, le lierre ne parasite pas les arbres. Il s’en sert seulement comme support pour chercher la lumière.
1 Le lien entre le lierre et les arbres auxquels il s’agrippe est bien plus intime qu’on ne le croit : le lierre présente dans son génome une empreinte des arbres auxquels il est accroché. Il s’agit d’un exemple de transfert horizontal de fragments d’ADN. Si ce processus est connu chez des bactéries, entre plantes et insectes, etc., les mécanismes spécifiques ne sont pas toujours bien identifiés.
2 Pour en savoir plus, Moaine El Baidouri, du Laboratoire génome et développement des plantes à Perpignan, et ses collègues ont comparé les génomes entiers de 17 espèces d’arbres, de plantes grimpantes, d’herbacées et de champignons, extraits d’un écosystème naturel, la hêtraie de la Massane, une forêt ancienne en libre évolution située dans les Pyrénées-Orientales.
3 Les chercheurs ont notamment mis en évidence sept transferts horizontaux entre des arbres et des plantes grimpantes. Ces échanges d’ADN, survenus il y a environ un à trois millions d’années entre quelques individus, se retrouvent désormais chez tous les individus de ces espèces, bien que l’avantage évolutif de ces transferts reste inconnu. Cependant, les chercheurs ont constaté que les fragments d’ADN échangés ne sont pas des gènes mais d’autres types de séquences nommées « éléments transposables » (ou transposons). Or on sait depuis longtemps que ces séquences peuvent se multiplier dans les génomes des eucaryotes comme les plantes et influencer le fonctionnement de leurs gènes. En intégrant des transposons à son génome, le lierre aurait acquis une sorte de boîte à outils lui permettant de créer de la diversité génétique grâce au potentiel mutagène de cet ADN étranger.
- E. Aubin et al., Plos Genetics, 2023.