Article de magazine

Cancérologie

Des tumeurs sans mutations génétiques

Page 13b

Citer cet article


  • Rowe-Pirra, W.
(2024). Des tumeurs sans mutations génétiques. Pour la Science, 561 – Juillet(7), 13b-13b. https://doi.org/10.3917/pls.561.0013b.

  • Rowe-Pirra, William.
« Des tumeurs sans mutations génétiques ». Pour la Science, 2024/7 N° 561 – Juillet, 2024. p.13b-13b. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2024-7-page-13b?lang=fr.

  • ROWE-PIRRA, William,
2024. Des tumeurs sans mutations génétiques. Pour la Science, 2024/7 N° 561 – Juillet, p.13b-13b. DOI : 10.3917/pls.561.0013b. URL : https://stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2024-7-page-13b?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pls.561.0013b


Les tissus précurseurs de l’œil de la drosophile se développent normalement (à gauche). Mais si un facteur épigénétique perturbe l’expression d’une certaine famille de gènes importants dans le développement, une tumeur se forme (à droite). La barre d’échelle correspond à 100 micromètres.

Description de l'image par IA : Tissus précurseurs de l'œil de drosophile, normal (gauche) et tumoral (droite).

Les tissus précurseurs de l’œil de la drosophile se développent normalement (à gauche). Mais si un facteur épigénétique perturbe l’expression d’une certaine famille de gènes importants dans le développement, une tumeur se forme (à droite). La barre d’échelle correspond à 100 micromètres.

© Giacomo Cavalli

1 Pendant des décennies, on a pensé que les tumeurs se formaient exclusivement à partir de mutations, par définition irréversibles, accumulées dans nos gènes. Ces mutations altèrent entre autres l’expression génétique, perturbant les fonctions des cellules qui prolifèrent alors de manière incontrôlée, perdent leur capacité à se différencier et voient leur métabolisme perturbé. Récemment, une équipe de l’Institut de génétique humaine, du CNRS et de l’université de Montpellier, sous la codirection d’Anne-Marie Martinez et Giacomo Cavalli, a cependant découvert que la présence de mutations n’est pas indispensable à la formation de tumeurs.

2 Des mécanismes épigénétiques, qui régulent l’expression des gènes sans altérer la séquence d’ADN elle-même, déclencheraient parfois des cancers, même si la modification épigénétique n’est que transitoire. Pour le vérifier, les biologistes se sont penchés sur une famille de protéines, les polycombs, en charge d’un mécanisme de répression de l’expression de gènes importants pour le développement normal.

3 À l’aide d’une technique nommée « interférence par ARN », les chercheurs ont réduit de manière réversible la concentration de polycombs chez une larve de drosophile (Drosophila melanogaster) en plein développement. La perte transitoire de ces protéines à un stade précoce du développement induisait la formation de tumeurs qui se caractérisaient par une architecture anormale des tissus, une croissance excessive des cellules et la perte de leur capacité de différenciation. Aucune mutation permanente n’a cependant été observée. Par ailleurs, les chercheurs ont remarqué que ces tumeurs demeuraient stables même après que les taux de protéines étaient revenus à la normale, plus tard lors du développement.

  • V. Parreno et al., Nature, 2024.

Date de mise en ligne : 22/10/2024

https://doi.org/10.3917/pls.561.0013b