Biologie
Le rôle inattendu des astrocytes dans l’obésité
Page 15b
Citer cet article
- ROWE-PIRRA, William,
- Rowe-Pirra, William.
- Rowe-Pirra, W.
https://doi.org/10.3917/pls.575.0015b
Citer cet article
- Rowe-Pirra, W.
- Rowe-Pirra, William.
- ROWE-PIRRA, William,
https://doi.org/10.3917/pls.575.0015b
Les astrocytes (vus ici au microscope) ne sont pas seulement des soutiens des neurones, ils remplissent bien d’autres fonctions.
Les astrocytes (vus ici au microscope) ne sont pas seulement des soutiens des neurones, ils remplissent bien d’autres fonctions.
1 L’obésité est un problème majeur de santé publique : elle augmente les risques de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, de diabète de type 2 et même de certains cancers. La surconsommation d’aliments gras et sucrés est l’un des nombreux facteurs de l’obésité. Consommer des aliments appétissants déclenche la production de dopamine – le neurotransmetteur du « plaisir » – dans le striatum, la structure cérébrale qui régule la motivation, la prise de décision et l’apprentissage par récompense, entre autres. Mais l’obésité par l’alimentation altère la transmission de dopamine, ce qui engendre une perturbation des comportements alimentaires – envies irrésistibles, ingestion compulsive… –, ainsi qu’une perte de flexibilité cognitive.
2 Si le rôle des neurones a déjà bien été étudié dans ce contexte, celui des astrocytes a été négligé. Or on découvre que ces cellules cérébrales en forme d’étoile, longtemps considérées comme un simple soutien des neurones, remplissent bien plus de fonctions. Auraient-elles une influence sur le comportement alimentaire ? Pour le savoir, Enrica Montalban, de l’université Paris-Cité et du CNRS, et ses collègues se sont penchés sur les astrocytes du striatum. Ils ont ainsi observé chez la souris qu’un régime riche en graisses et en sucres modifie l’activité de ces cellules. Et en introduisant génétiquement un « interrupteur » de l’activité des astrocytes chez des souris obèses, ils ont restauré une certaine flexibilité cognitive : les rongeurs avaient auparavant appris dans quel bras d’un labyrinthe se trouvait une récompense et, lorsqu’ils se sont à nouveau retrouvés dans ce labyrinthe, mais où on avait modifié l’emplacement de la récompense, ils ont été plus enclins à l’explorer que les souris obèses qui n’avaient pas subi la manipulation. De plus, l’équipe a aussi montré que les astrocytes avaient une influence sur le métabolisme. À suivre…
- E. Montalban et al., Nature Communications, 2025.