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Biophysique

D’étranges zigzags dans des toiles d’araignées

Page 11a

Citer cet article


  • Bellin, I.
(2026). D’étranges zigzags dans des toiles d’araignées. Pour la Science, 579(1), 11a-11a. https://doi.org/10.3917/pls.579.0011a.

  • Bellin, Isabelle.
« D’étranges zigzags dans des toiles d’araignées ». Pour la Science, 2026/1 n° 579, 2026. p.11a-11a. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2026-1-page-11a?lang=fr.

  • BELLIN, Isabelle,
2026. D’étranges zigzags dans des toiles d’araignées. Pour la Science, 2026/1 n° 579, p.11a-11a. DOI : 10.3917/pls.579.0011a. URL : https://stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2026-1-page-11a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pls.579.0011a


Cette araignée du genre Argiope a agrémenté sa toile d’un stabilimentum, cette couche épaisse en zigzag affecte la propagation des vibrations et facilite le repérage de la proie prise dans la toile.

Description de l'image par IA : Une araignée du genre Argiope sur sa toile avec un stabilimentum en zigzag, entourée de hautes herbes vertes.

Cette araignée du genre Argiope a agrémenté sa toile d’un stabilimentum, cette couche épaisse en zigzag affecte la propagation des vibrations et facilite le repérage de la proie prise dans la toile.

© Md. Noor Mahbub Alam/Shutterstock

1 Peut-être avez-vous déjà croisé des épeires frelons (Argiope bruennichi), ces araignées à l’abdomen strié de rayures jaunes et noires, très communes du sud de l’Europe jusqu’en Suède. Outre leur allure et leur taille impressionnante (4 à 6 centimètres d’envergure pour les femelles), vous aurez peut-être remarqué une étonnante décoration en zigzag sur la toile, qu’on appelle « stabilimentum ».

2 À quoi sert ce motif ? L’hypothèse d’une stabilisation de la toile via l’augmentation de sa masse inertielle, à l’origine de son nom, est écartée depuis longtemps. Parmi les autres pistes, certains pensent que la décoration crée un leurre qui attirerait certains insectes. Gabriele Greco, à l’université suédoise des sciences agricoles, récemment arrivé à l’université de Pavie, en Italie, et ses collègues proposent une autre hypothèse.

3 On estime que les épeires détectent l’impact d’une proie sur leur toile en moins de trente millisecondes, notamment grâce aux soies sensorielles, ces petits poils qui recouvrent leurs pattes. Les stabilimenta pourraient-ils aussi y contribuer en influant sur la propagation des vibrations ?

4 À l’aide de simulations numériques, Gabriele Greco et ses collègues ont examiné comment le stabilimentum affecte la propagation, jusqu’au centre de la toile, des vibrations déclenchées par un impact simulé. Leur analyse porte sur les trois composantes d’ondes : perpendiculairement ou parallèlement à la surface de la toile, et dans ce dernier cas, tangentiellement ou perpendiculairement aux fils en spirale.

5 Résultat : la présence d’un stabilimentum n’a d’effet que lorsque l’impact d’une proie induit des vibrations tangentielles, donc le long des fils en spirale. Dans ce cas, il amplifie les vibrations, probablement en raison d’une meilleure connectivité. Les ondes sont transmises d’un plus grand nombre de points de la toile, ce qui pourrait aider la chasseuse à localiser la proie. Une hypothèse qui reste à confirmer.

  • G. Greco et al., Plos One, 2025.

Date de mise en ligne : 05/02/2026

https://doi.org/10.3917/pls.579.0011a