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Paléoanthropologie

Comment Lucy cohabitait-elle avec une autre espèce d’australopithèque ?

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  • Rowe-Pirra, W.
(2026). Comment Lucy cohabitait-elle avec une autre espèce d’australopithèque ? Pour la Science, 580(2), 9-9. https://doi.org/10.3917/pls.580.0009.

  • Rowe-Pirra, William.
« Comment Lucy cohabitait-elle avec une autre espèce d’australopithèque ? ». Pour la Science, 2026/2 n° 580, 2026. p.9-9. CAIRN.INFO, stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2026-2-page-9?lang=fr.

  • ROWE-PIRRA, William,
2026. Comment Lucy cohabitait-elle avec une autre espèce d’australopithèque ? Pour la Science, 2026/2 n° 580, p.9-9. DOI : 10.3917/pls.580.0009. URL : https://stm.cairn.info/magazine-pour-la-science-2026-2-page-9?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pls.580.0009


Le pied de Burtele, resté longtemps non attribué, appartenait à un individu de l’espèce Australopithecus deyiremeda. Une particularité : grâce à son gros orteil opposable, cette espèce grimpait plus facilement aux arbres qu’Australopithecus afarensis.

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Le pied de Burtele, resté longtemps non attribué, appartenait à un individu de l’espèce Australopithecus deyiremeda. Une particularité : grâce à son gros orteil opposable, cette espèce grimpait plus facilement aux arbres qu’Australopithecus afarensis.

© Yohannes Haile-Selassie, université d’État de l’Arizona

1 En 2015, la découverte d’une nouvelle espèce fossile étoffait la buissonnante famille des hominines. C’est grâce à deux fragments de mandibule que les paléoanthropologues avaient identifié Australopithecus deyiremeda, qui vivait au milieu du Pliocène, il y a 3,4 millions d’années, dans la région de l’Afar, au nord de l’Éthiopie. Or, à cette époque, une autre espèce du même genre, Australopithecus afarensis, occupait aussi cette région. Si son nom sonne plus familier, c’est parce qu’il s’agit de l’espèce à laquelle appartient le célèbre spécimen surnommé Lucy. Avec l’identification de nouveaux fossiles d’A. deyiremeda, dont des fragments du pelvis, du crâne, de la mandibule et des dents, Yohannes Haile-Selassie, directeur de l’Institut des origines humaines, à l’université de l’Arizona, et ses collègues précisent les conditions de cette cohabitation. Ces restes viennent, en particulier, éclairer la découverte faite en 2009 d’un pied partiel, surnommé « pied de Burtele » (ci-dessus) qui n’avait pas pu à l’époque être associé à une espèce et qui, aujourd’hui, est identifié comme appartenant à A. deyiremeda.

2 D’un point de vue morphologique, les éléments infracrâniens (situés en dessous du crâne) et de la mandibule et les dents d’A. deyiremeda présentent des caractéristiques plus primitives que celles de son « cousin » contemporain A. afarensis. En particulier, le pied de Burtele est doté d’un grand orteil opposable, idéal pour grimper aux arbres. Cette morphologie diffère donc de celle de l’espèce de Lucy. L’analyse de l’émail des dents indique que les repas d’A. deyiremeda étaient constitués de feuilles et de fruits de divers arbres et arbrisseaux, là où ceux d’A. afarensis comprenaient aussi des graminées, des plantes succulentes, des graines, des racines, des insectes et, parfois, de petits vertébrés.

  • Y. Haile-Selassie et al., Nature, 2025.

Date de mise en ligne : 17/02/2026

https://doi.org/10.3917/pls.580.0009